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Milan-Sanremo: Alaphilippe et Sagan défient les sprinters
Sport 4 min. 22.03.2019

Milan-Sanremo: Alaphilippe et Sagan défient les sprinters

Des succès d'étape en Argentine en Colombie et sur Tirreno sans oublier les Strade Bianche, Julian Alaphilippe est un des hommes de ce début de saison.

Milan-Sanremo: Alaphilippe et Sagan défient les sprinters

Des succès d'étape en Argentine en Colombie et sur Tirreno sans oublier les Strade Bianche, Julian Alaphilippe est un des hommes de ce début de saison.
Photo: dpa
Sport 4 min. 22.03.2019

Milan-Sanremo: Alaphilippe et Sagan défient les sprinters

Une troisième participation pour Jempy Drucker

(ER/AFP) - Fantasme des sprinteurs, Milan-Sanremo, qui fait rêver sous le soleil de la Riviera les plus rapides du peloton (Viviani, Ewan, Démare, Sagan) mais aussi le puncheur français Julian Alaphilippe, ouvre ce samedi le chapitre printanier des grandes classiques.

La Cipressa et le Poggio, les deux dernières difficultés de la «classicissima», la Via Roma, la ligne d'arrivée au coeur de Sanremo après 291 kilomètres, relèvent du mythe du cyclisme. Chaque année, les mêmes interrogations reviennent sur la donne tactique, entre puncheurs contraints de passer à l'offensive et sprinteurs soucieux d'attendre les derniers instants.

Les trois dernières éditions ont donné lieu à trois scénarios différents: sprint d'un peloton (Démare en 2016), attaque à trois dans le Poggio (Kwiatkowski en 2017), échappée solitaire dans le Poggio (Nibali en 2018). Autant dire que tout se joue sur un fil, en raison de la fatigue qui brouille la lucidité après six à sept heures de course, du vent, qui décourage les attaques s'il souffle de face, de la présence ou l'absence d'équipiers dans le final.

Les cartes Deceuninck

«Dans la descente du Poggio, on ne fait jamais la différence», remarque l'Italien Elia Viviani, qui se dit «dans une forme idéale». Le champion olympique de l'omnium, vainqueur à 18 reprises l'année passée, est l'un des deux atouts maîtres de l'équipe Deceuninck, la formation qui joue les terreurs dans les classiques, avec Julian Alaphilippe, lui aussi dans une condition optimale.

«Nous sommes parfaitement complémentaires», estime à ce propos Viviani dans le journal organisateur, la Gazzetta dello Sport. «Je ne lui demanderai jamais de s'abstenir d'attaquer. Et lui m'aidera au sprint». Il reste à appliquer ce schéma idéal de tenaille sur le terrain, entre les serres des collines scintillantes de la Riviera ligure et le littoral.

La formation belge peut aussi compter sur le métier de Philippe Gilbert qui s'aligne pour la 15e fois sur cette classique avec comme meilleur résultat une 3e place en 2008 et en 2011. «Mon objectif, comme chaque saison depuis plus de dix ans, est de remporter une grande classique. Et j'en ai gagné une pratiquement tous les ans, parfois même deux ou plus», raconte le champion du monde 2012 qui ambitionne toujours de décrocher les deux derniers monuments (Milan-Sanremo et Paris-Roubaix) qui manquent à son palmarès.

La liberté de Sagan

«C'est une course très linéaire dans laquelle il est important de garder le maximum d'énergie et ce n'est pas évident», relève Arnaud Démare qui donne sa recette: «Il faut être dans sa bulle tout en étant détendu. Ne pas être crispé mais relâché. Ne pas faire d'effort inutile, ne pas donner un coup de patin. Le côté psychologique est aussi important que le physique.»

Le Français avait maîtrisé les paramètres voici trois ans. Mais, en cas de sprint, les candidats abondent. De l'Australien Caleb Ewan, le plus rapide du peloton l'an passé derrière Nibali, au Colombien Fernando Gaviria, inspiré par la classique italienne, du Norvégien Alexander Kristoff, vainqueur en 2014, au champion d'Europe en titre, l'Italien Matteo Trentin. Et, bien sûr, l'inévitable Peter Sagan.

«Je ne suis pas à 100 %», affirme le Slovaque, qui dit être en retard de condition à cause de problèmes intestinaux avant Tirreno-Adriatico. Paradoxalement, le handicap est réversible, pour se transformer en atout. Souvent objet d'un marquage serré, l'ex-champion du monde pourrait trouver cette fois davantage de liberté dans une course qui, jusqu'à présent, s'est toujours refusée à lui (2e en 2013 et 2017 et 4e en 2012 et 2015).

Si le Tchèque marque des signes d'essoufflement, la formation Bora pourra toujours miser sur son sprinter irlandais Sam Bennett, double vainqueur cette année sur Paris-Nice. Pour mener à bien sa mission, l'équipe allemande aligne des éléments expérimentés et rompus aux exigences des classiques: Daniel Oss, Oscar Gatto, Marcus Burghard et Jempy Drucker qui s'aligne pour la troisième fois sur la Primavera (56e en 2018, 140e en 2016). 

Sagan a le choix d'attendre le sprint, de préférence en petit comité, ou d'anticiper. Pour Alaphilippe, tout comme pour le Polonais Michal Kwiatkowski ou le champion du monde espagnol Alejandro Valverde, qui reprend la compétition samedi, il faut provoquer une sélection avant d'entrer dans la cité des fleurs. Et déjouer le marquage prévisible tant le puncheur français a impressionné lors de Tirreno-Adriatico (2 victoires d'étape).

Le parcours: 291 kilomètres. Départ à 9h45 (départ réel à 10h10), arrivée prévue vers 17h.

Passage au Turchino (532 m d'altitude) avant la mi-course (Km 142). Ensuite, Capo Mele (km 239 - 67 m), Capo Cervo (km 244 - 61 m), Capo Berta (km 252 - 130 m), Cipressa (km 269,5 - 239 m) et Poggio (km 285,6 - 160 m).


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