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Les Champs pour Kristoff, la couronne pour Thomas
Sport 4 min. 29.07.2018 Cet article est archivé

Les Champs pour Kristoff, la couronne pour Thomas

Thomas entouré de Dumoulin et Froome. Un vrai podium de rouleurs-grimpeurs.

Les Champs pour Kristoff, la couronne pour Thomas

Thomas entouré de Dumoulin et Froome. Un vrai podium de rouleurs-grimpeurs.
Photo: AFP
Sport 4 min. 29.07.2018 Cet article est archivé

Les Champs pour Kristoff, la couronne pour Thomas

Alexander Kristoff (UAE) s'est imposé au sprint sur les Champs-Elysées ce dimanche lors de la dernière étape d'un Tour de France remporté par le Gallois Geraint Thomas (Sky). Le Norvégien a devancé John Degenkolb (Trek) et Arnaud Démare (FDJ).

Un Britannique de l'équipe Sky vainqueur du Tour de France: Geraint Thomas a remplacé Chris Froome sur la plus haute marche du podium des Champs-Elysées, dimanche, au terme de la 105e édition qualifiée de «rude» par son directeur Christian Prudhomme.

Après le déboulé victorieux du Norvégien Alexander Kristoff (Emirats) dans la 21e étape, le scénario habituel s'est reproduit au bout du parcours de 3351 kilomètres. Pour la sixième fois depuis 2012, l'équipe la plus puissante du peloton a inscrit l'un des siens au palmarès de la plus grande course cycliste du monde: Bradley Wiggins (2012), Chris Froome à quatre reprises entre 2013 et 2016, et enfin Geraint Thomas, un Gallois de 32 ans jusqu'alors cantonné à un rôle de lieutenant.

Alexander Kristoff rugit enfin et prive John Degenkolb d'une seconde victoire d'étape dans ce Tour.
Alexander Kristoff rugit enfin et prive John Degenkolb d'une seconde victoire d'étape dans ce Tour.
Photo: AFP

La formation britannique a imposé sa puissance collective malgré la réduction nouvelle de 9 à 8 coureurs par équipe. Elle a placé Froome, son habituel leader qui a semblé usé par la répétition des efforts et l'atmosphère souvent hostile rencontrée sur les routes, à la troisième place.

Le dauphin a pris les traits d'un coureur de grande envergure, le Néerlandais Tom Dumoulin (27 ans). Déjà deuxième du Giro fin mai derrière Froome, le champion du monde du contre-la-montre a été devancé cette fois par Thomas pour un peu moins de deux minutes.

Un changement d'époque?

Si la victoire de Thomas, vainqueur de deux étapes de montagne dans les Alpes et maillot jaune de la 11e à la 21e étape, est indiscutable -«j'ai un immense respect pour lui», a salué Dumoulin-, elle ne paraît pas ouvrir pour autant le début d'une nouvelle ère.

«Il n'y a pas de passation de pouvoir», estime Laurent Jalabert, l'ancien champion des années 1990 devenu consultant. «C'est la confirmation que Thomas vaut mieux que ce rôle d'équipier de luxe qu'il a tenu jusque-là. Cela lui ouvre des ambitions. Il faudra voir s'il a envie de partager avec Froome à l'avenir. Il a 32 ans et n'a pas de temps à perdre».

Le premier Gallois vainqueur du Tour est en fin de contrat chez Sky, au contraire de Froome lié jusqu'en 2020. Mais, sur ce Tour, la cohabitation des deux hommes, qui se connaissent depuis leurs débuts et vivent une partie de l'année à Monaco, s'est déroulée apparemment sans accroc notable, au contraire de la mésentente affichée entre Wiggins et Froome dans le Tour 2012.

Froome peut-il gagner une cinquième fois et égaler le record des victoires ? «Il n'est pas fini», répond Laurent Jalabert. «Simplement, il est fatigué, moins percutant». Le rétablissement de l'Anglais né au Kenya (33 ans) dans le dernier «chrono» qu'il a été tout près de gagner, samedi, au Pays Basque, va dans ce sens. Froome dispose encore de ressources physiques malgré l'énergie dépensée sur les routes du Giro auparavant.

Pourquoi un Tour aussi «rude»?

Ambiance, météo, parcours, tout a concouru à rendre ce Tour éprouvant, «rude» selon son directeur Christian Prudhomme. Le climat détestable qui a entouré les premiers tours de roue de Froome, blanchi seulement cinq jours avant le départ pour un contrôle antidopage anormal, a débordé sur son équipe.

«Pour nous, cela a représenté une source supplémentaire de motivation», affirme Froome, décidément optimiste. Mais, chose rare dans l'histoire du Tour, le quadruple vainqueur de l'épreuve a été menacé à l'occasion, notamment dans la montée de l'Alpe d'Huez où le risque existe qu'une petite frange du public du Tour, familial par définition, bascule dans le hooliganisme. Thomas lui-même a été sifflé lors de sa prise de pouvoir à La Rosière (Savoie). Comme s'il devait payer la stratégie du rouleau compresseur de son équipe.

Le vent de face, qui a éteint les intentions offensives en début de Tour, et la chaleur omniprésente, souvent plus de 30 degrés, ont laminé les adversaires de la formation britannique. Aucune d'elles n'a pu utiliser les ressources du parcours, la longue séquence de plaine jusqu'aux pavés de la 9e étape, les formats différents des étapes de montagne ensuite.

«La plaine use les grimpeurs», constate le directeur de course Thierry Gouvenou au vu de la hiérarchie dominée par les rouleurs-grimpeurs qui ont pris les quatre premières places à Paris (Primoz Roglic 4e). «Mais on ne va quand même pas s'interdire d'aller dans l'ouest. Ce sont des terres de vélo !»

Bob Jungels a terminé au coeur du peloton (61e) de cette dernière étape et finit onzième au classement général. Le Luxembourgeois a fait preuve d'une belle régularité tout en se distinguant à plusieurs reprises comme sur l'étape des pavés où il a gratté quelques secondes aux favoris en prenant la septième place. Ou encore ce samedi avec un chrono solide et une sixième place.

Son équipe finit l'épreuve avec quatre victoires d'étapes. Deux pour le sprinteur colombien Fernando Gaviria, deux pour le puncheur français Julian Alaphilippe qui a aussi enfilé et gardé le maillot à pois de meilleur grimpeur.



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