Changer d'édition

Mondiaux 2017 de MMA: Miomir Vujovic: «Nous avons replacé le Luxembourg sur la carte» 
Sport 7 min. 22.11.2017 Cet article est archivé

Mondiaux 2017 de MMA: Miomir Vujovic: «Nous avons replacé le Luxembourg sur la carte» 

Issa Isakov a battu le Kazakh Zhan Kenzhebayev qui était le grand favori de la compétition.

Mondiaux 2017 de MMA: Miomir Vujovic: «Nous avons replacé le Luxembourg sur la carte» 

Issa Isakov a battu le Kazakh Zhan Kenzhebayev qui était le grand favori de la compétition.
Photo privée
Sport 7 min. 22.11.2017 Cet article est archivé

Mondiaux 2017 de MMA: Miomir Vujovic: «Nous avons replacé le Luxembourg sur la carte» 

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Les représentants luxembourgeois ont porté haut les couleurs nationales dans le Royaume de Bahreïn la semaine dernière. Retour sur les Mondiaux amateurs 2017 de Mixed Martial Arts (MMA) avec Miomir Vujovic, le chef de la délégation grand-ducale en Asie.

Trois athlètes luxembourgeois ont participé aux derniers Championnats du monde amateurs de Mixed Martial Arts (MMA), organisés du 12 au 19 novembre dans le Royaume de Bahreïn. Le bilan est flatteur pour une première apparition à ce niveau de compétition: deux demi-finales et un huitième de finale. Miomir «Miki» Vujovic, le chef de la petite délégation grand-ducale, nous relate le périple asiatique.

Par Didier Hiégel

51 pays représentés, plus de 250 combattants de quatorze catégories en lice dans l'octogone, la Khalifa Sports City Arena de Manama, la capitale du Royaume de Bahreïn, étaient au cœur de la planète MMA du 12 au 19 novembre.

Le Luxembourg n'était pas en reste. A force de volonté et de sacrifices, c'est une délégation de six personnes qui avait rallié l'archipel du golfe Persique. Trois ont participé à ces Mondiaux amateurs:  le poids léger José Teixeira (70,3 kg) et les deux welters Yann Liasse et Issa Isakov (77,1 kg).

La délégation luxembourgeoise au Bahreïn. De gauche à droite Yann Liasse, José Teixeira, Issa Isakov, Nathalie Dupays, Remy Ferreira et Miomir Vujovic.
La délégation luxembourgeoise au Bahreïn. De gauche à droite Yann Liasse, José Teixeira, Issa Isakov, Nathalie Dupays, Remy Ferreira et Miomir Vujovic.
Photo privée

Premier à entrer dans l'arène, Teixeira se mettait de suite au parfum. «Cette entame de compétition n'était pas du tout évidente à gérer», raconte «Miki». Et pour cause. «Dès le premier tour, José hérite du numéro 3 mondial: le Russe Ziiad Sadail, un combattant complet. On a donc établi une stratégie, faire en sorte de ne pas le laisser travailler. José l'a collé au sol au premier round et a fini par le soumettre au deuxième sur une guillotine (étranglement).»

Premiers pas réussis. L'Autrichien Bogdan Grad sera sa prochaine victime, dominé lui  aussi sur une soumission. «Son adversaire était pourtant confiant. A un certain moment,  tes adversaires commencent à t'analyser pour mieux te contrer. Mais José a été au striking (combat debout) même si ce n'est pas son point fort. L'Autrichien l'a ramené ensuite au sol et c'est José qui en a profité pour placer une clé (articulaire) à un genou.»

L'Anglais PK Zadeh sera ensuite lui aussi soumis, au premier round cette fois-ci.  Liasse, en welters, ne connaitra pas le même parcours. «Yann n'a pas eu un combat facile pour débuter puisqu'il devait affronter un représentant du pays hôte: Radzhab Ataev», poursuit «Miki». «Une clé a occasionné à son adversaire une blessure à un genou. Au deuxième tour, il affronte Niko Skonbäck, qui est bien, mais pas aussi complet.» Le Finlandais amène le Luxembourgeois au sol et se montre plus actif aux yeux des juges. Il est éliminé du tournoi.

José Teixeira après son succès face à l'Anglais Zadeh.
José Teixeira après son succès face à l'Anglais Zadeh.
Photo privée

«Il lui aurait arraché la tête»

Pur produit du pays puisqu'il s'y entraîne depuis ses débuts dans la discipline, Issa Isakov fait partie de la délégation luxembourgeoise mais représente la Belgique. C'est aux points qu'il sort l'Anglais Elliot Thomas avant de soumettre l'expérimenté Sud-Africain Riyaad Pandy (35 ans) au premier round.

«C'est ensuite le Kazakh Zhan Kenzhebayev qui se présente face à lui. C'est le favori de la compétition dans cette catégorie. Il est champion d'Asie. Au cours de ce combat, je suis passé par toutes les émotions, de la peur, une grande joie, un gros soulagement. On a vu à cette occasion un combattant complet... et dangereux. S'il avait touché Issa, avec une bonne droite, il ne l'aurait pas mis KO... mais lui aurait arraché la tête. Il n'a que 19 ans, mais qu'est-ce qu'il est dur. Au troisième round, il a encore mis davantage de pression. Il était soutenu par une trentaine de membres de sa délégation. Je me demandais qu'est-ce qu'il pouvait arriver puisqu'un seul coup aurait pu être décisif. Mais Issa a fini par gagner aux points. C'était l'assurance de prendre une médaille: une belle satisfaction.»   

