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Mathias Jänisch: «Surtout ne pas tout remettre en question»
Sport 5 min. 16.11.2018 Cet article est archivé

Mathias Jänisch: «Surtout ne pas tout remettre en question»

Mathias Jänisch dégage énergiquement un ballon devant son coéquipier Chris Philipps.

Mathias Jänisch: «Surtout ne pas tout remettre en question»

Mathias Jänisch dégage énergiquement un ballon devant son coéquipier Chris Philipps.
Photo: Ben Majerus
Sport 5 min. 16.11.2018 Cet article est archivé

Mathias Jänisch: «Surtout ne pas tout remettre en question»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Mathias Jänisch a livré un match compliqué face à la Biélorussie (0-2). A force de revenir sans cesse là où on ne l'attendait plus forcément, le latéral gauche est devenu au fil de la dernière décennie un pilier de la sélection. Décryptage.

Parvenu à hauteur de Gilles Bettmer et Jean-Paul Girres au 18e rang de la hiérarchie historique des internationaux luxembourgeois, Mathias Jänisch (28 ans, 58 sélections) ne gardera pas un souvenir mémorable de sa 58e sélection chez les Roud Léiwen, jeudi soir contre la Biélorussie (0-2) en Ligue des Nations.

«C'était un match très dur», opine le Differdangeois. «Nous ne sommes pas vraiment entrés dans le match et avons perdu énormément de duels en première période. On n'a pas su garder le ballon dans nos rangs, nous étions trop lents en phase de transition offensive. Mais en face, c'était costaud, et les vagues se succédaient les unes aux autres sur notre défense. C'était juste une question de temps avant qu'ils n'ouvrent la marque.»

Un premier but signé par le redoutable, et surtout, très concret, Stanislav Dragun à la 37e minute, consécutivement à une touche jouée par les Biélorusses sur... le flanc gauche luxembourgeois, celui de Jänisch. «Je ne peux malheureusement pas intervenir sur cette phase. Il y a eu une touche en faveur des Biélorusses, suivie d'une passe en talonnade du n°11 (Saroka, ndlr) qui file entre les jambes de Kiki (Martins), puis Dragun frappe en un temps au but. Tout est allé très vite. Evidemment, il y a eu des fautes de placement sur cette phase, et un déficit d'agressivité également».

Positionné haut sur son flanc gauche, «Matze» avoue pourtant: «On avait notre plan de jeu bien établi, mais on n'a pas pu le mettre en place car ils remportaient presque tous les duels». Après un premier débordement dans le couloir gauche dès la deuxième minute suivi d'un centre sur la tête de Turpel, Jänisch s'est plutôt montré discret offensivement en première période, au sein d'un onze grand-ducal, il est vrai, largement étouffé par l'adversaire.

«Si on fait 1-1 ou 1-2, ils auraient commencé à trembler»

Le circuit de jeu préférentiel du Differdangeois passait le plus souvent par son voisin du côté gauche de l'axe défensif, Chris Philipps (13 échanges de balle), pour ensuite transmettre le cuir soit à destination d'Olivier Thill (7 fois), d'Aurélien Joachim (7 fois), de Danel Sinani (5), voire en retour vers le joueur du Legia Varsovie pour une passe de temporisation. Jänisch a moins joué avec ses partenaires du milieu de terrain défensif, Gerson (4 fois) et Martins (3 fois). Bref, l'arrière gauche a joué avec tous ses partenaires, Moris (3 fois) et les entrants Bensi et Da Mota y compris, à l'exception du seul Maxime Chanot, pour un total de douze passes offensives, dix de temporisation et six en retrait.

En deuxième période, dans une équipe plus entreprenante, le gaucher de la Cité du Fer a davantage plongé dans le camp adverse, affichant davantage de densité offensive, avec notamment un corner forcé à la 66e minute et un bon centre au second poteau deux minutes plus tard, le tout entrecoupé de l'entrée de Dan Da Mota à la place de Dave Turpel devant lui (67e). Hélas, le second but biélorusse tombe tôt. Dès la 54e minute, œuvre à nouveau de Dragun et suite à un coup franc concédé par... Jänisch pour une faute sur Shitov, qui lui a d'ailleurs valu le carton jaune de la part de M. Gözübüyük.

Mathias Jänisch en mode tacleur sur la personne d'Aleksandr Hleb.
Mathias Jänisch en mode tacleur sur la personne d'Aleksandr Hleb.
Photo: Yann Hellers

«Je dirais que si on parvient à égaliser à 1-1, voire à revenir à 1-2, ils auraient peut-être commencer à trembler», explique Jänisch.  «Mais on n'a pas marqué... Donc oui, il y a une impression d'impuissance. Peut-être ont-ils étalé aussi plus de ficelles, plus de métier en fin de match. Mais nous avions nous aussi ces petits trucs dans d'autres matches, cette expérience. C'est dur , car comme on a perdu, on a tendance à tout remettre en question. Or, il ne le faut surtout pas, car ce n'était pas si mauvais que cela. Cette défaite ne constitue de toute façon pas ma plus cruelle déception en 58 sélections. Il faut relever la tête et continuer à bosser.»

Près de dix ans de présence en sélection

Lors du match aller en octobre, à Minsk, le flanc gauche luxembourgeois, représenté alors par Dirk Carlson, avait été mis en grandes difficultés par le duo Polyakov - Nekhaychik. On ne retrouvait jeudi soir au Josy Barthel... aucun de ces trois protagonistes, puisque Mathias Jänisch avait affaire au vif Pavel Savitski, souvent épaulé par l'arrière-droit, Igor Shitov. Pas vraiment une sinécure. «Ce dédoublement entre Savitski (remplacé à la 72e minute par Balanovich, ndlr) et Shitov a de temps en temps causé des problèmes. Mais, je pense qu'au fil du match, on a pu les maîtriser tous les deux. Mais le résultat est là, 0-2, et ça n'a donc pas suffi», regrette l'ancien de Grevenmacher.

Dans cette première Ligue des Nations finissante, le parcours de Mathias Jänisch, qui a joué intégralement les deux dernières rencontres contre Saint-Marin et la Biélorussie, après avoir aussi disputé une vingtaine de minutes à Saint-Marin en octobre, épouse curieusement la courbe d'un novice amené à bousculer la préséance d'un titulaire indiscutable placé sur le trône en début de campagne. Or, c'est bien le routinier Jänisch, 28 ans, 58 sélections, près de dix ans de présence chez les Roud Léiwen, qui a supplanté Dirk Carlson, 20 ans, 12 sélections!

Parfois évincé, toujours revenu, relégué au rang de second couteau, repêché en dépannage, rarement génial, toujours au service de l'équipe et du maillot frappé du Lion Rouge, Jänisch est un fidèle de la sélection depuis ses débuts le 28 mars 2009 contre la Lettonie. Quarante et une fois titulaire, douze fois sorti avant la fin, dix-sept fois entré en jeu, un but inscrit (contre l'Irlande du Nord (3-2) en 2013: le parcours international de celui qui n'a jamais évolué qu'en BGL Ligue force le respect. Alors, après le mauvais match de Carlson en octobre à Minsk, «Matze» est-il reparti à 28 ans pour un nouveau (long) bail au poste d'arrière-gauche de la sélection?

«Je veux toujours être titulaire, bien sûr. J'essaie toujours de donner le maximum de moi-même en sélection. Après, c'est à l'entraîneur de prendre les décisions...»

Suite au prochain épisode, dès ce dimanche (18h) à Chisinau, en Moldavie, histoire de clore sur une note positive ce premier chapitre de la Ligue des Nations.



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