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Ligue Europa: les souvenirs de campagne de Clément Couturier
Sport 7 min. 28.11.2018

Ligue Europa: les souvenirs de campagne de Clément Couturier

Clément Couturier va retrouver Ignazio Abate et les Milanais ce jeudi à San Siro.

Ligue Europa: les souvenirs de campagne de Clément Couturier

Clément Couturier va retrouver Ignazio Abate et les Milanais ce jeudi à San Siro.
Photo: Ben Majerus
Sport 7 min. 28.11.2018

Ligue Europa: les souvenirs de campagne de Clément Couturier

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Avant AC Milan - F91 Dudelange jeudi à 18h55

Dudelange va disputer jeudi à San Siro son dernier match européen à l'extérieur de la saison. Une belle occasion pour Clément Couturier d'égrainer ses souvenirs de campagne.

«La musique de la Ligue des champions m'a mis le poil»

MOL Vidi FC (2-1, 17 juillet). - «C'est en Hongrie que je marque mon premier but pour Dudelange. Je n'avais pas trouvé l'ouverture lors des matches de préparation. C'est dingue quand même, pour ma première réalisation pour mon nouveau club, je marque en Ligue des champions! Incroyable pour un joueur comme moi. Et comme c'était juste après la finale de la Coupe du monde, j'ai fait une célébration à la Griezmann, une danse style Fortnite, pour montrer au public que je suis Français.

Même si ce n'était qu'un tour qualificatif, c'était une très belle expérience. Avant mon but, ce que je retiens surtout, c'est la musique. La musique de la Ligue des champions m'a mis le poil. J'avais l'habitude de suivre la Champions à la télé et là, j'étais sur la pelouse. En entrant dans le stade, avec cette musique, j'avais des petites étoiles plein les yeux.

Côté match, on a eu du mal au début. Ils avaient le monopole du ballon et quelques occasions dangereuses. Au bout d'un quart d'heure, on change de dispositif. Du centre du terrain, je suis passé à gauche. Avec un peu de mal au début, puis je marque. C'est le début de mon aventure sur le flanc gauche, une première pour moi, et c'est encore d'actualité. On a senti tout de suite la différence de niveau, d'intensité, par rapport à ce que j'avais connu. Notamment ce joueur qui n'en donnait pas l'impression mais qui allait très vite (Danko Lazovic).

C'était aussi un avant-goût de ce qui allait nous attendre par la suite. Même si l'ambiance n'était pas extraordinaire parce qu'ils ne jouaient pas dans leur stade habituel, le leur étant en travaux, l'infrastructure était magnifique.

Pour ce qui est de l'avant-match, lorsque je pars en déplacement, je suis toujours bien organisé. Les crampons, les protège-tibias, ce sont des choses que forcément je ne peux pas oublier. Je suis du style prévoyant, quitte à prendre un gros sac, ou même deux. Je prends vraiment tout.»

«J'ai eu la carte bleue du club»

Drita (1-1, 2 août). - «Un déplacement de fou! On est parti de Bruxelles pour atterrir en Slovénie d'où nous sommes repartis pour la Macédoine. Ensuite, nous avons fait le trajet en bus pour arriver au Kosovo. Entre deux et trois heures de trajet. Passage de la frontière sous haute surveillance. Un flic monte dans le bus pour tout contrôler. Arrivés au Kosovo, on a vu que c'est un pays complètement en reconstruction. On a senti la précarité, des conditions de vie pas évidentes.

Pour ce qui est du match, nous avons eu beaucoup de mal lors de la première mi-temps. Nous avons été bien meilleurs en seconde période pour finalement ramener la qualification.

Le geste est parfait, le ballon va finir sa course au fond des filets et le F91 va mener 1-0 sur la pelouse du Legia Varsovie à la 24e minute.
Le geste est parfait, le ballon va finir sa course au fond des filets et le F91 va mener 1-0 sur la pelouse du Legia Varsovie à la 24e minute.
Photo: Michał Wielgus

«Ce but restera gravé dans ma mémoire toute ma vie»

Legia Varosvie (1-2, 9 août). - «Avant le départ, nous avions regardé des vidéos sur Youtube. Effectivement, il y avait une super ambiance dans le stade. Les supporters du Legia sont connus. Nous savions donc à quoi nous attendre et nous n'avons pas été déçus. Nous avons vraiment fait un très très bon match collectivement. Quant à moi, je me suis un peu surpris. J'ai été bon et je marque ce but qui restera gravé dans ma mémoire toute ma vie. J'ai mis un beau but qui m'a fait du bien et qui a lancé l'équipe. Dominik (Stolz) élimine un joueur sur le côté et évite la sortie de but. Son centre est contré, je suis à peu près au niveau du point de penalty et, moi qui n'ai pas l'habitude de faire des reprises comme ça, je me retrouve à la bonne place au bon moment. Le ballon termine sa course au fond des filets, super!

