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«Le Titus Pétange a gardé sa ligne de conduite»
Sport 6 min. 11.09.2017 Cet article est archivé
Le débrief

«Le Titus Pétange a gardé sa ligne de conduite»

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«Le Titus Pétange a gardé sa ligne de conduite»

Sport 6 min. 11.09.2017 Cet article est archivé
Le débrief

«Le Titus Pétange a gardé sa ligne de conduite»

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Le Titus et le Racing se retrouvaient pour un match qui sentait la peur. Au terme d'une rencontre hachée, c'est Pétange qui est allé chercher le wagon du milieu de classement laissant le Racing seul avec ses doutes.

Le Titus et le Racing se retrouvaient pour un match qui sentait la peur. Au terme d'une rencontre hachée, c'est Pétange qui est allé chercher le wagon du milieu de classement laissant le Racing seul avec ses doutes.

Par Thomas Fullenwarth

Pourquoi la victoire des Pétangeois est-elle logique?

Filip Bojic (Titus Pétange) coupe la trajectoire de Dylan Meireles.
Filip Bojic (Titus Pétange) coupe la trajectoire de Dylan Meireles.
Photo: Serge Daleiden

Manuel Correia alignait un 4-1-2-3 avec Kherayi en sentinelle. Silaj et Bozic avaient la charge d'organiser le jeu et d'alimenter leurs trois attaquants.

Tout au long du match, Pétange s'est appuyé sur un milieu de terrain toujours en surnombre sur celui de son adversaire (3 contre 2). De plus, ni Jahier ni Shala n'ont actionné de pressing sur la défense centrale. A deux, ils auraient pu mettre sur la pression sur la relance défensive locale et marquer de près Kherayi.

Au lieu de cela, sans le travail défensif des deux attaquants, c'est Nouidra qui est toujours sorti de sa ligne pour monter presser le milieu du Titus. Cela a automatiquement libéré Silaj ou Bozic qui, se retrouvant seuls, pouvaient se retourner et alimenter à tour de rôle leurs attaquants.

Cependant, les Pétangeois ont gardé un sentiment d'insécurité car ils ont souvent péché dans leur dernière passe ou devant le but. Ils ont frôlé la correctionnelle alors qu'ils étaient clairement supérieurs dans le jeu.

En effet, la défense locale a eu du mal à gérer l'impact physique de Shala mais surtout de Jahier qui, par sa roublardise, a souvent réussi à obtenir de nombreuses fautes, proches de la surface, dans les duels aériens. Plus pénalisant, les Pétangeois montaient trop lentement sur le porteur de ballon adverse le laissant trop souvent passer ou centrer. Le but de Jahier a été une conséquence de ceci. En effet, Da Mota a pu, trop tranquillement, réceptionner un ballon long et adresser un centre à Jahier. Pourtant seul dans la surface, celui-ci a été le seul à sauter et a pu sereinement aligner le gardien Chopin.

Fort heureusement pour lui, le Titus a gardé sa ligne de conduite tactique en continuant à construire du jeu. Il a aussi pu bénéficier des entrées de Cissé et Gashi qui sont venus apporter le mouvement et surtout le danger que Schreiner et Ribeiro n'avaient pas su provoquer.

Et à force d'appuyer, c'est Cissé qui a pu s'offrir un doublé de la tête en profitant, lui aussi, de fautes de marquage adverses.

Quels ingrédients ont manqué au Racing?

Jacques Muller alignait, lui, un 4-4-2 avec Nakache et Nouidra au centre du terrain. Très vite, on a pu constater que ce n'est pas par ces deux joueurs que passerait la construction du jeu. En effet, le Racing n'est jamais reparti de sa défense par des passes courtes.

En effet, les ballons ont souvent été (ba)lancés vers:

  • La tête de Jahier, qui se débrouillait tant bien que mal pour obtenir une faute ou dévier le ballon vers un coéquipier.
  • Da Mota, qui centrait rapidement vers ses attaquants
  • Hennetier, qui retrouvait enfin ses milieux centraux qui, eux, recherchaient directement Da Mota

Ce qui a posé problème dans cette tactique, c'est que Nakache et Nouidra mettaient toute la volonté du monde pour demander le ballon à leurs défenseurs. Ils restaient donc à proximité de ces derniers.

