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Sport 5 min. 06.04.2020 Cet article est archivé

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Variez les plaisirs et laissez-vous aller à la lecture pour que votre confinement soit moins pénible.

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Photo: AFP
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Christophe NADIN
Christophe NADIN
Le confinement est l'occasion de revenir à des fondamentaux dont la lecture. Le sport et la littérature ont souvent fait bon ménage. Lancez-vous!

L'Italie, son Giro, son patrimoine et sa gastronomie

Bernard Chambaz revisite le Tour d’Italie 1949 à sa manière. A contre-courant d’un récit sportif qui aurait monté en épingle le duel entre Fausto Coppi et Gino Bartali. Un mano a mano qui a d’ailleurs tourné court tant le campionissimo était au-dessus de la mêlée. L’auteur français s’est inspiré du récit de Dino Buzzati envoyé par le Corriere della Sera. A 57 ans, Chambaz enfourche son vélo à Palerme et rejoint Monza 4000 km plus loin. Il mettra 25 heures de plus que Coppi. Qu’importe, l’essentiel est ailleurs. Dans cette géographie que la plume de l’auteur français décrit avec beaucoup d’amour. Dans la difficulté aussi à retrouver certaines routes que la patine du temps s’est chargée de refaçonner. Enfin, dans cette richesse patrimoniale, culturelle et gastronomique que l’Italie offre à ses nombreux visiteurs. Catane, Salerne, Naples, Rome, Venise, Gênes: les incontournables sont au rendez-vous de ce Giro et côtoient les cols mythiques tels la Maddalena, l’Izoard et Pinerolo. Ce livre d’une centaine de pages se dévore d’une bouchée et invite à revisiter dès que possible ce magnifique pays.

Bernard Chambaz, Evviva l’Italia, Panama, ISBN 978-2-7557-0216-3, 127 pages

Quand la géopolitique vole la vedette aux athlètes

Les Jeux Olympiques sont au coeur de l’actualité et le livre de Pascal Boniface tombe à pic pour se remémorer tous ces événements qui sont venus perturber ou pimenter le rendez-vous quadriennal de la planète Sport. Les Jeux sont une énorme vitrine pour qu’un pays affiche ses ambitions et son pouvoir. La politique a parfois joué un rôle essentiel dans la bonne tenue des compétitions. On se souviendra du large boycott des Jeux de Moscou en 1980 à la suite de l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques. L’événement sportif le plus regardé au monde a aussi été l’occasion de règlements de compte comme lors d’un sanglant match de water-polo entre l’URSS et la Hongrie en 1956 appelé «bain de sang de Melbourne» un mois après l’intervention de l’Armée rouge pour mettre fin à l’insurrection de Budapest. Et qui ne se souvient pas des poings gantés levés par les Américains Tommie Smith et John Carlos à Mexico en 1968 pour protester contre les discriminations dont étaient victimes les Noirs aux Etats-Unis. Ce livre est une mine d’or pour les férus de géopolitique et de sport.

Pascal Boniface, JO Politiques, Eyrolles, ISBN 978-2-212-56416-7, 198 pages

Emil Zatopek,  champion et objet de propagande

Jean Echenoz est un touche-à-tout et lorsqu’il parle de sport, il le sublime. En 2008, il s’attaque à un mythe de l’athlétisme, Emil Zatopek. L’écrivain français se lance dans une biographie romancée qui sort des sentiers battus. L’athlète tchécoslovaque est venu à la piste un peu par hasard. Les Allemands ont envahi la Moravie et souhaitent voir des athlètes s’affronter. Emil, ouvrier dans une usine de chaussures à Zlin, n’est pas plus motivé que ça mais n’a guère le choix. Son style est peu académique mais efficace. De course en course, il truste les podiums et poursuit sa quête lorsqu’il entame son service militaire une fois son pays libéré. Le fondeur brille aux Jeux de Londres 1948 où il remporte l’or sur 10000m et l’argent sur 5000m. S’ensuit une demi-douzaine d’années de règne sans partage avec l’exploit d’Helsinki en 1952 où il signe un triplé jamais égalé (10000m, 5000m et marathon). Héros de tout un pays, il sert d’objet de propagande au régime communiste. Son soutien aux manifestants lors du Printemps de Prague lui coûte une longue descente aux enfers.

Jean Echenoz, Courir, Les Editions de Minuit, ISBN 978-2-7073-2048-3, 142 pages

Meurtre en tribune

Bernie Gunther a davantage rendu célèbre Philippe Kerr que Scott Manson. Le romancier écossais s’est taillé une solide réputation avec sa «Trilogie berlinoise», une plongée glaciale dans l’Allemagne nazie. Mais le violon d’Ingres de Kerr, c’est le football. Grand supporter du club londonien d’Arsenal, cet ancien journaliste va se glisser dans la peau d’un entraîneur, en l’occurrence Scott Manson. Dans «Le mercato d’hiver», le manager cornaque London City et fait l’unanimité autour de lui jusqu’au jour où un homme est retrouvé mort dans les tribunes. Pas n’importe qui puisqu’il s’agit de l’un des hommes forts du club. Le propriétaire milliardaire souhaite que l’affaire soit résolue rapidement et dans la plus grande discrétion et confie le dossier à Manson. Avec ce premier tome d’une série qui en comptera trois, Kerr dépeint un tableau peu reluisant d’un monde professionnel où les requins se mangent entre eux. L’enquête est haletante et les dribbles sont susceptibles de prendre le lecteur à contre-pied. Un bon divertissement.

Philippe Kerr, Le mercato d’hiver, Editions du Masque, ISBN 978-2-7024-4157-2, 446 pages

La mise au Vert d'un adolescent

On a toutes et tous un premier grand souvenir de sport. Nicolas, lui, c’est le match de football entre Saint-Etienne et le Bayern Munich le 12 mai 1976 à Glasgow. Cette finale de la Coupe des champions remportée par les Allemands (1-0) restera gravée dans la mémoire des supporters des Verts qui ont vu leur équipe favorite frapper les poteaux à deux reprises. D’où le titre du livre qui rappelle qu’à l’époque, ils étaient encore carrés, ce qui ne favorisait pas l’entrée du ballon dans le but lorsque vous les touchiez. Ce jour-là, Nicolas est devant la télé avec sa famille recomposée. Depuis que sa mère est partie, le jeune homme l’a remplacée par l’AS Saint-Etienne alors que son père a refait sa vie avec la séduisante Virginie. Ce premier roman de Laurent Seyer est un petit bijou narratif qui restitue à merveille l’époque, ses us et coutumes et ce football de papa ou de papy que l’on a tant aimé. En un peu plus de 100 pages que l’on peut presque lire d’un trait, l’auteur parvient à tenir en haleine se lecteurs à travers le regard d’un adolescent qui se reconstruit.

Laurent Seyer, Les poteaux étaient carrés, Finitude, ISBN 978-2-36339-097-4 , 135 pages

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