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Mike Majerus (Berchem): «Triste... et heureux d'arrêter»
Mike Majerus est affilié à Berchem depuis 20 ans.

Mike Majerus (Berchem): «Triste... et heureux d'arrêter»

(Photo: Fernand Konnen)
Mike Majerus est affilié à Berchem depuis 20 ans.
Sport 5 min. 10.05.2012

Mike Majerus (Berchem): «Triste... et heureux d'arrêter»

A 36 ans, Mike Majerus, l'emblématique gardien de Berchem et ancienne figure de proue de l'équipe nationale, dispute son dernier match au hall de Roeser vendredi face aux Red Boys. La der des ders est programmée dans huit jours à Bascharage. Il revient sur 20 années consacrées au handball.
  •   Mike, une page est en passe de se tourner...

«Oui. J'éprouverai un pincement au cœur vendredi et le sentiment sera encore différent pour ma dernière rencontre le 18 mai. Il me tarde à passer à autre chose et consacrer, enfin, du temps à ma famille. J'ai toujours envie du hand mais m'entraîner quatre fois par semaine sans compter le match du week-end, c'est trop.»

  •  Quel est le sentiment qui prédomine?

«Je suis, à la fois, triste et heureux de mettre un terme à ma carrière. Cette saison, déjà, j'étais en mode mineur. Le groupe était au courant de la situation et ne m'en tient pas rigueur. N'empêche ce n'est bon pour personne. Mes prestations en pâtissent.»

  •  Envisagez-vous de devenir entraîneur?

«Berchem et la Fédération m'ont proposé de m'occuper des gardiens. Si j'acceptais – à raison d'une fois voire deux par semaine -, il s'agirait de conseiller des jeunes, pas des seniors. Rien n'est décidé.»

  •  Votre frère jumeau Tom risque de se sentir bien seul dans le vestiaire...

«Je ne sais pas. Je ne crois pas. On se voit en dehors du hand. Il a rempilé pour une saison et verra en mai 2013.»

  •  Pourquoi avoir choisi le poste de gardien: faut-il être un peu fou?

«J'étais venu au hall pour taper quelques ballons. Il n'y avait pas de gardien attitré: j'ai pris place au but et voilà. Etre gardien et recevoir un tir en pleine tête ou sur une partie délicate du corps n'est pas pire qu'être joueur car les contacts sont rudes. Le hand fait mal!»

  •  Berchem un jour, Berchem toujours...

«J'y suis affilié sans interruption depuis vingt ans. Il y a bien eu deux ou trois clubs au pays qui m'ont contacté mais je n'avais strictement aucune raison de les rejoindre. L'entente est familiale à Berchem. Je m'entends avec les dirigeants - dont le manager Luc Sinner - et ce club joue le titre chaque saison.»

  •  L'étranger ne vous attirait-il pas?

«Je n'ai jamais été contacté! S'y produire est difficile pour un Luxembourgeois. Il y a deux possibilités. Primo: y aller en combinant avec les études. Secundo: recevoir une bonne proposition financière pour franchir le pas. Vivre uniquement du hand n'est pas chose facile.»

  • Nourrissez-vous des regrets?

«Certaines finales perdues me restent en travers de la gorge. Avec l'équipe nationale, nous n'avons jamais passé le stade des qualifications. Ne pas avoir eu l'honneur d'affronter des pays comme l'Allemagne, l'Espagne ou le Danemark constitue un regret.»

  •  Votre meilleur coéquipier?

«J'ai côtoyé tellement de "bons" que je préfère m'abstenir de citer un nom...»

  •  Le pire adversaire?

 «Les Experts français ne sont plus à présenter. Avec Berchem, nous avions affronté les Allemands de TUSEM Essen. L'Islandais Valur Sigurdsson - transféré à Kiel en 2012-2013 – avait réussi un 7/7 ou un 8/8. Je m'en souviens encore...»

  •  La saison 2011-2012 (probable 5e place) contraste avec la précédente et le titre de champion...

«Le groupe n'a pas travaillé comme il devait le faire en préparation. Nos prestations sont correctes depuis janvier, février. Des détails font la différence en notre défaveur en play-offs. Il faut se servir du championnat en cours pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Une remise en question s'impose. Des joueurs partiront, d'autres arriveront.»

  •  L'entraîneur Jean-Marc Toupance est-il sur la sellette?

«Berchem a remporté des titres trois années de suite avec Jean-Marc. Cette saison est infructueuse, OK. On ne trouve un entraîneur de cette envergure au coin de la rue. Il reste deux matches (Red Boys et Bascharage). L'objectif est de les remporter pour terminer sur une bonne note.»

  •  Votre successeur est-il prêt?

«Steve Moreira (23 ans) et Tom Raach (17 ans) ont du talent à revendre. Le comité envisage-t-il de transférer un gardien expérimenté pour aider les jeunes? Je ne sais pas. Voilà qui coûte de l'argent.»

  •  Comment jugez-vous l'évolution du handball depuis vos débuts?

«Les résultats étaient déjà bons il y a dix ou quinze ans. Il y a davantage de régularité dans les prestations et les individualités sont plus nombreuses. La Fédération soutient les clubs, investit dans la formation des entraîneurs et, désormais, effectue un travail remarquable avec les jeunes. Tous les ingrédients sont réunis pour continuer à aller de l'avant. L'exemple à suivre est celui de Yannick Bardina (17 ans): il a rejoint un centre de formation (TV Grosswallstadt) pour progresser. La mise en place de la Benelux Liga est également un bon moyen pour aller de l'avant.»

  •  Qui sera champion 2011-2012?

«Dudelange me donnait l'impression d'être plus fort, plus régulier il y a encore une semaine. Le nul à Bascharage, la blessure de Kamel Ameddah et la démission de Pascal Schuster changent la donne. J'accorde un léger avantage à Esch qui joue la finale (Esch - HBD) à domicile...»

Propos recueillis par Vincent Lommel