Sur le coup, je n'ai pas réfléchi, je me suis lancé. Une fois le ballon au fond, je me dis: "Voilà, il faut que tu le célèbres". J'ai aussi pensé à toutes les galères que j'ai eues en France, en National ou dans les échelons plus bas. Ce but est une belle récompense du travail effectué depuis quelques années.»

«Peut-être la rencontre la plus importante»

CFR Cluj (2-3, 30 août). - «C'est peut-être la rencontre la plus importante de notre parcours parce qu'elle nous  ouvre les portes de la phase de poules. Après notre victoire à l'aller (2-0), nous nous savions très attendus. J'étais placé dans un milieu à deux avec Stelvio (Cruz). La première mi-temps avait été compliquée, mais avec l'état d'esprit que nous avions, il ne pouvait rien nous arriver de fâcheux. Nous étions très soudés, avec une énorme envie de ne pas passer à côté de cette qualification historique pour le Luxembourg, pour le club, pour nous les joueurs. Nous avons senti un bel engouement, senti que quelque chose se passait dans l'équipe.

Au match aller, Jonathan Joubert avait été blessé et c'est Joe Frising qui le remplaçait. Avant cette rencontre, nous avions appris par la presse que le club avait recruté un nouveau gardien en la personne de Landry Bonnefoi. On en avait rigolé mais nous avions vachement confiance en Joe. Et il a sorti un gros match. Le nouveau gardien était arrivé en jet privé avec le boss. Cela ne nous avait pas dérangés et encore moins Joe qui était bien resté dans son match.»

Deux passes décisives et une activité inlassable pour Clément Couturier à Cluj.
Deux passes décisives et une activité inlassable pour Clément Couturier à Cluj.
Photo: Nikola Novakovic

«Pas dans le même monde que le Betis»

Betis Séville (3-0, 4 octobre). - «Nous savions que c'était l'équipe la plus redoutable du groupe même si c'est peut-être celle que l'on connaît le moins. Nous avons vu ce qu'est une équipe de possession. Difficile de rivaliser avec elle. En première mi-temps, nous avons subi sans être trop inquiétés, en deuxième, ce fut très compliqué. Le Betis a passé la seconde et a accéléré. Nous avons été dépassés sur la fin mais nous nous y attendions. Nous ne jouons pas dans le même monde. Je sais désormais que c'est le club le plus populaire, il a plus de supporters que le FC Séville. Nous l'avons vu dans le stade, une enceinte de trois étages où les spectateurs sont aussi très proches de la pelouse. C'est assez impressionnant.

Je ne connaissais pas la ville, et je ne la connais pas plus maintenant faute d'avoir pu m'y balader. Habituellement, nous avons un repas vers 13h et jusqu'à la causerie de 17h je reste dans ma bulle. Avec mon collègue de chambre (Aniss El Hriti), on est soit à la sieste, soit dans la chambre pour se reposer alors que d'autres préfèrent jouer aux cartes ou faire d'autres activités en groupe. Moi, j'essaye de me reposer au maximum pour être à 100% le soir.  J'essaye d'être attentif à tout, bien écouter les consignes, ne pas trop manger.

Côté météo, nous étions partis en doudoune, une fois là-bas il fallait presque mettre le short.»

«Une valise mais quelle ambiance!»

Olympiakos  (5-1, 8 novembre). - «Même si nous avons pris une valise, au niveau de l'ambiance ça reste mon meilleur souvenir. Le stade de l'Olympiakos n'est pas si grand que ça (stade G. Karaiskakis, 32.115 sièges couverts), mais lorsqu'on va à l'échauffement et que le kop, presque au complet, commence à chanter, ça fait quelque chose. On sent que ces supporters sont un véritable plus pour cette équipe, qu'ils peuvent les pousser au bout d'eux-mêmes. Toute cette ferveur des supporters nous a sans doute un peu perturbés.

Juste avant d'entrer sur le terrain, il y a ce couloir avec les peintures des grands joueurs qui ont porté le maillot du club, les Karembeu, Rivaldo, Yaya Touré.... c'est vraiment très joli, j'ai d'ailleurs pris quelques photos. Contrairement à certains de mes partenaires, je n'ai pas visité l'Acropole et je le regrette aujourd'hui. Mais je m'étais levé à 4h du matin, et j'étais vraiment très fatigué. J'espère que ce sera pour une prochaine fois.»

Et maintenant San Siro!

«Pour moi, c'est un stade mythique, même si je ne regarde pas particulièrement le championnat italien. Mon souvenir du Milan, c'est Ronaldinho, Thiago Silva ou encore Ibrahimovic. Ce sera notre dernier match à l'extérieur. J'ai hâte d'y être, mais ça va nous faire un sacré grand écart de passer de Rosport à San Siro...»


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