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Le RFCUL écrit son histoire dans la douleur
Au terme d'un match à suspense, le Racing peut fêter sa première Coupe de Luxembourg.

Le RFCUL écrit son histoire dans la douleur

Photo: Ben Majerus
Au terme d'un match à suspense, le Racing peut fêter sa première Coupe de Luxembourg.
Sport 7 min. 27.05.2018

Le RFCUL écrit son histoire dans la douleur

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Le RFCUL offre une 28e Coupe de Luxembourg à la capitale

Pour la première fois de son histoire, débutée en 2005, le RFCUL, réduit à neuf, a remporté la Coupe de Luxembourg à l'issue des tirs au but contre Hostert (4-3), le score étant resté vierge au terme de 120 minutes. C'est Jahier qui a offert le trophée à son club. Tout un symbole.

Fait unique depuis dix ans, aucun des ténors du championnat écoulé ne prenait place face à la tribune couverte lors de la présentation des équipes. Il faut en effet revenir à la saison 2007-2008, et une finale entre Grevenmacher et Rosport (4-1), pour observer le sacre d'une formation qui a terminé dans le ventre mou du classement.

Le Racing (7e) et Hostert (8e), quant à eux, ont terminé roue dans roue. Les joueurs de la capitale, longtemps à la ramasse, se sont refait une santé au fur et à mesure des étapes du calendrier alors que le promu, conduit par Henri Bossi, a connu un exercice 2017-2018 jalonné de belles performances.

Les supporters de l'US Hostert ont gagné le match des tribunes.
Les supporters de l'US Hostert ont gagné le match des tribunes.
Photo: Ben Majerus

Ils ont accroché les scalps de Mertzig, d'Useldange, du RM Hamm Benfica, de l'US Esch et du FC Wiltz pour s'inviter pour l'ultime étape de l'épreuve alors que le Racing a dû se coltiner la Jeunesse, l'Union Titus Pétange et Differdange. Un parcours piégeux, mais qui lui a bien réussi jusqu'à ce dimanche, mais l'étape finale de Dame Coupe ne commence pas sous les meilleurs auspices. Touché au cours de la semaine, Nakache effectue un dernier test qui s'avère négatif lors de l'échauffement. Grettnich doit changer ses plans, appeler Mboup à la rescousse et replacer Humbert au milieu. Le club de la capitale va souffrir de ce contretemps.

Avec le forfait de Kevin Nakache, Patrick Grettnich a dû changer ses plans.
Avec le forfait de Kevin Nakache, Patrick Grettnich a dû changer ses plans.
Photo: Ben Majerus

Wang manque le coche

Bien en place, Hostert coupe les lignes de passes pour Osmanovic et boucle les couloirs. L'ancien Dudelangeois aurait été bien précieux, d'autant plus que dans le trio défensif seul Simon fait preuve de vélocité et de précision. Le club de la capitale s'en remet aux coups de boutoir de Da Mota. Bien trop peu pour inquiéter les Vert et Blanc qui ont déjà gagné la bataille des tribunes. Des supporters qui auraient pu s'enflammer à deux reprises, à chaque fois suite à des actions initiées par Wang. Decevic, idéalement placé, croque la première (22e) et c'est le n°8 qui se charge lui-même de manquer de précision alors qu'il sortait de deux beaux passements de jambe et que Denis Stumpf lui avait redonné le ballon en position idéale (32e).

Avec la déviation sur le poteau de Mboup, suite à un coup franc de Drif (24e), le Racing s'en sort bien à la pause. Beaucoup mieux qu'à la 72e, minute à laquelle Nouidra ne passe plus entre les mailles du filets et est sanctionné d'un deuxième carton jaune. Auparavant, Mboup, bien retrouvé, avait repris Decevic dans la surface à la régulière.

Hennetier, Da Mota et Peters touchent du bois

Si le Racing a retrouvé une partie de ses esprits au cours de la seconde période, il va reperdre sa lucidité après avoir manqué de chance par deux fois. Hennetier, d'abord, suite à un coup franc plein champ, trouve le poteau gauche de Pleimling (58e). Da Mota, ensuite, envoie une frappe percuter l'autre poteau du portier de l'USH (78e).

Si la qualité de cette rencontre laisse à désirer, elle ne manque pas de rebondissements. C'est au tour de Nyssen de perdre sa jugeote quand il fauche Steinmetz en pleine course. Deuxième carton jaune-rouge et voilà le Racing réduit à neuf (81e)!

Le suspense dure jusqu'aux dernières secondes... et même au-delà. A la limite de la surface de réparation, Peters trouve le haut de la barre de Ruffier (90e) et Pleimling sauve suite à une belle frappe enroulée d'Osmanovic (90+3).

On a droit aux prolongations, mais pas avec Grettnich renvoyé en tribune pour une véhémente contestation (il a demandé que Peters soit lui aussi sanctionné d'un carton jaune-rouge).

