Changer d'édition

Un avenir assombri pour Manchester City
Sport 3 min. 14.02.2020

Un avenir assombri pour Manchester City

L'avenir de l'entraîneur Pep Guardiola, à qui il ne reste qu'une année de contrat, est certainement remis en question.

Un avenir assombri pour Manchester City

L'avenir de l'entraîneur Pep Guardiola, à qui il ne reste qu'une année de contrat, est certainement remis en question.
Photo: AFP
Sport 3 min. 14.02.2020

Un avenir assombri pour Manchester City

Après des années de progression fulgurante jusqu'au sommet du football anglais, grâce aux généreux efforts financiers du cheikh Mansour bin-Zayed al-Nahyan, les Citizens feraient face à leur plus grand défi s'ils devaient traverser deux saisons sans la lucrative Ligue des champions.

(AFP) - Le gendarme financier de l'UEFA a annoncé vendredi que Manchester City serait exclu pour deux ans de toute compétition européenne et qu'il devrait payer une amende de 30 millions d'euros. La réponse de City ne s'est pas fait attendre et dans un communiqué au ton presque arrogant, il a annoncé son intention de faire appel et d'utiliser tous les moyens légaux pour obtenir un «jugement impartial» - comprendre: en sa faveur - grâce au «vaste ensemble de preuves irréfutables pour appuyer (sa) position» dont il dit disposer.

Attitude bravache ou confiance justifiée? Toujours est-il qu'un échec de l'appel, ou un allègement de la sanction à une année, aurait déjà des conséquences lourdes sur et en dehors du terrain. Avec quatre titres de champions, deux Coupes d'Angleterre et quatre Coupes de la Ligue, City a considérablement garni son armoire à trophées depuis l'arrivée des Émiratis en 2008. Mais la Ligue des Champions, objectif ultime du projet, leur échappe encore.

Exode de Guardiola et de joueurs?

Aujourd'hui, Manchester City est un club qui a la surface financière et les ressources nécessaires pour respecter les règles du fair-play financier, qui autorise des pertes de 30 millions d'euros sur trois ans. Mais pendant la période 2012-2016, la Commission de contrôle financier des clubs (ICFC) a estimé que les Citizens avaient artificiellement gonflé leurs revenus de sponsors liés au cheikh Mansour pour rester sous cette limite. Des accusations que réfute City, qui mesure le risque d'une exclusion des Coupes d'Europe: l'avenir de l'entraîneur Pep Guardiola, à qui il ne reste qu'une année de contrat, serait certainement remis en question.

Le Catalan a fait entrer les Sky Blues dans l'histoire du football anglais avec la première saison à 100 points en 2018-2019 et avec le premier triplé domestique de l'histoire. Mais l'entraîneur passé par Barcelone et le Bayern n'a pu empêcher cette saison une décompression qui a relégué City à 22 points de Liverpool. Et il n'est pas certain que la perspective de se battre pour des distinctions nationales pendant deux ans le motive, alors qu'il court après la gloire continentale depuis ses sacres avec le Barça (2009, 2011). La même question vaudra évidemment pour des joueurs comme Kevin De Bruyne, Raheem Sterling ou Riyad Mahrez qui sont au sommet de leur carrière et aspirent à décrocher la C1.

L'engagement d'Abou Dhabi en doute

Les destinations potentielles pour de telles stars ne sont certes pas légion, mais City, contraint de réduire la voilure sans Ligue des champions, aurait moins de levier pour les conserver. L'an dernier, ce sont 93 millions d'euros de droit télévisuels qui ont été empochés grâce à l'épreuve reine européenne, sans compter les revenus soir de match ou de sponsoring liés à l'événement. Une manne impossible à compenser sans brader quelques actifs, alors que le fair-play financier continuera à s'appliquer. D'autant que des sanctions sur le plan national - sous forme de retrait de points - ne sont pas à exclure, la Premier League gardant elle aussi un œil sur ces histoires de respect de discipline budgétaire.

Mais la plus grand inconnue sera l'attitude de l'actionnaire. L'ancien président du club, Garry Cook, avait expliqué, dans The Athletic en décembre, que l'ambition d'Abou Dhabi était de faire de City une sorte de marque ambassadrice d'Abou Dhabi. Mais qu'en est-il si cette marque est ternie par ces sanctions, ou que le fair-play financier devienne un frein incontournable aux ambitions du club? En l'état, les comptes du club, florissants, éloignent le spectre d'un départ soudain du mécène émirati. Avec 535 millions de livres de chiffre d'affaires annuel (645 millions d'euros) et un bénéfice cumulé de 51 millions d'euros (61,5 millions d'euros) sur les cinq dernières années, City a atteint son point d'équilibre. C'est tout ce qu'il a dû faire pour en arriver là qui menace de causer sa perte. 


Sur le même sujet

Duel «so british», la Roma face à une montagne
Un duel de clubs anglais, Liverpool et Manchester City, qui promet d'être riche en buts, un club italien, l'AS Rome, face à la montagne Barcelone: les deux derniers quarts de finale aller de la Ligue des champions mercredi sont aussi alléchants que ceux de mardi.
Jürgen Klopp et Pep Guardiola, deux apôtres du beau jeu.
17e journée de Premier League: Manchester City pour le record
Manchester City peut-il battre tous les records? Les Citizens, qui caracolent en tête de la Premier League, ont l'occasion mercredi contre Swansea (20h45) de remporter une quinzième victoire consécutive, un record, lors de la 17e journée de Premier League.
Manchester City's Argentinian defender Nicolas Otamendi (C) celebrates scoring their second goal during the English Premier League football match between Manchester United and Manchester City at Old Trafford in Manchester, north west England, on December 10, 2017. / AFP PHOTO / Oli SCARFF / RESTRICTED TO EDITORIAL USE. No use with unauthorized audio, video, data, fixture lists, club/league logos or 'live' services. Online in-match use limited to 75 images, no video emulation. No use in betting, games or single club/league/player publications.  /
Premier League: Chelsea dense, Manchester United valse
Derrière Chelsea, le champion en titre à l'effectif toujours dense, le club des prétendants au sacre en Premier League ne devrait pas s'agrandir, avec Arsenal et Manchester City restés calmes au mercato tandis que Manchester United s'est démené tout l'été, sans lever toutes les questions.
Manchester United  a dépensé sans compter, mais pour l'heure Wayne Rooney  est le seul attaquant axial de l'effectif de Louis van Gaal.