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Pour Dudelange, l'Europe c'est le jackpot
Sport 20 5 min. 10.07.2019

Pour Dudelange, l'Europe c'est le jackpot

Grâce à son épopée en Ligue Europa, le F91, qui était dirigé par Dino Topmöller, s'est mis à l'abri financièrement.

Pour Dudelange, l'Europe c'est le jackpot

Grâce à son épopée en Ligue Europa, le F91, qui était dirigé par Dino Topmöller, s'est mis à l'abri financièrement.
Photo: AFP
Sport 20 5 min. 10.07.2019

Pour Dudelange, l'Europe c'est le jackpot

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Quatre formations luxembourgeoises sont engagées cette semaine en Coupe d’Europe de football. L’occasion était belle de se pencher sur les revenus engrangés grâce à cette épreuve. Depuis la saison dernière, Dudelange se taille la part du lion.

L’UEFA se montre généreuse avec ses clubs de football et redistribue avec largesse les bénéfices générés par ses compétitions. Au Luxembourg, le F91 Dudelange est largement en tête du classement avec près de huit millions d’euros engrangés depuis la saison 2008-2009.

Autrefois considérée par les clubs luxembourgeois comme une aimable partie de campagne récompensant les efforts déployés lors de l’exercice précédent, une participation à une Coupe d’Europe est désormais assimilée à une garantie de pérennité en haut de classement.

L’argent distribué par l’UEFA en fonction des résultats enregistrés en Ligue des champions ou en Ligue Europa permet en effet à ses participants de maintenir leur niveau de vie, de recruter aux dépens de leurs concurrents directs et de viser aujourd’hui une certaine forme de professionnalisation.

Pour notre top 5 actuel (Dudelange, le Fola, le Progrès, Differdange et le Racing), l’Europe est une nécessité sous peine de rentrer dans le rang, ou pire de disparaître de l'élite comme Grevenmacher ou Käerjéng.

De la solidarité à défaut du Real

Et le fossé entre les «Européens» et les autres a toutes les chances de se creuser encore puisque les revenus distribués par l’organe faîtier sont tributaires de ses recettes. Les droits de retransmission et les droits commerciaux sont en constante augmentation pour le plus grand bonheur de tous.

La source ne risque pas de se tarir. Selon Mundo Deportivo, l'UEFA et l'Association des clubs européens (ECA) seraient parvenues à un accord sur une nouvelle répartition des revenus des compétitions européennes pour les trois prochaines saisons (2018-2021). Ces revenus passeraient de 2 300 à 3 400 millions d'euros. C’est ainsi que les clubs inscrits en Ligue des champions se partageraient une enveloppe de 1 900 millions, soit 500 millions de plus que lors de la saison 2017-2018.

Derrière cette réforme de la compétition-phare du football de clubs, on retrouve l’ECA. L'association des clubs les plus puissants du Vieux Continent avait déjà dicté le passage aux phases de poules et aux tours préliminaires, une modification du format des compétitions qui concerne les nations les moins bien cotées, dont le Luxembourg.

Les chances des clubs luxembourgeois de retrouver le Real Madrid, le Bayern Munich ou Liverpool sont désormais quasi nulles depuis les réformes des années 1990. Pour faire passer la pilule, l’UEFA a instauré un système dénommé «versements de solidarité» lors de la phase de qualification des compétitions interclubs. Il est attribué à tous les clubs participants.

Les «versements de solidarité» ont suivi la courbe ascendante du chiffre d’affaires de l’UEFA. C’est ainsi que la prime attribuée à chaque champion national est passée de 160 000 à 260 000 euros en dix ans. La Ligue des champions est la plus rémunératrice, mais la Ligue Europa n’a pas été en reste. En 2008, le Racing avait touché 70 000 euros pour sa double confrontation avec les Suédois de Kalmar (0-3 et 1-7). La saison passée, le club de la capitale a gagné 240 000 euros pour affronter les Roumains de Viitorul (0-2 et 0-0).

2,92 millions d’euros de prime

Depuis l’an dernier, le montant total affecté aux clubs participant à la phase de qualification de la Ligue des champions ou de la Ligue Europa s'élève à trois pourcents des recettes totales brutes, plus un montant supplémentaire de dix millions d’euros provenant de la quote-part des clubs de la Ligue des champions. Sur la base des recettes totales estimées à 3,25 milliards d’euros, 107,5 millions ont été distribués aux clubs via les «versements de solidarité» en 2018-2019.



trophé
Football / BGL Ligue / 26 eme  journée / 19-05-2019 / Dudelange - Hamm / stade Jos Nusbaum
photo : Vincent Lescaut
La fabuleuse saison du F91
Dudelange a remporté dimanche son 15e titre de champion. En attendant d'ajouter une huitième Coupe de Luxembourg dans sa vitrine, nous vous proposons un zoom arrière sur une saison 2018-2019 qui restera dans les annales et dans les cœurs.

Premier club luxembourgeois en termes de revenus générés par ses participations en Coupe d'Europe, Dudelange tient son succès grâce à une fidélité quasi sans faille aux épreuves continentales. Deux ans après la fusion des trois clubs de la Forge du Sud et l'arrivée de son mécène, Flavio Becca, le F91 faisait son entrée sur la scène européenne.

S'il a bénéficié des «versements de solidarité», il a aussi terriblement fait fructifier sa trésorerie à la faveur d’une fantastique épopée pour parvenir à la phase de poule de la Ligue Europa avec à la clé une prime de participation de 2,92 millions d’euros. Cerise sur le gâteau, le point pris face au Betis Séville lui a rapporté un bonus de 190 000 euros.

Depuis la saison 2008-2009, Dudelange s’est constitué un petit trésor de guerre de près de huit millions d’euros, selon les sources de l’UEFA. Ce magot ne tient pas compte des droits télévisuels, ni des recettes aux guichets.

Le Progrès Niederkorn, quatrième de notre classement sur la période étudiée, a, par exemple, récolté 25 000 euros de droits télé à l’occasion de sa confrontation avec les Glasgow Rangers. De quoi mettre du beurre dans les épinards d’un club qui a programmé des participations européennes dans son plan de marche pour se positionner tout en haut du classement à moyen terme.

Les chiffres affichés par les clubs luxembourgeois sont à des années-lumière des 88 millions d’euros encaissés par le Real Madrid en 2018. On ne peut pas non plus les comparer aux 30 millions de budget du FC Metz en Ligue 2. Mais si on les rapporte au 1,5 million de budget de l’Excelsior Virton les saisons passées, cela nous donne un indicateur bien plus précis de l’importance de bien présenter sur la scène continentale. Dudelange, la Jeunesse, le Fola et Niederkorn ont déjà mesuré toute son importance.