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«Sportivement, les clignotants sont au vert»
Sport 1 4 min. 02.07.2019 Cet article est archivé

«Sportivement, les clignotants sont au vert»

Christian Prudhomme: «Le maillot jaune, c'est l'excellence et l'excellence nous porte vers le haut.»

«Sportivement, les clignotants sont au vert»

Christian Prudhomme: «Le maillot jaune, c'est l'excellence et l'excellence nous porte vers le haut.»
Photo: Serge Waldbillig
Sport 1 4 min. 02.07.2019 Cet article est archivé

«Sportivement, les clignotants sont au vert»

Tour d'horizon avec Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, avant le Grand Départ samedi, de Bruxelles.

(AFP). - Froome, Bernal, le centenaire du maillot jaune, le parcours, Merckx, les Français... Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, a balayé les sujets d'actualité et se félicite que «sportivement, les clignotants sont au vert».

Chris Froome va-t-il manquer au Tour?

Christian Prudhomme: «Sans lui, la course sera différente. Chris Froome, à qui je souhaite la meilleure et la plus prompte des convalescences, était l'élément central autour duquel tout tournait depuis 2013, sa première victoire. Il y avait un aigle à trois têtes, il n'y en a plus que deux avec Geraint Thomas, tenant du titre, et Egan Bernal. Un leader s'en va mais cela veut dire aussi qu'un équipier de grande qualité rentre. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour celui qui sera leader de l'équipe Ineos. 

Le parcours a-t-il été conçu pour des grimpeurs?

Il a été conçu autour du centenaire du maillot jaune, d'où le départ de la ville d'Eddy Merckx. Le maillot jaune, c'est l'excellence et l'excellence nous porte vers le haut. C'est pour cela que nous avons souhaité avoir sept cols et trois arrivées au-delà de 2000 mètres. C'est pour cela que nous passons aussi au col de l'Iseran (2770 m). Avec cette idée que beaucoup accréditent, que les champions n'ont pas forcément les mêmes performances au-delà de 2000 mètres. Il y a une part d'aléatoire même si cette part va être minime avec les coureurs colombiens. On se doute qu'ils ont l'habitude de rouler à ces altitudes.



Tour de France: trois arrivées au-delà des 2.000 mètres
Les détails de la 106e édition du Tour de France, qui s’élancera samedi 6 juillet prochain de Bruxelles, ont été dévoilés ce matin au Palais des Congrès de Paris, en présence des quintuples vainqueurs Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, invités à lancer les festivités du centenaire du Maillot Jaune.

Bernal devient-il alors le favori?

Son nom est sorti dès qu'il a gagné le Tour de l'Avenir voici deux ans. Dans Paris-Nice en mars, à l'arrivée de l'étape du col du Turini, Bernal a pris le maillot jaune qu'Eddy Merckx lui a remis ce jour-là. C'était rempli de signification, ça pouvait faire penser à d'autres choses pour plus tard. Le plus tard arrive, c'est ce mois de juillet. J'ai vu aussi qu'il était formidablement bien élevé.

C'est un surdoué, sans aucun doute, qui ne demande qu'à éclore. Quelle sera sa capacité à tenir trois semaines face à la pression colossale qu'on n'imagine pas tant qu'on n'est pas dans la peau d'un leader du Tour? Je l'ignore. Mais je sais que l'an passé, en troisième semaine du Tour, il était là, à 21 ans, pour aider Chris Froome à plus de 2000 mètres. 

Les contre-la-montre, malheureusement, sclérosent la course."

Certains disent qu'en raison du faible kilométrage des contre-la-montre, ce Tour est taillé pour les Français...

Il n'y a pas de parcours fait pour les Français. Si un jour un Français gagne le Tour, c'est qu'il en aura été digne. Les contre-la-montre, malheureusement, sclérosent la course. Aujourd'hui les écarts ne se font plus en montagne. 


Un parcours de 3.460 kilomètres dont l'Iseran
Il a beau être le plus haut col routier de France, à 2.770 mètres d'altitude, son histoire avec le Tour de France se résume à sept passages: en juillet prochain, le peloton actuel découvrira l'Iseran, une ascension qui appartient pourtant à la légende de l'épreuve.

Est-ce pour cette raison que vous avez opté pour trois étapes de montagne en trois jours dans les Alpes?

J'ai en tête les propos du regretté Laurent Fignon qui disait. «Le troisième jour en montagne tout est possible». Nous avons cette fois une longue étape de montagne de facture classique avec trois géants (Vars, Izoard, Galibier) et deux étapes courtes avec arrivées au sommet dans les deux stations de sport d'hiver françaises les plus élevées, Tignes et Val Thorens. L'idée, c'est de rebattre les cartes jusqu'au dernier jour avec des étapes très différentes. Quand on raccourcit des étapes, ça n'a de sens pour moi que si d'autres sont longues. 

Avez-vous tenu compte du sentiment de monotonie, voire d'ennui, éprouvé par beaucoup l'an passé?

Quand on trace un parcours, les trois quarts du Tour suivant sont déjà faits. Ce Tour très Est nous permet d'épouser les reliefs de la géographie française, d'aller très vite dans les Vosges, dans le Massif Central et de faire les Pyrénées et les Alpes. Il n'y aura pas dix jours dans la plaine comme l'an dernier ou comme c'était de mise il y a une douzaine d'années.

Le climat autour du Tour serait-il apaisé?

Peut-être parce que l'ombre tutélaire d'Eddy Merckx nous protège (sourire). Quand nous avons annoncé le départ de Bruxelles, il y a deux ans, j'ai été fasciné par le dialogue entre Bernard Hinault et Eddy Merckx. De la tribune, Bernard a regardé Eddy et lui a dit: «J'ai voulu te ressembler, c'est pour cela que je suis devenu coureur cycliste.»

C'est sans doute l'un des plus beaux compliments que l'on ait pu lui faire. Partir de Bruxelles nous garantit un enthousiasme, une ferveur, une passion extraordinaires. Sportivement, les clignotants sont au vert, avec l'espoir d'un Tour plus ouvert qu'il ne l'était ces dernières années.»


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