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Le M-Block, un quart de siècle de cris du cœur
Sport 5 3 min. 22.05.2020

Le M-Block, un quart de siècle de cris du cœur

La marche en groupe vers le stade. Le rituel des ultras du M-Block.

Le M-Block, un quart de siècle de cris du cœur

La marche en groupe vers le stade. Le rituel des ultras du M-Block.
Photo: Yann Hellers
Sport 5 3 min. 22.05.2020

Le M-Block, un quart de siècle de cris du cœur

Le plus connu des clubs de supporters de l'équipe nationale de football célèbre cette année ses 25 ans d'existence. 25 ans d'un soutien indéfectible.

(DH avec Joé Weimerskirch) - Dans les années 1990, le Luxembourg du football sort de sa torpeur après deux décennies de vents contraires au  niveau international. Les résultats positifs s'enchaînent et entraînent avec eux un nouvel engouement. Les supporters regarnissent les travées du stade Josy-Barthel. Et le M-Block Fanatics est porté sur les fonts baptismaux en 1995 alors que les Roud Léiwen dominent deux fois Malte, font échec à la Biélorussie et, surtout, renversent la République tchèque, future finaliste du Championnat d'Europe 1996.

Les dix points glanés lors de la campagne des éliminatoires de l'Euro anglais entretiennent l'enthousiasme. «Avant même les qualifications du Championnat d'Europe, la création d'une base de fans était évoquée avec l'objectif de mettre de l'ambiance dans le stade», se souvient Olivier Pozzacchio, l'ancien responsable du M-Block. Le groupe va ainsi rapidement compter jusqu'à 500 membres.

L'euphorie se poursuit jusqu'à l'an 2000 avant une érosion naturelle due à des résultats moins probants, à des contingences personnelles aussi. «Beaucoup d'entre nous sont partis à l'étranger pour étudier ou débuter leur carrière professionnelle et, immanquablement, le nombre de fans a diminué», se remémore Olivier Pozzacchio pour qui appartenir à un groupe d'ultras ne se résume pas à suivre un match depuis les tribunes.

«Nous confectionnons drapeaux et bannières. Et même si nous n'avons que cinq matches à domicile par an, la préparation de chaque rencontre demande beaucoup de temps», précise-t-il. Une préparation qui est désormais reprise en main par Batty, le nouveau chef de file du groupe. «Nous nous réunissons régulièrement et avant chaque match nous nous donnons rendez-vous dans un café, ou, en été, à la Schueberfouer. Ensuite, tous ensemble nous marchons vers le stade», dit-il fièrement

«Huel Se!»

Et quand il s'agit de matches à l'extérieur, l'organisation prend une tout autre ampleur. Rien qu'au niveau de la logistique avec réservation de bus, de places d'avion et de chambres d'hôtel. «Par exemple, nous nous sommes rendus à Rotterdam pour le match contre les Pays-Bas. Nous avons organisé la réservation des bus et des billets d'entrée pour nos membres, et également la fabrication d’une écharpe pour tous.»

Et ce n'est pas tout. A la fin des années 1990, le magazine «Huel Se!» voit même le jour avec une date de sortie avant chaque match à domicile. «Il était vendu 50 francs à l’époque et nous a permis le financement de nos différentes opérations», indique encore Olivier Pozzacchio. Ce dernier, tout comme Batty, a plus de 200 rencontres de l’équipe nationale au compteur. Et pour tous les deux, le match nul (0-0) obtenu, le 3 septembre 2017 à Toulouse, contre la France conserve une saveur toute particulière.

 Rarement, les supporters ont manifesté leur colère face au onze national. Sauf après une certaine défaite face au Liechstenstein...
Rarement, les supporters ont manifesté leur colère face au onze national. Sauf après une certaine défaite face au Liechstenstein...
Photo: Ben Majerus

«Personnellement, c'était vraiment très émouvant», raconte Batty. Et pour cause, le colosse du Nord souffre alors d'un cancer. «Le match s'est joué le lendemain de ma dernière chimiothérapie. J'ai dû me reposer pendant deux semaines après tellement j'étais épuisé», avoue-t-il.

Par contre, si le point décroché face au champion du monde fait figure d'incroyable fait d'armes, la défaite face au Liechtenstein (0-4) reste rangée au rayon des cauchemars. «Après le match, nous avons même bloqué la sortie et nous attendions les joueurs pour manifester notre colère», concède Olivier Pozzacchio. Mis à part ce geste d'humeur, le M-Block entretient d'excellentes relations avec les internationaux. «Certains nous envoient même des messages après chaque match pour nous remercier de notre soutien.»

Batty et Olivier doivent désormais patienter pour revenir au stade soutenir leurs couleurs. La faute à la pandémie de covid-19 qui a eu raison des matches amicaux, contre le Monténégro et Chypre, prévus en mars. La fête prévue pour célébrer le quart de siècle du M-Block attendra elle aussi des jours meilleurs.

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Foto: Ben Majerus
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