Changer d'édition

Philippe Dillmann: «On m'a pris pour un con»
Sport 7 min. 05.01.2015 Cet article est archivé
Football / Après son éviction du RFCUL

Philippe Dillmann: «On m'a pris pour un con»

Phillippe Dillmann fustige le manque d'élégance du Racing et rappelle qu'il n'a pas touché un euro depuis qu'il a pris ses fonctions de directeur technique
Football / Après son éviction du RFCUL

Philippe Dillmann: «On m'a pris pour un con»

Phillippe Dillmann fustige le manque d'élégance du Racing et rappelle qu'il n'a pas touché un euro depuis qu'il a pris ses fonctions de directeur technique
Photo: Serge Waldbillig
Sport 7 min. 05.01.2015 Cet article est archivé
Football / Après son éviction du RFCUL

Philippe Dillmann: «On m'a pris pour un con»

Débarqué du RFCUL le 29 décembre, Philippe Dillmann ne digère pas son éviction. L'ancien directeur sportif du club de la capitale règle ses comptes et fustige la façon dont ça s'est passé.

Débarqué du RFCUL le 29 décembre, Philippe Dillmann ne digère pas son éviction. L'ancien directeur sportif du club de la capitale règle ses comptes et fustige la façon dont ça s'est passé.

• Quels sont vos états d'âme, Philippe Dillmann?

Je suis en colère.

• Revenons d'abord sur la forme de votre éviction...


Ça s'est passé le lundi 29 décembre. Je suis arrivé au bureau comme tous les jours. Vincent Thalamot, l'homme de confiance du président Masoni, et Laurent Bastien, le directeur financier, sont arrivés pour m'annoncer que c'était terminé.

• Comment vous a-t-on justifié cette fin de collaboration?


On m'a dit que le président n'avait plus confiance en moi. Qu'au niveau de la comptabilité, il y avait des justificatifs qui manquaient. J'attends qu'on me les montre. C'est très flou!

• Vous ne l'aviez pas senti venir?


Oui et non. Quelqu'un m'avait dit que ça brûlait pour moi. J'en ai parlé à Vincent Thalamot qui m'a dit que c'était des conneries. Deux jours après, j'étais dehors.

• Estimez-vous avoir fait des erreurs?

Celle d'avoir fait trop confiance dans certains dirigeants. On m'a pris pour un con. On m'a poignardé dans le dos. J'en veux à Vincent Thalamot avec qui j'ai collaboré pendant de longs mois et qui m'a planté là du jour au lendemain. Sans répondre à aucun de mes messages.

• Daniel Masoni vous a-t-il déçu?


Je suis davantage déçu sur la façon dont s'est passé mon départ.

• On a reproché au président de ne pas être assez présent? Un grief fondé?


Oui et ça joue dans la gestion d'un club. On s'appelait régulièrement mais ce n'est pas pareil. Il n'a pas vu tout le boulot abattu. J'étais au service du Racing huit à dix heures par jour. Gratuitement!

• Gratuitement?

Je n'ai pas touché un euro depuis que je suis ici. Pendant dix mois, je n'ai rien dit et c'est au moment où j'ai demandé à recevoir quelque chose que j'ai été mis de côté.

• On a du mal à comprendre comment vous avez pu lâcher un boulot pour un travail de «bénévole»?

Quand le président m'a demandé de me lancer, j'ai dit oui. Sans connaître le club. Par passion pour le foot. Ensuite, on m'a fait des promesses. Quand je donne ma parole, je tiens mes engagements. Et je pensais pouvoir en attendre tout autant en retour. J'ai la rage.

• Et ça s'est donc arrêté net?


On m'a demandé les clefs de la voiture, les clefs du club et le téléphone portable. Je suis droit dans mes pompes. Je n'ai rien dit. J'ai juste demandé un dédommagement. On m'a dit oui mais j'attends encore. Je n'ai pas eu une seule réponse. C'est scandaleux. C'est un manque de respect.

• Que répondez-vous à ceux qui mettent en doute la pertinence des transferts?

D'abord le mercato hivernal de l'an dernier a été très compliqué. On n'avait guère de moyens. On a pris un Vairelles qui a apporté pas mal de choses, puis un Bousbaa souvent blessé malheureusement. Le dernier recrutement estival était judicieux et validé par l'entraîneur. On l'a fait ensemble avec lui et les dirigeants. Tout le monde était satisfait.

