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«Racing - Differdange ou l’art de saborder son match»
Julien Weber et les Differdangeois ont connu une fin de match délicate.

«Racing - Differdange ou l’art de saborder son match»

Photo: Stéphane Guillaume
Julien Weber et les Differdangeois ont connu une fin de match délicate.
Sport 4 min. 16.03.2019

«Racing - Differdange ou l’art de saborder son match»

Le Racing Luxembourg et Differdange ont fait match nul 3-3

Match complètement fou au Verlorenkost! Des buts, des cartons… et une issue heureuse pour les supporters du Racing, beaucoup moins pour ceux de Differdange.

Par Thomas Fullenwarth

La clé du match: le changement tactique d’Arno Bonvini au quart d’heure de jeu

Il est compliqué d’affirmer que cette rencontre s’est jouée tactiquement à cause du nombre important de faits de jeu. Malgré cela, c’est sur un choix tactique que le scénario du match a été écrit. 

En effet, débutant le match avec un schéma en 4-3-3 offensif et 4-5-1 défensif, le coach Arno Bonvini jouait la carte de la densité au milieu de terrain avec notamment Caron placé milieu relayeur et un bloc placé très bas (ligne défensive ne dépassant pas les 35 mètres).

De son côté, le Racing évoluait dans un 4-1-4-1 en phase offensive avec Shala et Nakache dans le rôle de milieux relayeurs et Nouidra en sentinelle.

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un Racing avec une défense à quatre. Les défenseurs latéraux Dos Santos et Birk participaient à chaque phase offensive, les locaux mettaient beaucoup de largeur et apportaient, la plupart du temps, le danger sur des centres.

Une stratégie payante puisque Szimayer profitait des largesses de la défense adverse pour reprendre un centre venu de sa droite (1-0, 15e).

Les montées de ces deux joueurs offraient aux Differdangeois des opportunités dans la profondeur à chaque récupération de balle. Malgré ces espaces, Deruffe, seul avant-centre, n’avait pas les moyens de dézoner et d’appeler le ballon sur des espaces libres.

Bonvini, sentant rapidement le coup, fit le choix de passer en 4-4-2 en installant Caron en position de second attaquant. Choix immédiatement payant puisqu’après l’égalisation de Sibenaler (1-1, 18e), à la suite d’une récupération de balle du milieu differdangeois, Deruffe était lancé derrière la défense locale. Son centre trouvait le second attaquant, Caron, qui remettait à son ailier gauche et Almeida terminait ce contre éclair.

Dans le système initial en 4-5-1, ce type d’action n’aurait jamais été possible puisque si Deruffe s’était excentré, jamais les Rouge et Noir n’auraient terminé l’action à deux dans la surface de Ruffier.

Par la suite, chaque équipe a gardé ses principes offensifs se créant chacune quelques occasions. Differdange profitait même d’un manque d’agressivité des joueurs de la capitale pour creuser l’écart avant l’heure de jeu (1-3, 58e).

Puis vint la 64e minute de jeu…

Deux cartons jaunes en dix minutes pour Nouidra, deux cartons jaunes pour Shala en… 1 minute. En un claquement de doigts, le Racing se sabordait... tout seul.

Les fautes pleuvaient, les joueurs et le banc de touche hurlaient au scandale à chaque faute sifflée, réclamant des cartons jaune et rouge à chaque faute adverse… De la tribune, on sentait un groupe au bord de l’implosion.

Fort heureusement pour le spectacle, on a pu se rendre compte que la sérénité qu’affichaient, jusque-là, les Differdangeois n’était qu'une façade. Au lieu de tenir à distance un adversaire évoluant en 4-3-1, les visiteurs ont commencé à perdre le ballon de plus en plus vite et ont concédé des fautes dans leur camp, ce qui a permis au Racing d’amener le ballon dans la zone de vérité.

La joie des joueurs et du staff du Racing après le but égalisateur de Daniel Da Mota dans les arrêts de jeu.
La joie des joueurs et du staff du Racing après le but égalisateur de Daniel Da Mota dans les arrêts de jeu.
Photo: Stéphane Guillaume

Comme sur la réduction du score de Kevin Nakache à la retombée d’un corner concédé suite à un coup de pied évitable une minute auparavant (2-3, 78e). Il n'en fallait pas plus pour que les joueurs de Frank Defays transforment leur frustration négative en rage de vaincre.

Celle-ci, combinée à la fragilité défensive des Differdangeois, provoquait le dernier rebondissement de ce match fou: l’égalisation de Da Mota à la 94e minute.

Les tops

La paire Garos-Jänisch (FCD 03): sans cette égalisation, 95% de la victoire leur étaient dus. Ils ont parfaitement tenu leur milieu. Leur maîtrise a été telle qu’ils sont rapidement devenus les gestionnaires du rythme de jeu de leur équipe.

Arno Bonvini (FCD03): pour sa rapidité d’analyse et son coaching tactique payant au bout de quinze minutes de jeu.

Julien Humbert (Racing): toujours bien placé défensivement, il a aussi été l’un des rares à garder son calme. Une sérénité qui lui a permis d’apporter une plus-value offensive à son équipe.

Tarik Nouidra prend le meilleur sur Maxime Deruffe. Le médian du Racing a signé une grosse prestation avant de se faire exclure.
Tarik Nouidra prend le meilleur sur Maxime Deruffe. Le médian du Racing a signé une grosse prestation avant de se faire exclure.
Photo: Stéphane Guillaume

Les flops

Florik Shala (Racing): le poste de milieu relayeur n’est définitivement pas fait pour lui. Parce que ses appels sont à réactions, il est toujours en difficulté dans ses appels. Indépendamment de cela, son expulsion est inadmissible car elle a pénalisé son équipe.

Tarek Nouidra (Racing): comme Shala, il a pénalisé son équipe par sa bête expulsion. Mais à la différence de son coéquipier, il était encore auteur d’un match énorme. Et c’est ce qui est encore plus frustrant…

L’attitude défensive des Differdangeois: comment est-il possible d’encaisser deux buts alors que l'on mène 3-1 et qu’en face, il n’y a que neuf joueurs dont la moitié qui passe son temps à s’engueuler?


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