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Luc Holtz: «Focalisons-nous sur nos qualités et notre force collective»
Lors des deux prochains rendez-vous, Luc Holtz, ici au milieu de ses adjoints Emmanuel Leblond et Claude Origer, fera confiance aux joueurs les plus frais  physiquement et surtout mentalement.

Luc Holtz: «Focalisons-nous sur nos qualités et notre force collective»

Photo: Ben Majerus
Lors des deux prochains rendez-vous, Luc Holtz, ici au milieu de ses adjoints Emmanuel Leblond et Claude Origer, fera confiance aux joueurs les plus frais physiquement et surtout mentalement.
Sport 9 min. 10.11.2018

Luc Holtz: «Focalisons-nous sur nos qualités et notre force collective»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Le sélectionneur national se livre avant les deux prochains rendez-vous de la Ligue des Nations contre la Biélorussie et en Moldavie.

Depuis fort longtemps, le Championnat d'Europe 1964 pour être précis et l'élimination en quart de finale par le Danemark, l'équipe nationale va disputer une rencontre qui, en cas de succès, va lui permettre de poursuivre l'aventure sur la scène continentale dans une compétition qui offre à l'équipe victorieuse de la Ligue D un billet pour l'Euro 2020. On ne ressent pourtant pas un engouement extraordinaire avant cette «finale» contre la Biélorussie...

Tout ce que je peux dire jusqu'à ce jour, c'est que tous les matches que nous avons disputés ont tous été importants même si certains, contre la France notamment, ont eu un aspect psychologique de plus grande envergure. Tout comme les rencontres contre la Suède, la Hongrie, la Bulgarie ou encore le Sénégal. Je connais parfaitement les ambitions des joueurs et du staff. L'aspect mental est la grande différence entre aujourd'hui et les années antérieures. Aujourd'hui, lorsque nous abordons un match, c'est pour le gagner.

Il suffit de jeter un regard sur notre année 2018: à ce jour nous comptons cinq succès et un match nul. J'espère que tout le monde partage nos ambitions. Je peux vous affirmer que tous les joueurs sont focalisés sur le match de jeudi, mais aussi sur celui de dimanche. Il y a juste quelque chose qui me chagrine dans ce contexte: le décalage du match Dudelange – Etzella (qui sera joué dimanche) qui n'a pas été jugé utile. Avec la bonne volonté de tous, nous aurions pu régler ce problème. La Biélorussie a pu l'organiser chez elle avec le BATE Borisov... pas nous.

«Nous avons absolument besoin de notre douzième homme»

Pour s'imposer, la sélection aura aussi besoin de l'appui du public. Avez-vous envie de lancer un appel aux supporters?

Bien entendu. Et j'en profite pour déjà remercier les spectateurs qui sont venus nous encourager contre la Moldavie et Saint-Marin. A ces occasions, j'ai eu le feeling qu'il y avait un fervent support. Je crois aussi que l'équipe a fait en sorte de leur rendre la pareille par des prestations assez convaincantes. Pour ce qui est du match de jeudi, nous avons absolument besoin de notre douzième homme. Ce sera décisif car notre groupe est jeune, il joue avec son cœur, et dans les temps faibles le soutien du public peut être déterminant.

Votre groupe est jeune, focalisé sur ses résultats, est-ce pour cela qu'il paraît parfois trop refermé sur lui-même?

C'est peut-être aussi dû à une certaine forme de timidité. Certains sont plus ouverts, plus bavards que d'autres. Mais aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, je sais que certains hésitent à communiquer parce que chaque mot peut être analysé d'une façon ou d'une autre, peut être mal interprété ou même interprété de façon négative. J'ai un autre ressenti de l'intérieur. J'ai rarement vu un groupe aussi équilibré, au niveau de l'âge, au niveau des caractères, au niveau des qualités. De plus, ce groupe s'est montré très, très uni lors de ces derniers mois. Cette unité est une force. Si je prends Mario Mutsch lors de ce type de stage, c'est aussi pour son caractère, pour sa capacité à aider et à encourager les jeunes.

A l'inverse, c'est pour certains manques dans la vie de groupe que vous n'avez pas retenu Gerson Rodrigues?

Il y a deux choses. D'abord ses performances en match: au niveau efficacité son compteur est à zéro, au niveau des buts marqués mais aussi des passes décisives. Ensuite dans la préparation des matches et j'ai voulu lui faire passer le message que son investissement n'était pas assez satisfaisant. Comme l'a dit un coach, et j'en suis convaincu: la force collective doit être supérieure à l'envie individuelle. Le collectif doit toujours être au-dessus de tout. A lui de comprendre les différents messages que je lui ai envoyés ces derniers mois. Je n'ai pas vu d'amélioration, c'est pourquoi il n'est pas présent avec nous. Il a des qualités, techniques, athlétiques, de vitesse supérieure à certains, mais il doit progresser sur la réceptivité.

«La pression nous rend plus forts»

En septembre, tous les feux étaient au vert. Alors que se profile le match décisif, le contexte général s'est dégradé avec des joueurs-cadres qui sont moins bien, très sollicités physiquement ou moralement pas au mieux, à l'image de Chris Philipps ou Laurent Jans par exemple. Comment analysez-vous la situation?

Pour ce qui est des signes de fatigue, je ne veux pas accepter ça. Sauf peut-être pour Dave Turpel et Danel Sinani s'ils sont appelés à jouer l'intégralité des rencontres avant de nous rejoindre. Pour eux, le temps de récupération et la manière de le faire seront importants. Mais n'oublions pas le côté psychologique. Les prochaines échéances sont très excitantes et la fatigue corporelle pourrait être effacée par ce facteur. Pour ce qui est des cadres comme Chris ou Laurent, je les trouve très bien. Je sais que pour le premier il s'entraîne avec intensité et que pour le second il sait ce que j'attends de lui. Je fais en sorte qu'il joue sur les qualités qu'on lui connaît.