Aldin Dervisevic à la lutte avec Benoît Nyssen qui ne terminera pas le match.
Aldin Dervisevic à la lutte avec Benoît Nyssen qui ne terminera pas le match.
Photo: Ben Majerus

En infériorité numérique, le Racing s'applique à mettre en place une ligne défensive à cinq éléments et à gagner du temps pour accrocher la séance des tirs au but. Hostert n'en profite pas et s'en remet à des frappes lointaines improductives si ce n'est celle de Bouchitbi (109e) qui passe de peu à côté.

Dans ces conditions, on ne peut passer à côté de la séance des tirs au but. Signe du destin, pour sa dernière apparition sous le maillot du Racing, Jahier trompe Pleimling et offre son premier trophée au RFCUL. Une Coupe synonyme de participation européenne. L'honneur est sauf.

Le RFCUL offre ainsi une 28e Coupe de Luxembourg à la capitale en trente finales (RFCUL 1, Union 10, Spora 8, Beggen 7, Aris 1, Racing Luxembourg 1 pour la première édition en 1922 contre la Jeunesse 2-0)

La note: 9/20. Une finale ne se joue pas, elle se gagne. Alors qu'importe les moyens et la qualité pourvu qu'on la ramène à la maison. Cette 94e édition aura valu davantage pour son suspense et ses rebondissements que par une qualité de jeu très médiocre malgré quelques belles frappes au but.

Le fait du match: Hostert a eu toutes les cartes en main pour créer l'événement et ramener la première Coupe de Luxembourg dans le club fondé en 1946. En supériorité numérique, plus frais, les hommes de Henri Bossi n'ont pas su forcer la décision dans les prolongations et se sont fait punir lors de la loterie des tirs au but.

L'homme du match: Pape Mboup. Appelé à la dernière minute, le grand défenseur central personnifie à merveille cette finale. Des bas avec une entrée dans la rencontre complètement manquée à l'image des ses "missiles" vers l'avant, de certaines interventions limites, une déviation sur le poteau et un tir au but frappé largement au-dessus. Des maladresses qui auraient pu coûter cher. Mais il a aussi à son actif, le fait d'avoir su redresser la barre avec un bel engagement et un courage jamais démenti même lorsque les crampes lui brûlaient les jambes.

Hostert - Racing 0-0 3-4 aux t.a.b.

Stade Josy Barthel, pelouse correcte, arbitrage de M. Monteiro assisté de MM. Becker et Sabotic, 3273 spectateurs. 

Evolution des tirs au but:  Peters 1-0, Hennetier 1-1, Mura 1-1, Mboup 1-1, 1-1 Bertoux, 1-2 Shala, Decevic 2-2, Da Silva 2-3, A. Dervisevic 3-3, Jahier 3-4.

Corners: Hostert 10 (2+3+2+3); Racing 7  (2+3+2+0).

Cartons jaunes: Bertoux (34e, faute sur Da Mota), Perters (58e, faute sur Osmanovic), Decevic (71e simulation de penalty) et Wang (77e, antijeu) pour Hostert; Nouidra (18e, faute sur Drif), Nyssen (21e, faute sur D. Stumpf) et Humbert (113e, faute sur Berthoux) pour le Racing.

Cartons jaune-rouge: Nouidra 72e, pour sa septième faute, cette fois-ci sur D. Stumpf), Nyssen  (81e, faute sur Steinmetz).

Carton rouge: Grettnich (avant les prolongations pour contestation).

HOSTERT (4-1-4-1):  Pleimling;  Steinmetz,  Mura, Bertoux, C. Stumpf; Peters (cap.); D. Stumpf (75e Bouchibti), A. Dervisevic,  Wang (81e Battaglia), Drif (99e D. Dervisevic); Desevic.

Joueurs non utilisés: Boukhétaia; Koljenovic.

Absents: Kornetzky et Desgranges (choix de l'entraîneur).

Entraîneur: Henri Bossi. 

RFCUL (3-5-2):  Ruffier (cap.); Simon, Mboup, Da, Silva; Hennetier, Nouidra, Humbert, Osmanovic (115e Jahier), Nyssen;  Shala, Da Mota.

Joueurs non utilisés: Engel; Catic, Semedo, Oliveira.

Absents: Bahloul, Bernadelli, Da Graça Darmon et Dionisio (choix de l'entraîneur); après un dernier essai, Nakach, blessé, a renoncé lors de l'échauffement.

Entraîneur: Patrick Grettnich.

Henri Bossi croyait bien tenir son premier trophée en tant qu'entraîneur. Les conditions étaient réunies mais c'est manqué.
Henri Bossi croyait bien tenir son premier trophée en tant qu'entraîneur. Les conditions étaient réunies mais c'est manqué.
Photo: Ben Majerus

Les dix dernières finales

2017-2018: Hostert - Racing 0-0 3-4 aux t.a.b.

2016-2017: Dudelange -  Fola 4-1

2015-2016:  Dudelange - Mondorf 1-0

2014-2015: Differdange - Dudelange 1-1 (3-2 aux tirs au but)

2013-2014: Differdange - Dudelange 2-0

2012-2013: Jeunesse - Differdange 2-1

2011-2012: Dudelange - Jeunesse 4-2 ap. prol.

2010-2011: Differdange - Dudelange 1-0

2009-2010: Differdange - Grevenmacher 1-0

2008-2009: Dudelange - Käerjéng 5-0

 








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