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Le Tour 2020 s'annonce à nouveau montagneux
Sport 1 4 min. 14.10.2019

Le Tour 2020 s'annonce à nouveau montagneux

Thierry Gouvenou est le concepteur du tracé du Tour de France.

Le Tour 2020 s'annonce à nouveau montagneux

Thierry Gouvenou est le concepteur du tracé du Tour de France.
Photo: Serge Waldbillig
Sport 1 4 min. 14.10.2019

Le Tour 2020 s'annonce à nouveau montagneux

Un an après une édition en haute altitude sur les sommets alpestres, la Grande Boucle 2020 est annoncée une nouvelle fois très montagneuse: un choix avant tout lié au grand départ de Nice, au pied des cols.

(AFP) - Le directeur de course Thierry Gouvenou garde le secret sur le tracé de juillet prochain. Il consent cependant à dévoiler le fil rouge de l'épreuve, à la veille de la présentation à Paris: «On ne va quasiment pas quitter la montagne, moyenne ou haute, c'est l'esprit général de ce Tour.»

L'homme qui recherche les nouveautés sur le terrain et surtout qui met en musique les grandes lignes tracées par le directeur du Tour Christian Prudhomme, est le mieux placé pour évoquer les différences entre 2019 et 2020: «En termes de difficulté générale, ce sera quasiment identique. En dénivelé total, on sera même au-dessus.»


Colombia's Egan Bernal leaves the stage after celebrating his overall leader's yellow jersey on the podium of the 21st and last stage of the 106th edition of the Tour de France cycling race between Rambouillet and Paris Champs-Elysees, in Paris on July 28, 2019. (Photo by Marco Bertorello / AFP)
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N'en déplaise toutefois aux passionnés de data et de statistiques, le dénivelé n'est pas la valeur ultime. «C'est un indice parmi d'autres», rappelle Thierry Gouvenou. «En 2020, on va accumuler beaucoup de dénivelé sur des étapes qui ne sont pas des parcours de haute montagne».

L'année passée, le total atteignait (avant modification des étapes de Tignes et Val Thorens) 54.000 m. Beaucoup plus que l'édition 2018 et ses quelque 45.000 m. Le prochain Tour est-il une nouvelle étape dans la course aux records?

«Deux années qui sortent de l'ordinaire»

«C'est seulement l'opportunité du départ dans le sud de la France», corrige Thierry Gouvenou. «Dès le deuxième jour, on propose quelque chose de costaud». Deux cols importants (la Colmiane, Turini) d'une longueur dépassant ou approchant les 15 kilomètres, à distance certes de l'arrivée, un autre sensiblement plus court (Eze) dans le final: aucun Tour contemporain n'a présenté pareille entrée en matière.

Est-ce de nature à décourager les sprinteurs? «Non, même s'il y a très peu de véritables étapes de plaine», répond le directeur de course. «Il y en aura d'autres où les sprinteurs pourront aller jusqu'au bout et jouer la gagne. Mais ce ne sera jamais facile».

Dans douze mois, quand le Tour 2021 sera présenté, les grimpeurs feront un peu plus la grimace. Car la part accordée à la montagne ne pourra que se réduire, si l'on comprend bien Thierry Gouvenou: «Ce n'est pas une tendance lourde.»


Spain's Jonathan Castroviejo (L) and Great Britain's Geraint Thomas (R) congratulate Colombia's Egan Bernal (C), wearing the overall leader's yellow jersey, as he celebrates his victory on the finish line of the 21st and last stage of the 106th edition of the Tour de France cycling race between Rambouillet and Paris Champs-Elysees, in Paris, in Paris on July 28, 2019. (Photo by Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
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«2019 et 2020 sont clairement deux années qui sortent de l'ordinaire, avec deux Tours très au sud, dit-il. L'an prochain, on va passer à une nouvelle séquence. On sait très bien qu'on va retourner sur des parcours plus classiques, dans la plaine et sur des terrains moyennement vallonnés».

La raison? le site du Grand départ, fixé d'ores et déjà à Copenhague. Or, souligne le directeur de course, «le départ du Danemark, c'est trois jours de plat». 

Les Alpes en juge de paix?

En attendant la présentation officielle de ce mardi, qui est programmée à 11h30, les deux premières étapes sont connues, puisque la prochaine Grande Boucle commence près de la baie des Anges et visite tout de suite l'arrière-pays niçois. Le ton est donné pour une course que son directeur Christian Prudhomme veut surtout animée et si possible haletante, pleine de rebondissements.

ASO

«Les grandes lignes ont été décidées avant le dernier Tour», rappelle Gouvenou. «Fin juin, on en était au niveau des villes à 90 pour cent. Mais on ne savait pas si on aurait 25 ou 30 cols.»

Les villes? quelques noms (Sisteron, Privas, Millau) ont été évoqués dans les médias régionaux, pour dessiner une sorte d'arc méditerranéen dans les contreforts de l'arrière-pays avec une arrivée inédite au Mont Aigoual, l'observatoire météo qui surplombe le Gard à l'entrée des Cévennes. Les Pyrénées doivent être abordées dans la foulée avant la première halte du côté de La Rochelle tout près de l'île de Ré.

A l'exemple du Massif Central (sans doute au Puy Mary), au décor naturel préservé, aux routes accidentées et piégeuses favorables à une course nerveuse, la moyenne montagne reprend toute sa place sur les tracés contemporains. Ainsi que le Jura et les Vosges, deux autres massifs que les organisateurs ont voulu exploiter au mieux ces dernières années, par les ascensions symboles du Grand Colombier et de La Planche des Belles Filles.

Mais c'est dans les Alpes, théâtre attendu de la troisième semaine, que les plus grandes ascensions sont traditionnellement programmées. Grenoble pourrait ainsi revenir sur la carte du Tour après une parenthèse de plusieurs années. L'hypothèse d'une nouveauté spectaculaire a été avancée également.

Le duo Prudhomme- Gouvenou cherchent de l'inédit, pour rompre avec la routine et surtout dérouter les équipes et leurs tactiques défensives. Le plus souvent, sur des pentes raides qui font office de tremplin pour les attaquants.  

Des pentes raides? les grimpeurs, type Egan Bernal, et plus encore les puncheurs, modèle Julian Alaphilippe, en raffolent. Seront-ils satisfaits ce mardi, à l'heure du déjeuner?  


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