José Teixeira médaillé de bronze en poids léger.
José Teixeira médaillé de bronze en poids léger.
Photo privée

«Un gros coup de stress»

Deux représentants luxembourgeois en lice pour une finale, le pari est d'ores et déjà gagné, mais la tension monte encore d'un cran. «Lors des demi-finales, je n'estime pas nos adversaires comme étant les meilleurs du plateau, mais s'ils sont arrivés à ce stade de la compétition, ils n'ont pas volé leur place. J'ai alors un gros coup de stress. Les deux doivent combattre le samedi, et à la même heure! Qui allais-je suivre?» 

«J'ai eu de la chance. Les organisateurs avaient pris un peu de retard dans un octogone et j'ai pu être présent dans le coin pour les deux combats. A commencer par celui de José. C'est le Biélorusse Vitali Andruhovich qui se présente face à lui. Il est bien préparé, il bloque José sur les takedowns  (amenés au sol). Il est davantage du style striker et José passe les trois rounds de cette manière. Certaines personnes le donnent gagnant. La décision est partagée. Mais c'est le Biélorusse qui passe en finale et qui sera battu.» Sur décision des juges c'est l'Américain Quitin Thomas qui s'est imposé dans cette catégorie des 70,3 kg.

En piste pour une place en finale, Issa Isakov est opposé à l'Américain Benjamin Bennett qui compte deux fois plus de combats (14 victoires pour 4 défaites).  «Ce n'est pas la personnalité marquante de ce tournoi, mais il la joue tactique même s'il perd le premier round. Il attend, il attend, se rapproche et met le takedown pour s'imposer aux points au terme d'un très beau combat.»L'Américain a confirmé en finale en disposant du Français Axel Sola.

«J'ai eu envie de pleurer, de hurler»

«J'ai eu envie de pleurer, de hurler. Plus on avançait dans ce tournoi plus la pression se faisait grande avec les retransmissions télé en Asie, en Europe, partout dans le monde. Nous étions beaucoup suivis au Luxembourg, en Belgique, en France. Nous avions beaucoup de retours, beaucoup de soutiens d'un peu partout. C'est dommage de perdre en demi-finale, mais ces résultats sont historiques. Pour rappel, nous nous entraînons dans des salles qui ne sont pas vraiment appropriées. Tolli (Aguilera) nous a prêté ses locaux le dimanche soir pour le sparring. Nous n'avions pas d'octogone ou de ring pour prendre nos repères et se mettre la pression. Quand on voit d'où on vient, nos conditions de préparation et nos recherches de subsides...», indique-t-il encore.

«Là-bas, certains ne savaient pas où était le Luxembourg, ils pensaient que c'était une ville en Allemagne ou en Belgique. Au Bahreïn, nous avons replacé le Luxembourg sur la carte! A chaque fois, nous sortions le drapeau. Le Roude Léiw était à chaque fois avec nous

Issa Isakov à l'échauffement.
Issa Isakov à l'échauffement.
Photo privée

En salle d'attente

Les combattants luxembourgeois et leur entraîneur s'accordent une semaine de repos (au niveau sportif) avant de penser aux prochaines échéances. «Yann voulait absolument passer pro (après 7 victoires pour une défaite). Je lui avais dit: "Fais les Championnats du monde pour voir où tu en es". La semaine dernière, il s'est effectivement rendu compte du niveau élevé de la compétition. Il va donc refaire un Championnat d'Europe amateurs.» 

Isakov, s'il n'a pas de proposition pour passer professionnel au mois de mars ou avril suivra le même chemin. «Mais je suis sûr qu'il passera le cap, au pire au deuxième semestre.»

Teixeira, quant à lui, fera encore un an chez les amateurs. «J'ai constaté que les pays développés en matière de MMA, notamment la Suède (4 finalistes cette année) ou la Finlande, préparent leurs combattants dans d'autres organisations avant de les présenter à l'IMMAF (International Mixed Martial Arts Federation) pour, la première année, acquérir de l'expérience avant d'aller chercher des titres la deuxième année. Il ne faut donc pas se précipiter mais savourer ce moment-là.»

La voie est désormais ouverte. Aux espoirs Remy Ferreira, Sadok Hakimi, Bence Szalay ou Stanley Beier de saisir leur chance lors des prochains Opens (Océanie,  Asie et  Afrique), aux Championnats d'Europe (en juin 2018) ou aux Championnats du monde (toujours au Bahreïn en fin d'année).


Sur le même sujet

Mondiaux de MMA: seul Issa Isakov reste en lice
Victimes de deux champions d'Europe en titre, Yann Liasse et José Teixeira ont quitté les Mondiaux de MMA organisés au Bahreïn ce mardi. Il n' y a donc plus de Luxembourgeois en compétition, mais Issa Isakov poursuit sa route.
Les représentants luxembourgeois n'ont désormais plus qu'à soutenir Issa Isakov.
MMA: le Luxembourg repart en conquête
Déjà présente lors des Mondiaux amateurs de Mixed Martial Arts (MMA), au Bahreïn en novembre 2017, la sélection luxembourgeoise participe cette semaine aux Championnats d'Europe à Bucarest.
Troisième aux Mondiaux 2017, José Teixeira a rallié Bucarest avec beaucoup d'ambitions.