De ce fait, lorsque le ballon se retrouvait à 30 mètres du but local après un jeu long, les deux milieux se situaient, eux, à 65 mètres de leurs adversaires. Ce qui a eu pour conséquence que les Pétangeois ont gagné tous les deuxièmes ballons et qu'ils ont pu relancer sur leurs milieux sans problème pour enclencher des contres.

Si les dégâts ont été limités en première mi-temps grâce à Jahier et à la maladresse du Titus, l’égalisation de Cissé a permis aux Pétangeois de prendre l’ascendant dans le jeu.

Malgré cela, il est regrettable pour les visiteurs que la défaite ait été provoquée par une deuxième erreur de marquage dans la surface.

Daniel Da Mota n'y arrive pas. C'est quoi le problème?
Daniel Da Mota n'y arrive pas. C'est quoi le problème?
Photo: Serge Daleiden

Pour quelle équipe faut-il le plus s’inquiéter cette saison?

Avant cette rencontre, le classement des deux clubs n'était pas fameux. On a d'ailleurs pu sentir la pression sur les épaules des joueurs mais aussi des coachs.

Le Titus possède une volonté de jouer au football, mais surtout un esprit d'équipe qui lui a permis de ne pas s'énerver une fois mené au score et de reprendre la main sur le match. Jusqu'au second but, on entendait le coach Correia demander de la patience à ses joueurs.

Au fil d'une saison, chaque club a ses temps forts et ses temps faibles. Le Titus a montré que dans sa situation, il avait su garder un groupe soudé qui n'a pas renié son projet de jeu.

Du côté du Racing, si l'on n'a pas réellement vu de construction de jeu, d'autres éléments peuvent traduire la position du club au classement:

  • Une défense assez lente qui a du mal à gérer la profondeur et est sujette à des erreurs de marquage
  • Une ligne d'attaque trop peu soutenue par ses défenseurs latéraux et milieux.

Mais d'autres choses semblent plus graves:

  • Le comportement des joueurs entre eux. Dans les temps faibles, un groupe soudé aurait pu faire la différence
  • L'attitude de Da Mota et Nakache qui, suite aux réprimandes de leur coach, ont élevé la voix sur lui. Des joueurs au statut, théoriquement, «haut niveau» qui devraient plutôt être des exemples.

Dans un groupe, l'ambiance peut rapidement pourrir la saison. Si l'entraîneur doit passer son temps à gérer les tensions et n'a pas le droit de critiquer tel ou tel joueur sans défiance, il lui sera impossible de bien travailler.

Et malheureusement, c'est souvent lui qui est puni par son président alors que le mal se situe plutôt dans l'effectif.

Les tops

Christian Silaj (Titus Pétange): partout sur le terrain. Il déclenche l'action et c'est lui qu'on retrouve en soutien. Pas un mot plus haut que l'autre, un exemple pour certains.

Isaac Cissé (Titus Pétange): il rentre, il marque deux buts. Sa réussite a surtout donné le surplus de confiance dont son équipe avait besoin.

Tarek Nouidra (RFCUL): lui est un vrai guerrier. Il a couru partout et a fait le boulot de pas mal de ses coéquipiers qui, eux, se cachaient.

Les flops 

Yannick Da Graça (RFCUL): souvent piégé défensivement dans la profondeur, il a dû toucher moins de cinq ballons dans la surface adverse. Beaucoup trop peu.

Nicola  Schreiner (Titus Pétange): lorsqu'on est remplacé à la mi-temps, c'est qu'on a raté son match. Cela arrive parfois.

Kévin Nakache (RFCUL): a forcé Nouidra à se démener. Très peu influent dans le jeu, un peu en retard défensivement. Pas de quoi élever la voix sur son coach lors de son remplacement.


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