• Quel rôle avez-vous joué dans le départ de Pascal Lebrun?

Mon rôle de directeur sportif. Aujourd'hui, je peux encore le regarder dans les yeux. Je l'avais averti dès le deuxième match qu'il devait travailler sur la manière. Je l'ai prévenu à plusieurs reprises car les attentes en haut étaient certaines. Mais sa priorité, c'était de prendre des points.

• Vous êtiez donc d'accord avec le président sur le fait de vous séparer de lui?


Il aurait pu prendre plus de risques lors de certains matches. Il avait tout de même un effectif important. Mais chaque entraîneur aurait fait à sa manière. La blessure de Mokrani l'a fortement handicapé.

• Avait-il encore la confiance du groupe?


Pas totalement. Dans un vestiaire, il y a toujours un ou deux leaders qui savent déstabiliser un groupe. Au Racing, il y avait pas mal de leaders. C'était donc plus compliqué pour détruire le tout.

• A-t-il manqué un peu de poigne?


Peut-être fallait-il davantage taper du poing sur la table, mais c'est toujours plus facile à dire après coup. J'étais persuadé qu'il pouvait être la bonne personne. Peut-être ne m'a-t-il pas assez écouté. Moi comme entraîneur, j'aurais fait d'autres choix. Mais c'est toujours plus facile de parler après.

• On dit qu'Hammami et Jackson ne se parlent plus depuis des mois...


Ce n'est pas ça qui fait qu'on en est arrivé là. Ça arrive dans tous les clubs.

• Certains lui ont reproché d'avoir changé de gardien en Coupe. Une erreur?

Non, c'était justifié. Vitor a prouvé qu'il était plus qu'un numéro 2. Michaël Ménétrier n'était pas bien. Le choix de Pascal était logique.

• Pascal Lebrun avait-il l'étoffe pour conduire le RFCUL en BGL Ligue?


En étant mieux entouré peut-être...

• Que voulez-vous dire?


Certains membres de son staff ne l'ont pas soutenu jusqu'au bout.

• Mais finalement, le Racing est à sa place sur le plan sportif, non?

Le RM Hamm Benfica et Strassen ont été sous-estimés. Et nous, on s'est vu trop beau. Mais ce n'est pas illogique. Nous avions des ambitions et le recrutement avait été opéré en fonction. Le club est encore en course pour la montée.

• Vous n'avez donc pas participé aux discussions à propos du prochain entraîneur?


Non. J'ai appris le jour-même qu'on allait dire à Pascal Lebrun que sa mission était terminée. C'était à moi de lui annoncer. Et je n'ai pas pu avoir un échange avec lui. La nomination de Fabien Matagne ne me surprend pas.

• Pourquoi?


Cela fait trois ou quatre mois qu'il tourne autour du club. Il était présent après les matches. Je ne le connais pas et je n'ai rien contre lui, mais c'était malsain. Surtout qu'il est conseiller de joueurs. Je ne cautionnais pas cette présence et je l'ai signalé à qui de droit. Sans conséquence.

• Si tout ça était à refaire?


Je ne changerais rien. Aujourd'hui, je reçois encore beaucoup de messages. Les gens ne comprennent pas. J'ai fait revenir beaucoup d'anciens. C'est une preuve que les choses étaient en train de changer. Et c'est l'une de mes fiertés.

• Comment voyez-vous la suite?


Je dois d'abord retrouver un boulot. Le football, c'est ma passion. Ce n'est pas terminé. Mais je ferai les choses différemment.

Propos recueillis par Christophe Nadin


Sur le même sujet

La présidente du FC Rodange 91 Karine Reuter quitte ses fonctions avec effet immédiat. Sollicitée pour achever le mandat de Daniel Masoni à la tête du Racing, elle se dit "honorée d'avoir été approchée pour diriger dans le futur le club de la capitale".
Football / Promotion d'Honneur
Les choses se sont précipitées ces dernières semaines au Racing. Après Pascal Lebrun, c'est Philippe Dillmann qui a été prié de faire ses valises lundi dernier.
Philippe Dillmann sera resté un an au Racing. Mais sa politique sportive n'a pas convaincu le président Masoni.