MMA

Julien Gracco: Mons et l'Europe pour viser l'Amérique

Julien Gracco (debout) a débuté le taekwondo au Luxembourg avant se lancer dans le MMA à Bruxelles.
Julien Gracco (debout) a débuté le taekwondo au Luxembourg avant se lancer dans le MMA à Bruxelles.
Photo privée

Originaire d'Eischen mais exilé à Bruxelles pour assouvir sa passion pour le Mixed Martial Arts (MMA), Julien Gracco est à l'affiche, ce samedi, de l'European Beatdown 2, un événement qui attire des milliers de spectateurs à l'Arena de Mons. Une étape importante en vue d'un titre européen qui pourrait lui ouvrir les portes des plus grandes organisations mondiales nord-américaines.

Par Didier Hiégel

Il aurait pu embrasser une carrière d'agent immobilier à la sortie de ses études, mais Julien Gracco a choisi les voies plus tortueuses du sport de compétition. Celle du MMA en l'occurrence. Passionné de sports de combat dès l'adolescence, il pratique d'abord le taekwondo et décroche sa ceinture noire. Dès l'âge de quatorze ans, il participe au Championnats nationaux et gagne par après sa place en équipe nationale. C'est avec cette dernière qu'il découvre les conditions d'entraînement à Bruxelles où il pose ses valises et ses livres de cours.

Une fois son cursus terminé, il range ses  bouquins pour se consacrer à plein temps au sport de combat qui fait recette sur la planète. Après un an chez les amateurs, on lui propose de passer à l'échelon supérieur. Premier combat en juillet 2014 et première victoire: TKO après 28 secondes!

Julien est professionnel depuis deux ans. Surnommé «Crazy Wolf», le sociétaire du Team Shocx affiche un bilan de huit victoires pour deux défaites, dans la catégorie des 66 kilos. Deux revers dont un qui lui reste particulièrement en travers de la gorge. «C'était en Flandres, contre un Flamand... avec  des juges flamands. Une défaite injustifiée. J'ai donc fait appel à un avocat pour me rendre justice».

Julien Gracco s'est préparé durant trois mois pour être au top de sa forme à samedi à Mons.
Julien Gracco s'est préparé durant trois mois pour être au top de sa forme à samedi à Mons.
Photo privée

Cette «affaire» n'entame en rien l'ambition du Belgo-Luxembourgeois de 26 ans qui sera présent dans l'octogone de l'Arena de Mons, à l'occasion de la deuxième édition de  l'European Beatdown, une manifestation d'envergure, «une des top européennes,  qui avait attiré 6.000 spectateurs l'an dernier». 

«Cela fait maintenant trois mois que je prépare ce rendez-vous inscrit sur la carte principale de la soirée. J'ai d'abord pris de la masse musculaire et continué à travailler les disciplines que je pratique au quotidien.» Un régime de forçat à raison de six à sept heures par jour. Et le week-end, lorsqu'il est de retour  au pays, il pousse la porte du  Club Team Impact de Livange pour répéter ses gammes avec Tolly Aguilera.

«En vue du combat de ce samedi, je ne me suis pas focalisé sur un aspect en particulier car mon adversaire est bon dans tous les domaines. Certes, il a plus d'expérience que moi mais je dispose des atouts pour le battre, notamment en matière de lutte pour parvenir à une soumission.»

L'UFC ou le Bellator dans le viseur

Professionnel depuis dix ans en MMA, pro aussi en muay thaï et ceinture marron de  jiu-jitsu, Nicolas Joannes (29 ans), l'adversaire en question, affiche un bilan honorable de 17 victoires pour 12 défaites. Pas de quoi inquiéter notre représentant avant son affrontement avec le Français. Pourtant, cette confrontation ne sera pas sans enjeu pour celui à qui on a refusé de combattre pour une ceinture européenne ce week-end. «C'est un Belge qui la détient actuellement (Gaetanno Pirello), mais il a refusé de me "prendre". Je dois encore faire un combat et ensuite il n'aura plus le choix s'il conserve la ceinture, autrement ce sera son adversaire italien (Manolo Scianna).»

Une étape décisive dans sa carrière qui pourrait le propulser bien plus haut. «Ce titre européen pourrait m'ouvrir les portes des prestigieuses organisations internationales que sont l'UFC ou le Bellator.» Des compétitions autrement plus rémunératrices. De l'ordre de 3 à 4.000 euros par combat.

Jusqu'à ce jour, Julien Gracco a tiré le diable par la queue alors qu'il s'apprête à quitter la Belgique pour une salle parisienne, Lisses Sport Académie, plus propice à sa progression. «C'est le prix à payer pour vivre sa passion.» Jusqu'à ce jour, ses primes ont varié entre 500 et 1.700 euros. A raison d'un combat tous les trois mois, la récolte est bien maigre. 

«Heureusement que j'ai certains sponsors, mais je vais devoir encore démarcher pour boucler mon budget annuel», souligne-t-il. Un budget qui tourne entre 25.000 et 40.000 euros pour pouvoir s'offrir les voyages, le logement, le matériel, les stages et payer les inscriptions aux tournois de jiu-jitsu et de grappling (le droit d'entrée à la compétition est de 100 euros). «Je savais à quoi m'attendre, mais maintenant il temps de franchir un nouveau cap.» Rendez-vous à Mons ce samedi.

Le pari fou de Mourad «Buffer» Serrar

La carte préliminaire de la réunion de Mons proposera une deuxième participation luxembourgeoise puisque Mourad «Buffer» Serrar, qui réside désormais au pays, sera présent. Non pas au titre de speaker, le domaine qu'on lui connaît, ni au titre d'organisateur comme l'an dernier à Mondorf, mais il entrera dans la cage gants aux poings.

Pour son premier combat, en 80 kg, il a accepté de rencontrer le Chypriote Christos Nicolaou qui présente un sacré palmarès en muay thaï (98 combats, 81 victoires, champion du monde et d’Europe Wkn, champion du monde Kimbo). Bon courage!