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Pit Lane: sur les traces du stock-car
Sport 4 min. 14.06.2019

Pit Lane: sur les traces du stock-car

Le stock-car, une discipline éminemment spectaculaire

Pit Lane: sur les traces du stock-car

Le stock-car, une discipline éminemment spectaculaire
Photo: Albert Krier
Sport 4 min. 14.06.2019

Pit Lane: sur les traces du stock-car

Pour sa 50e saison, le championnat de Luxembourg de stock-car reprenait ses droits à Alzingen. Nous en avons profité pour apprendre à mieux connaître cette discipline aussi intrigante que passionnante. Plongée dans les entrailles de l’enfant terrible du sport mécanique.

Par Andy Foyen

Qu’est-ce que le stock-car?

Les racines du stock-car remontent à l’époque de la prohibition aux Etats-Unis. La vente et la consommation d’alcool étant devenue strictement interdites, des petits malins, à l’image d’un certain Al Capone, se sont mués en contrebandiers. Cette activité très onéreuse, mais également dangereuse, demandait des véhicules rapides et robustes.

Pour ce faire, les contrebandiers prenaient des véhicules de série («stock-car» en anglais) qu’ils modifièrent. Rapidement, on a assisté aux premières courses entre les gangs. La discipline du stock-car était née. Au fil du temps, elle s’est diversifiée. Ainsi, aussi bien la NASCAR que les Derbys de Démolitions sont considérés comme des courses de stock-car. C’est cette seconde branche que l’on retrouve chez nous.

Ce qui caractérise le stock-car luxembourgeois

Des pistes très courtes, de nombreux concurrents prêts à en découdre lâchés en même temps, tout est réuni pour garantir le spectacle. Conformément à l’esprit des Derbys de Démolitions, les concurrents ont diverses occasions de briller.

Tout d’abord, pour chaque tour complété, ils marquent un point. Ensuite, la conduite agressive envers les adversaires (les pilotes d’autres équipes) est récompensée. Ainsi, à titre d’exemple, renverser la voiture d’un concurrent vous rapporte quatre points, c’est l’aspect «démolition».

La conduite agressive envers les adversaires (les pilotes d’autres équipes) est récompensée: renverser la voiture d’un concurrent rapporte quatre points, c’est l’aspect «démolition».
La conduite agressive envers les adversaires (les pilotes d’autres équipes) est récompensée: renverser la voiture d’un concurrent rapporte quatre points, c’est l’aspect «démolition».
Photo: Albert Krier

Enfin, les trois premiers de chaque course reçoivent également un bonus de quelques unités. On fait ensuite les additions celui qui totalise le plus grand nombre de points l’emporte. Ce système de compétition a été introduit chez nous au milieu des années 1960.

Comment le stock-car est-il arrivé au Luxembourg?

«Il est très difficile de retrouver sa toute première trace», avoue Sven Frank, délégué presse de la FLSC. «Ce que nous savons, c’est qu’en 1954, il y a eu une démonstration de cascadeurs français sur le Glacis.»

Il n’en fallait pas plus pour titiller l’envie de certains et quelques années plus tard, on assistait aux premières courses. Différentes équipes se sont alors formées, et décidèrent en 1969 de collaborer pour créer la FLSC (Fédération luxembourgeoise du Stock-Car). Lors de la première saison, c’est le RAF Team qui a remporté le classement par équipes. Jos Clees, de l’Indianapolis Team Christnach, fut le premier sacré en individuel. Parmi les équipes fondatrices, une seule est encore en compétition aujourd’hui: le Tornado Team Hamm.

Au fil du temps, le stock-car luxembourgeois a grandi et déplacé de plus en plus de spectateurs le long de la piste en terre Op der Schanz à Altrier. Ce tracé a été témoin des bagarres les plus âpres entre le Tornado et les Firebirds de Roeser. C’est également à cette époque que les modèles européens ont pris le dessus sur ceux venant d’outre-Atlantique.

Parmi les équipes fondatrices au Luxembourg, une seule est encore en compétition aujourd’hui: le Tornado Team Hamm.
Parmi les équipes fondatrices au Luxembourg, une seule est encore en compétition aujourd’hui: le Tornado Team Hamm.
Photo: Albert Krier

La fin des années 1980 fut plus dure: le nombre de clubs était en chute libre. Le coup de massue est arrivé en 1991, lorsque les bolides se sont élancés pour la toute dernière fois sur le mythique tracé Op der Schanz.

«On avait déjà perdu les pistes de Roeser et de Bettembourg à la fin des années 80. Nous n’étions pas les seuls impactés. L’autocross s’y établissait également. Les Championnats d’Europe y avaient d’ailleurs eu lieu. Chaque week-end, il s’y passait quelque chose», se remémore Sven Frank. Les raisons de la fin de la piste d'Altrier ne sont pas claires, l’une des raisons pourrait être la difficulté croissante d’obtenir les autorisations d’y concourir. En 1992, l’entièreté du championnat luxembourgeois a ainsi dû se courir à l’étranger.

Mais le stock-car luxembourgeois n’était pas mort. Quatre années plus tard, la FLSC engageait une équipe au Championnat d’Europe. Cette course, qui se déroulait en manche unique à Paris-Bercy, a souri à nos pilotes nationaux, puisque Dan Scharf était sacré juste devant Romain Asselborn. Outre le doublé au classement individuel, c’est également le Team de la FLSC qui remportait le classement par équipe, grâce aux pilotes d’Altrier et de Hamm.

La situation aujourd’hui

Depuis les années 2000, le stock-car a connu des hauts, mais encore plus de bas. Certains teams ont été obligés de stopper leur activité.

L’ouverture de la saison s'est déroulée le Lundi de Pentecôte: le Tornado Team Hamm, en classe 1, et le Motor-Sport-Club Kayl, en classe 2 l'ont emporté.
L’ouverture de la saison s'est déroulée le Lundi de Pentecôte: le Tornado Team Hamm, en classe 1, et le Motor-Sport-Club Kayl, en classe 2 l'ont emporté.
Photo: Albert Krier

Mais depuis 2016, cette tendance semble s’être inversée, comme en témoigne le retour du Stock-car team Krautscheid dans le giron de la fédération après plus de dix années d’absence. C’est à Alzingen que le stock-car luxembourgeois a trouvé un nouveau fief. Toutes les courses du championnat s’y déroulent, à l’exception de la manche à Krautscheid.

Pour l’ouverture de la saison, qui s'est déroulée le Lundi de Pentecôte, le Tornado Team Hamm, en classe 1, et le Motor-Sport-Club Kayl, en classe 2 se sont partagé les lauriers, tout comme Joé Pelletier chez les novices et Romain «Rocker» Goergen dans les Super-stocks. La prochaine course aura lieu le dimanche 7 juillet à Alzingen.