Par ailleurs, Oli Thill est un élément important de sa formation russe (le FC Oufa), son frère Vincent joue régulièrement et répète les bonnes performances avec Pau, Maxime Chanot est en MLS et Lars Gerson lutte pour le titre en Suède. Mais c'est un fait aussi que nous avons davantage de possibilités de remplacer deux ou trois joueurs qu'auparavant.

Ce match contre la Biélorussie génère beaucoup de pression. Allez-vous avoir recours à des psychologues et si oui via des séances individuelles ou de groupe?

Je voudrais d'abord revenir à la pression. La pression du résultat est toujours là, quel que soit l'adversaire parce qu'il y a toujours une attente. Moi, ça me va bien. J'ai le sentiment que la pression nous rend plus forts. Je n'ai donc pas de soucis, mais, concernant la préparation mentale du match, je conçois moins de faire des entretiens individuels. C'est quelque chose que j'ai déjà réalisé et c'est ainsi que j'ai adapté ma communication selon le joueur qui est en face de moi. Faire une petite séance pour faire passer des messages me semble plus opportun.

Quelle est la teneur de votre message?

Le message que je fais passer à mon groupe est que nous avons une chance unique d'être là. Le grand favori du groupe est la Biélorussie, mais nous avons une chance unique d'être devant elle au classement avant ce rendez-vous. Nous devons psychologiquement aborder les matches de la même façon. Notre gros avantage est qu'en cas de match nul, nous resterons premiers du groupe mais nous avons la volonté de prendre les trois points. Si c'est le cas, l'affaire sera entendue. Il n'y a pas de pression de devoir gagner à tout prix. Focalisons-nous sur nos qualités, sur notre sérieux et notre force collective. 

«Avec la volonté de prendre un maximum de points»

Vous vous êtes inclinés de peu en Biélorussie (0-1) suite à une erreur d'Anthony Moris. Est-il toujours votre numéro 1?

Sur un but, il y a toujours un individu plus impliqué qu'un autre, mais il y a une suite d'erreurs d'un, deux, trois ou plus encore de joueurs. Le pourcentage global de l'erreur est partagé. Sur le but encaissé à Minsk, Dave (Turpel) et Dirk (Carlson) n'y sont pas sur la touche qui précède le centre qui amène le but. Avant la touche, il y a aussi une faute de placement. C'est un enchaînement. Anthony est impliqué mais on en a discuté et on regarde vers l'avant. Anthony reste mon gardien numéro 1. Mais, lors de la préparation, si je vois qu'il est tellement affecté par ce but et les discussions qui ont suivi, alors il se peut que je me ravise.

A Minsk, on a observé une équipe luxembourgeoise plus désireuse de répondre au défi physique que de déployer le fond de jeu et les qualités techniques qui la caractérise davantage. Quelles seront vos options pour ce match retour?

Nous étions bien au niveau du fond de jeu. Concernant la précision, l'utilisation du ballon sur les trente derniers mètres nous n'avons pas été bons. Nous avons péché par précipitation, nous nous sommes trompés dans le choix du dernier geste. La finition n'était pas au rendez-vous, mais dans l'utilisation du ballon, dans la construction, je peux me montrer satisfait. L'intensité des duels a été très haute, comme d'habitude lorsque l'on joue là-bas, et, statistiques à l'appui, nous n'avons jamais été aussi bons. Il faudra rééditer cette performance athlétique tout en conservant notre qualité technique. Là-bas, en première mi-temps, il y avait trop de précipitation lors des transitions offensives. Il nous faudra être plus calmes, posséder plus de maîtrise et être plus précis et moins stressés en zone de finition.

En cas de succès contre la Biélorussie, la qualification pour les demi-finales, disputées en 2020, sera assurée. Dès lors, comment allez-vous aborder le dernier match en Moldavie et les éliminatoires de l'Euro jouées en 2019?

Qu'importe le résultat contre la Biélorussie, le match en Moldavie sera très important. Il faudra s'y rendre pour prendre les trois points. Si l'UEFA garde les même dispositions, les deux meilleures nations auront le droit de jouer les demi-finales à domicile. Au pire, en cas de défaite, il faudra prendre les trois points et espérer que les Biélorusses soient piégés à Saint-Marin. On ne sait jamais dans le foot, tout peut arriver. Même en cas de demi-finale en 2020, on abordera les qualifications de l'Euro avec la volonté de prendre un maximum de points. Chaque match sera important de par le résultat mais aussi pour gagner en expérience et continuer à progresser. On verra le tirage et on se fixera des objectifs. Le groupe aura mûri et des joueurs comme Ryan Johansson, Dany Mota ou Vahid Selimovic nous aurons peut-être rejoints.

Le point de la Ligue D - Groupe 2

Déjà joués

8 septembre

Biélorussie - Saint-Marin 5-0

Luxembourg - Moldavie 4-0

11 septembre

Moldavie - Biélorussie 0-0

Saint-Marin - Luxembourg 0-3

12 octobre

Biélorussie - Luxembourg 1-0

Moldavie - Saint-Marin 2-0

15 octobre

Biélorussie - Moldavie 0-0

Luxembourg - Saint-Marin 3-0

A venir

Jeudi 15 novembre à 20h45

Luxembourg - Biélorussie

Saint-Marin - Moldavie

Dimanche 18 novembre à 18h

Saint-Marin - Biélorussie

Moldavie - Luxembourg

Le classement: 1. Luxembourg 9 points (+9); 2. Biélorussie 8 (+6); 3. Moldavie 5 (-2); 4. Saint-Marin 0 (-13).


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