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Saint-Marin, priez pour eux
Saint-Marin a commencé son tournoi par un cinglant 0-5 reçu au Dinamo Stadion de Minsk..

Saint-Marin, priez pour eux

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Saint-Marin a commencé son tournoi par un cinglant 0-5 reçu au Dinamo Stadion de Minsk..
Sport 4 min. 09.09.2018

Saint-Marin, priez pour eux

Avant Saint-Marin - Luxembourg mardi à 20h45

Eliminatoires après éliminatoires, le prochain adversaire des Roud Léiwen mardi en Ligue des Nations, battu par la Biélorussie (0-5) lors de son premier match, n’enregistre guère de progrès.

Par Guillaume Balout

Le dernier souvenir que les Luxembourgeois ont du football saint-marinais est celui-ci: des joueurs à bout de souffle dès la première mi-temps, dépassant allègrement la quarantaine pour certains et une incapacité manifeste à se créer la moindre occasion dangereuse... C’était en juillet 2012. Tre Penne, alors champion de Saint-Marin pour la première fois de son histoire, affrontait le flamboyant Dudelange d’Aurélien Joachim et Thierry Steimetz au premier tour de la Ligue des champions. Un 7-0 plus tard, suivi d’un 4-0 au retour, et le Grand-Duché avait déjà oublié cette république de 61 km2, peuplée de 33 000 habitants et enclavée en Italie, sur les hauteurs de Rimini. Jusqu’à cet automne et l’introduction de la Ligue des nations qui offre la première confrontation entre ces deux pays.

A Serravalle, les Roud Léiwen seront favoris pour la deuxième journée du groupe 2 de la Ligue D. Samedi, la Serenissima s’est lourdement inclinée (0-5) en Biélorussie pour les débuts officiels du nouveau sélectionneur Franco Varrella. Fidèle à ce qu’il avait laissé entrevoir lors des trois rencontres de préparation contre les U20 italiens (0-4), Cesena (0-4) et Ravenne (1-3) en août, l’ancien adjoint d’Arrigo Sacchi à la tête de l’Italie a déployé à Minsk son organisation en 3-5-2, permutable en 5-4-1 en phase défensive.

«Si tu es en bonne condition physique sur les côtés, tu peux bien travailler avec les intérieurs et tu peux également utiliser le 5-3-2 car tu ne cours pas le risque d’être en infériorité numérique au milieu», avait savamment expliqué le technicien italien à la télévision locale à la fin du stage estival, satisfait notamment des ailiers Fabio Tomassini et Danilo Rinaldi, pourtant remplaçants en Biélorussie. Là-bas, la ligne défensive était composée de Davide Cesarini, Davide Simoncini et Juri Biordi avec Mattia Giardi en position de sentinelle. Matteo Vitaioli et Filippo Berardi formaient la paire d’attaquants, mais ni l’un, ni l’autre, qui préfèrent jouer sur les côtés, n’a le profil d’un véritable avant-centre pour remplacer Andy Selva, le meilleur buteur de l’histoire de Saint-Marin désormais à la retraite.

Quatre ans de défaites, quatorze sans succès…

C’est fort de ces enseignements que le Luxembourg s’est rendu, dimanche, au pied du mont Titan. La 203e nation à la Fifa n’a plus marqué depuis septembre 2017 en Azerbaïdjan (5-1), n’a plus décroché un point depuis novembre 2014 contre l’Estonie (0-0) et n’a toujours pas remporté la moindre rencontre officielle en dehors d’une opposition amicale face au Liechtenstein (1-0). C’était en avril 2004. En 2014, Saint-Marin touchait littéralement le fond en tombant à la 208e et dernière place mondiale en compagnie du Bhoutan…

Ces mauvais résultats interviennent paradoxalement après le meilleur été européen du football saint-marinais depuis sa première participation en coupe de l’UEFA en 2000 et en Ligue des Champions en 2007. Si La Fiorita, double champion en titre, échoue d’entrée au tournoi préliminaire de Gibraltar en C1, ses deux représentants en Ligue Europa ont, à leur échelle, brillé. En s’imposant largement face à Bala Town (3-0) avant de s’incliner (0-1) au pays de Galles, Tre Fiori est ainsi devenu le premier club saint-marinais à franchir un tour en Coupe d’Europe. La débâcle contre les Slovènes du Rudar Velenje (0-7, 0-3) est reléguée au rang d’anecdote. De son côté, Folgore a bien failli imiter la formation la plus titrée du pays en se faisant sortir par Engordany à cause de l’égalisation andorrane, au retour, dans les arrêts de jeu (1-2, 1-1).

Seulement deux professionnels

Les (relatives) performances européennes des clubs saint-marinais ne sont pas tout à fait à négliger lorsque l’on sait que quatorze des vingt-et-un joueurs sélectionnés proviennent du championnat local, une ligue fermée disputée par quinze clubs. L’équipe nationale ne peut réellement que s’appuyer sur deux joueurs professionnels: le gardien Elia Benedettini et l’attaquant Filippo Berardi qui évoluent tous les deux en Série C, respectivement à Novara et à Monopoli, soit le troisième et dernier échelon professionnel italien. Avec le San Marino Calcio, le pays est censé disposer d’un club professionnel en Italie, mais la formation de Serravalle, qui occupe le même stade que la Serenissima, a quitté la Série C en 2015 et végète toujours à l’étage inférieur…

Un dernier élément devrait jouer en faveur des hommes de Luc Holtz: l’état de forme des Saint-Marinais. En dehors du stage de la sélection, début août, les joueurs issus des clubs locaux n’ont repris l’entraînement que… le 20 août, le championnat ne reprenant que dans deux semaines. Seuls La Fiorita et Tre Penne ont retrouvé le terrain une semaine plus tôt. L’enchaînement d’un match, trois jours après celui de Minsk, pourrait venir gâcher un été qui avait bien commencé.


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