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Tom Schnell: «Le coach va nous demander de jouer sans pression»
Sport 7 min. 19.09.2018 Cet article est archivé

Tom Schnell: «Le coach va nous demander de jouer sans pression»

Tom Schnell se prépare à surveiller Gonzalo Higuain de très très près.

Tom Schnell: «Le coach va nous demander de jouer sans pression»

Tom Schnell se prépare à surveiller Gonzalo Higuain de très très près.
Photo: Fernand Konnen
Sport 7 min. 19.09.2018 Cet article est archivé

Tom Schnell: «Le coach va nous demander de jouer sans pression»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Avant F91 Dudelange - AC Milan ce jeudi à 21h

En attendant une réponse positive de son employeur concernant un congé sans solde, Tom Schnell poursuit une préparation assidue avant le match contre l'AC Milan ce jeudi. Le capitaine dudelangeois se livre sans retenue. Comme d'habitude.

Vous êtes actuellement sous les projecteurs des médias du pays et même étrangers. Tom, comment vivez-vous ces moments?

C'est chouette de vivre ça! C'est une bonne expérience. C'est parfois beaucoup,  mais on essaye de gérer ça du mieux possible.

Ces sollicitations ne vous prennent-elles pas trop d'énergie avant d'aborder le match contre le Milan?

Non. Nous arrivons à bien concilier la préparation et les à-côtés.

Ce rendez-vous jeudi avec l'AC Milan est-ce le match le plus important de votre carrière?

Sans doute. C'est à la fois un match important et un bonus pour tout ce que nous avons accompli jusqu'à maintenant. C'est une satisfaction pour chaque joueur et pour le club. Au niveau de ma carrière en club, c'est effectivement le match le plus important face à un grand nom du football mondial.

Les médias vous sollicitent, l'êtes-vous aussi dans votre vie quotidienne?

On ne me parle que de ça. Même quand je vais chercher la petite à l'école. C'est toute la journée. On me demande: "Est-ce que vous êtes prêts? Est-ce que vous êtes bien préparés?" Les gens ont une approche positive, ils me disent que ce n'est plus le grand Milan d'il y a quelques années, ils me disent que nous avons nos chances. Mais je leur dis toujours qu'il faut bien rester les deux pieds sur terre, parce que jouer contre le Milan c'est quand même autre chose que d'affronter Cluj. On reçoit des marques d'encouragement de tous les côtés. C'est une bonne chose, pour une fois que nous avons le soutien d'autant de personnes. Pour une fois, tout le pays est derrière Dudelange. Et nous espérons ainsi  récupérer du public pour venir nous voir en championnat parce que, à domicile, nous n'avons jamais beaucoup de public. On nous critique toujours, alors à travers ce genre de match on essaye d'en trouver un peu qui viennent nous supporter en championnat.

Il est difficile de bien concilier activité professionnelle et compétition de haut niveau. Vous travaillez pour la Ville de Luxembourg et avez demandé un congé sans solde comme certains de vos coéquipiers. Où en est votre demande?

J'attends la réponse définitive de ma demande de trois mois de congé sans solde et ce devrait être acté à partir du 1er octobre. Le coach (Dino Toppmöller) nous a bien expliqué que l'organisation des entraînements allait changer, qu'on allait aussi s'entraîner deux fois par semaine le matin pour avoir davantage de récupération, sinon ce sera difficile de tout gérer.

«En cas de cauchemar ou de chagrin, il faut se lever!»

Vous avez l'habitude d'effectuer une préparation individuelle, que faites-vous de spécial en vue de ces nouvelles échéances internationales?

Je n'ai pas changé mes habitudes. Je ne fais rien de spécial si ce n'est beaucoup de récupération. Je travaille beaucoup avec mon kiné qui est heureusement revenu au club (Fabio De Marco). On fait beaucoup d'étirements et des exercices de mobilité pour que les muscles ne souffrent pas trop. J'ai un peu réduit les séances de musculation mais je fais quand même deux ou trois séances d'une heure par semaine.

Vous devez aussi faire attention à votre sommeil?

Oui... mais avec deux jeunes enfants (de 2 et 6 ans) ce n'est pas facile. Ma femme m'aide beaucoup, mais parfois je dois aussi me lever la nuit. En cas de cauchemar ou de chagrin, il faut se lever!

Vous parlez et dirigez vos coéquipiers davantage que par le passé. En êtes-vous à l'initiative ou est-ce une volonté de votre entraîneur?

