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«Ne parlez pas de football féminin, c'est du football...»
Sport 4 min. 27.07.2022
Euro-2022

«Ne parlez pas de football féminin, c'est du football...»

Les Luxembourgeoises veulent suivre l'exemple belge.
Euro-2022

«Ne parlez pas de football féminin, c'est du football...»

Les Luxembourgeoises veulent suivre l'exemple belge.
Photo: Stéphane Guillaume
Sport 4 min. 27.07.2022
Euro-2022

«Ne parlez pas de football féminin, c'est du football...»

Andrea WIMMER
Andrea WIMMER
Le grand intérêt pour l'Euro en Angleterre suscite joie et espoir dans le football féminin luxembourgeois. Le fair-play suscite également l'enthousiasme.

Passion, beaux matchs, records de spectateurs : le championnat d'Europe de football féminin attire beaucoup l'attention et est également suivi avec enthousiasme par l'équipe nationale luxembourgeoise. «Beaucoup de gens parlent de l'Euro», explique la capitaine Laura Miller. «On voit aussi à travers les chiffres que le football féminin a le vent en poupe», estime Dan Santos.


Un Euro féminin «valorisant pour les joueuses»
La compétition bat son plein en Angleterre, dans des stades bien garnis, avec une belle ambiance. Elodie Martins, joueuse du Racing Union Luxembourg, évoque cet engouement et l'évolution récente de son sport.

L'entraîneur de l'équipe nationale féminine du Luxembourg se réjouit du grand intérêt que suscitent actuellement les matches de l'Euro en Angleterre, tant dans les stades que dans les médias européens. L'UEFA, la fédération européenne, annonçait déjà un nombre record de billets vendus après le premier tour.

Les spectateurs avaient acheté 369.314 billets au total pour 24 matches de groupe. En 2017, aux Pays-Bas, ils avaient été 240.055 pour l'ensemble de l'Euro. La chaîne de télévision allemande ARD a enregistré un record de 9,5 millions de téléspectateurs lors du match de quart de finale entre l'Allemagne et l'Autriche. 

Dan Santos pense que le football féminin prend la bonne direction.
Dan Santos pense que le football féminin prend la bonne direction.
Photo: Stéphane Guillaume

Santos espère que cette attention aidera le football féminin. L'entraîneur, qui a assisté à des matches de l'Euro 2017 aux Pays-Bas en tant que visiteur dans le stade, observe de grands progrès en ce qui concerne l'intérêt ainsi que la qualité du football et fait référence à la déclaration d'un expert de la télévision belge qui aurait dit : «On ne doit plus parler de football féminin. C'est du football».

L'intensité augmente au fur et à mesure que l'athlétisation s'améliore.

Dan Santos

 Selon lui, les médias des pays voisins du Luxembourg ont élargi la couverture médiatique des femmes et ont par exemple diffusé dans les émissions télévisées des volumes similaires à ceux qui étaient jusqu'à présent consacrés au football masculin. Santos considère également que le niveau sportif a nettement augmenté. «L'intensité est de plus en plus élevée parce que l'athlétisation s'améliore».

Sans grandes jérémiades ni jeu d'acteur

Le grand intérêt suscité par l'Euro en Angleterre est également source de joie et d'espoir pour le football féminin luxembourgeois. L'entraîneur a particulièrement apprécié le match de quart de finale entre l'Angleterre et l'Espagne, que les hôtesses ont remporté 2-1 en prolongation : «C'était le meilleur match que j'ai vu jusqu'à présent. C'était vraiment une bonne publicité pour le football féminin et le football en général». 

On voit qu'elles jouent par passion.

Laura Miller

L'entraîneur et la capitaine apprécient en outre l'engagement des joueuses, sans grandes jérémiades ni jeu d'acteur. «On voit qu'elles jouent par passion», affirme Miller. Dan Santos ne veut toutefois pas parler de battage médiatique à propos de l'Euro. «Les matches ont souvent eu lieu dans des stades plus petits et ceux-ci n'étaient pas toujours pleins, estime-t-il.

La capitaine du Luxembourg, Laura Miller, est fière de constater que chez les femmes, on se plaint moins et on joue moins la comédie.
La capitaine du Luxembourg, Laura Miller, est fière de constater que chez les femmes, on se plaint moins et on joue moins la comédie.
Photo: Jean-Marie Humartus

Au niveau international, des critiques avaient été émises à l'encontre des petites enceintes comme celle du centre de formation de Manchester City. Dan Santos n'est pas d'accord : «Là-bas, environ 5.000 spectateurs assuraient une bonne ambiance, dans un stade de 80.000 personnes, il n'y aurait pas eu cette ambiance».

Pour Miller, les matchs de l'Euro sont aussi particuliers parce qu'elle a déjà elle-même affronté les participants, l'Angleterre, l'Autriche et la Belgique, avec la sélection de la FLF. En septembre, il y aura encore le match retour des qualifications pour la Coupe du monde en Angleterre. «Nous avions déjà beaucoup de respect avant, mais quand on voit les Anglaises à l'Euro, le respect est encore plus grand», estime la jeune femme de 20 ans.

L'exemple de la Belgique

Dan Santos estime que la Belgique peut être un bon exemple pour le Luxembourg. «C'est aussi un petit pays et les Belges se sont très bien comportées avec seulement huit joueuses professionnelles dans l'effectif. Nous pouvons nous inspirer de la manière dont la fédération belge promeut le football féminin», explique-t-il. 

Les finesses techniques ne sont plus un problème pour les footballeuses d'aujourd'hui.
Les finesses techniques ne sont plus un problème pour les footballeuses d'aujourd'hui.
Photo: Marc Wilwert

Pour Miller, qui joue au Standard de Liège en première division belge, et ses collègues de l'équipe nationale luxembourgeoise, l'entraînement de la FLF a repris lundi soir après la pause estivale. L'Euro y a également été évoqué. Miller espère que l'intérêt porté au tournoi en Angleterre donnera un coup de pouce au football féminin en général, y compris au Grand-Duché. Miller trouve utile que de nombreuses joueuses connues ainsi que des commentateurs internationaux se soient exprimés sur le thème de l'argent.

«La plupart des femmes ne veulent pas les mêmes sommes que les hommes, mais un salaire qui leur permette de vivre. Nous pourrions ainsi amener le niveau sportif du football féminin à celui des hommes», explique l'étudiante en sciences du sport. Dan Santos soutient également cette idée. «Mais nous ne pouvons pas comparer les possibilités de gain avec celles des hommes. Il ne faut pas oublier que les hommes rapportent aussi plus d'argent à une fédération», estime-t-il. Le fait que les choses bougent à présent dans le cadre des championnats d'Europe est malgré tout une bonne chose. 

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