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Mourinho, indéracinable de son jardin anglais
Sport 4 min. 26.05.2016 Cet article est archivé
Premier League

Mourinho, indéracinable de son jardin anglais

Jose Mourinho revient aux affaires
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Mourinho, indéracinable de son jardin anglais

Jose Mourinho revient aux affaires
Photo: AFP
Sport 4 min. 26.05.2016 Cet article est archivé
Premier League

Mourinho, indéracinable de son jardin anglais

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Provocateur, mégalo, charismatique, arrogant, tacticien de génie avec lequel l'amour ne dure généralement pas plus de trois ans, José Mourinho revient cultiver sa légende dans son jardin préféré qu'est la Premier League, cette fois à Manchester United.

(AFP) - Provocateur, mégalo, charismatique, arrogant, tacticien de génie avec lequel l'amour ne dure généralement pas plus de trois ans, José Mourinho revient cultiver sa légende dans son jardin préféré qu'est la Premier League, cette fois à Manchester United.

"The devilish one"? Après avoir été "the special one" et "the happy one", Mourinho deviendra-t-il le "diabolique"? Pour ses détracteurs et ennemis tel Arsène Wenger - que le Portugais aux faux-airs de George Clooney avait taxé de "spécialiste de l'échec, contrairement à moi" - l'accalmie n'aura finalement duré que sept mois, depuis son limogeage de Chelsea après une défaite de trop face à Leicester, le futur champion.

Cette fin de règne a mis fin à la triste période du "happy one", celle du "Mou" qui n'était devenu que l'ombre de lui-même, tant dans son travail de manager que dans son existence médiatique. Même ses dernières polémiques étaient décevantes, comme celle liée au renvoi d'Eva Carneiro, la médecin de Chelsea, écartée sans ménagement après s'être montrée, selon les mots du Portugais, "impulsive et naïve" et incapable de "comprendre le jeu".

Mourinho héritait là d'une accusation de sexisme pas vraiment glorieuse en comparaison des "clashs" qui ont fait sa réputation.

Les images ne manquent pas. Comme celle d'octobre 2014, lors d'un Chelsea-Arsenal (2-0) où Wenger s'en prit physiquement à lui après des invectives verbales, en le poussant, mains sur la poitrine. Les deux hommes avaient dû être séparés. Il y a eu aussi ce doigt mis dans l'oeil de Tito Vilanova, l'adjoint de Pep Guardiola, en août 2011, lors d'un bouillant Real Madrid-Barcelone.

Guardiola, sa Némésis 

En Guardiola, Mourinho avait d'ailleurs trouvé sa Némésis, au style diamétralement opposé, tant dans la personnalité que dans la philosophie de jeu. Ses retrouvailles avec le Catalan, qui va lui entraîner Manchester City, s'annoncent prometteuses.

Son caractère tranché lui a aussi valu des inimitiés avec certains de ses joueurs. Au Real Madrid, il s'est ainsi mis à dos son vestiaire, Cristiano Ronaldo en tête, ce qui a précipité son départ.

"Mourinho crame ses joueurs au bout d'un an et demi, deux ans maximum", a même affirmé l'Italien Fabio Capello, ancien sélectionneur de l'Angleterre, au moment de son licenciement de Chelsea.

Et force est de reconnaître que le syndrome de la troisième saison fatale a toujours frappé le Portugais: il n'est jamais allé au-delà de ce terme sauf brièvement lors de son premier passage à Chelsea (2004-septembre 2007). Partout ailleurs, comme au Real (2010-2013), lors de son retour à Chelsea (2013-décembre 2015), ou bien encore à l'Inter Milan (2008-2010) et au FC Porto (2002-2004) il n'a pas été au-delà de trois saisons. Il avait toutefois quitté de sa propre volonté l'Inter et Porto.

Des trophées à la pelle 

Le soufre accolé à son nom ne peut cependant faire oublier que Mourinho possède une vitrine à trophées exceptionnelle, avec notamment deux Ligues des champions remportées en 2004 avec le FC Porto et en 2010 avec l'Inter Milan.

Champion du Portugal en 2003 et 2004, triple champion d'Angleterre avec Chelsea (2005, 2006, 2015), double champion d'Italie avec l'Inter Milan (2009, 2010) et champion d'Espagne avec le Real Madrid (2012), Mourinho a bâti partout des équipes craintes et respectées. En suivant une maxime minimaliste mais longtemps efficace : "Le plus important, c'est la victoire, quelle que soit la façon de l'obtenir".

Son aura s'est une première fois étiolée sur le banc du Real, où il a échoué à conquérir la "decima", la dixième Ligue des champions de l'histoire du club. Et elle s'est effondrée à Chelsea, où il est pour la première fois apparu dépassé par les évènements.

Le destin veut qu'il tente de rebondir à 53 ans, à Manchester United, sur les traces d'Alex Ferguson qui fut longtemps un de ses ennemis préférés, avant que ne s'opère un rapprochement entre les deux techniciens au crépuscule de la carrière de l'Ecossais.

Sous les yeux de Sir Alex, toujours présent dans les tribunes d'Old Trafford, Mourinho aura pour mission de faire de MU de nouveau un candidat au titre national, car pour la Ligue des champions, son terrain de jeu, il faudra attendre encore un peu. Mais même en Europa League, le Portugais sait faire pour avoir gagné la C3 avec Porto en 2003.


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