C'est une demande du coach de prendre les situations plus en main et de parler davantage. J'essaye de suivre ses conseils. On suit ses conseils depuis presque trois ans et on voit que l'équipe avance et on a des résultats.

Le fait que Joe Frising ait remplacé Jonathan Joubert (blessé) dans le but vous oblige-t-il a «resserrer les boulons» derrière?

Non, je ne pense pas. On connaît Joe depuis trois ans aussi. Avec lui, on a fait de bons matches amicaux et, lors de sa première saison, quand Jon s'est blessé il a disputé les premiers matches et s'était montré rassurant. Tout le monde le connaît, connaît ses points forts et ses points faibles. Il s'est beaucoup amélioré dans son jeu au pied. Nous avons 100% confiance en lui.

«Les 20 premières minutes contre Cluj étaient atroces»

Vous avez désormais pris le brassard de capitaine. Prenez-vous davantage la parole dans le vestiaire?

Je parlais déjà beaucoup avant. J'insiste sur les fondamentaux et répète que ce sont toujours les 15 ou 20 premières minutes de chaque mi-temps qui sont les plus importantes. Il faut bien rentrer dans les duels. Je dis toujours que dans ces moments-là il ne faut pas penser à faire du beau jeu et leur montrer qu'ils ne peuvent pas marquer facilement. Jusqu'à présent, ça a marché. J'aurai exactement ce même discours avant le Milan. Je me rappelle des 20 premières minutes contre Cluj, elles étaient atroces. Nous nous sommes serré les coudes, nous avons beaucoup balancé faute de solutions et nous avons tenu le coup. Et ça, c'était vraiment exceptionnel car la pression qu'ils nous ont mise était vraiment très forte.

Abordez-vous ce match contre Milan sans pression comme ça peut paraître le cas?

Je dirais que oui. Nous avons un coach qui est très très joueur. Il veut absolument jouer au ballon, même lors de cette rencontre. Il va nous demander de jouer sans pression. C'est clair que nous aurons une certaine tension avant le coup d'envoi parce que le stade sera plein, et ce n'est pas tous les jours le cas au Luxembourg. Dès le premier coup de sifflet de l'arbitre, on sera dans le match.

Avez-vous des habitudes d'avant-match, des petites manies?

Non, je me couche toujours à la même heure, toujours avant minuit. Sinon, je ne suis pas superstitieux.

«On a vu la classe de Higuain »

Quel est votre avis sur cette équipe de Milan version 2018-2019?

J'ai vu certains de ses matches. C'est une équipe en pleine reconstruction avec de nouveaux joueurs, de jeunes éléments. On ne sait pas trop où la situer. On est un peu dans le flou. Lors du dernier match que j'ai vu, j'ai trouvé Cagliari très fort (1-1). Ils ont souvent mis les Milanais sous pression. Ensuite, on a vu la classe de Higuain qui n'a eu besoin que d'une demi-occasion pour marquer un but.

En sélection, vous vous êtes frotté à Cristiano Ronaldo. Vous allez vous trouver face à Higuain, que ressentez-vous face à des joueurs du top niveau international?

C'est à chaque fois un nouveau challenge. Ce sont dans ces occasions que l'on peut se situer, si on est capable de jouer ou non à ce niveau. Higuain, c'est la classe mondiale.

De quoi devez-vous vous méfier en priorité pour bien défendre face à Higuain?

C'est un joueur qui se laisse oublier, il le fait très bien. On ne le voit pas un certain temps puis il surgit et il marque. Il faut rester concentré et concerné tout le temps. Il faut avoir ce bon placement pour être vigilant et pouvoir le contrer.

En suivant votre épopée en Coupe d'Europe, on a entendu beaucoup de supporters dire que vous aviez votre place en équipe nationale. Avez-vous tiré un trait définitif sur la sélection?

J'ai tiré un trait, je ne veux pas y aller uniquement pour y aller. Soit le sélectionneur a besoin de moi, soit il n'a pas besoin de moi. Le foot est une question de performance de tous les jours. Si ça se trouve, jeudi je ne serai pas performant et on dira alors que j'ai trop parlé. De toute façon, ce n'est pas à moi de décider s'il veut changer les choses... ou pas.

Jeudi soir, à l'issue du match, vous serez satisfait si...

...si on a bien défendu et si nous avons réalisé un résultat positif.

Pour vous, un résultat positif ce serait?

Un résultat est positif si on gagne (rires).


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