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Le débrief de Rosport - Racing (0-2): «Les joueurs du Victoria ont sabordé leur match»
Sport 6 min. 27.11.2017

Le débrief de Rosport - Racing (0-2): «Les joueurs du Victoria ont sabordé leur match»

Le débrief de Rosport - Racing (0-2): «Les joueurs du Victoria ont sabordé leur match»

Sport 6 min. 27.11.2017

Le débrief de Rosport - Racing (0-2): «Les joueurs du Victoria ont sabordé leur match»

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Le Racing a décroché ce dimanche une victoire importante face à un concurrent direct dans la course au maintien. Solides défensivement et efficaces offensivement, les joueurs de la capitale ont profité de la première mi-temps apathique de Rosport pour quitter la place de barragiste.

Le Racing a décroché ce dimanche une victoire importante face à un concurrent direct dans la course au maintien. Solides défensivement et efficaces offensivement, les joueurs de la capitale ont profité de la première mi-temps apathique de Rosport pour quitter la place de barragiste.

Par Thomas Fullenwarth

Quel a été le plan de jeu du Racing et pourquoi cela a-t-il fonctionné?

Pour ce déplacement, à première vue périlleux, Patrick Grettnich a choisi un système en 5-3-2 avec une charnière centrale composée de trois joueurs peu mobiles mais costauds dans les duels et un joueur, Nouidra, devant la défense. Hennetier et Da Graça, placés sur les couloirs avaient pour rôle de mettre beaucoup de largeur, en cas de possession du ballon mais aussi de venir fermer les côtés lorsque le Victoria attaquait.

D’entrée de jeu, on a pu constater que les visiteurs appliquaient un gros pressing sur leurs adversaires. A chaque relance courte du Victoria, Osmanovic sortait de sa ligne de milieu pour aider ses attaquants à empêcher les relances adverses sur les côtés.

Comme Nakache et Nouidra défendaient en avançant sur les milieux centraux du Victoria Heinz et Bartsch, ce pressing forçait les locaux à lancer de longs ballons vers leurs attaquants. Cela a servi les intérêts d’une défense centrale, menée par M’Boup, qui a mangé les attaquants rosportois dans les duels aériens. De plus, le deuxième ballon était, neuf fois sur dix, gagné par les visiteurs.

A la récupération du ballon, on a pu constater une belle complicité de jeu entre les trois milieux centraux du Racing qui, par de bons échanges, forçaient les Rosportois à resserrer leur bloc dans l’axe. Un schéma qui a permis de libérer Hennetier, Da Graça, voire Da Mota, sur les flancs. Ils ont pu amener des centres dans la surface adverse.

Dans tous les cas, cette vitesse dans le jeu, ajoutée au manque d’agressivité des joueurs du Victoria, a provoqué de nombreux décalages et donc de nombreux retards dans le placement dans le camp des Rouges. Le Racing a donc obtenu de nombreux coups francs, corners, et a eu la bonne idée d’être volontaire et réaliste en marquant sur deux coups de pied arrêtés.

En deuxième mi-temps, lorsque les Rosportois sont revenus sur le terrain avec un état d’esprit digne d’une équipe de football, on a senti les joueurs de la capitale surpris et donc secoués dans les duels. Le Victoria avait repris la main sur le jeu, le bloc du Racing est redescendu plus bas, les latéraux Hennetier et Da Graça se sont consacrés à 100% à défendre et les attaquants restaient à l’affût des possibilités de contre. Les hommes de Grettnich ont su rester solidaires pour empocher trois points très importants.

Timo Heinz sous la pression d'Edis Osmanovic. Le Racing s'est montré solidaire et efficace pour dominer Rosport 2-0.
Timo Heinz sous la pression d'Edis Osmanovic. Le Racing s'est montré solidaire et efficace pour dominer Rosport 2-0.
Photo: Christian Kemp

Pourquoi le Victoria s’est-il lui-même sabordé?

Jürgen Tücks alignait sa formation en 4-2-1-3. Il est inutile d’aborder la première mi-temps du Victoria tant ses joueurs ont été mangés par leurs hôtes du jour au niveau de l’agressivité. Il est impardonnable, dans ce genre de match, de perdre sur coups de pied arrêtés. Pénalisés par cette attitude négative, les Rosportois n’ont pas mis en danger leur adversaire dans le jeu puisque, lorsque les défenseurs locaux avaient le ballon, il leur était impossible de trouver des milieux centraux qui ne se déplaçaient pas assez pour sortir du marquage.

Sur les côtés, les deux défenseurs latéraux ont rarement participé au jeu offensif et donc apporté un surnombre qui aurait étiré la défense centrale du Racing. En effet, cette dernière a passé les 45 premières minutes à renvoyer de longs ballons et elle a parfaitement géré les courts déplacements des attaquants locaux. Shala et Da Mota arrêtaient de défendre lorsque le ballon se trouvait derrière eux, il y avait donc forcément de nombreux décalages à créer…

Après deux changements à la 40e minute ainsi qu’une probable soufflante du coach à la mi-temps, on a pu retrouver un Victoria transformé et, enfin, volontaire. Fautes, tacles, contacts ont permis aux pensionnaires du Camping de prendre la main sur le match. On a enfin pu observer les latéraux prendre leur couloir et permettre à leurs ailiers de titiller la charnière centrale adverse.

Malheureusement pour le Victoria, il restait encore trois voire quatre joueurs qui ne sont pas parvenus à élever leur niveau de jeu. Face à une défense regroupée, il y a eu trop de centres ratés mais surtout trop peu de duels gagnés pour espérer arriver au bout de leurs actions.

Gabriel Gaspar et les Rosportois sont passés à travers de leur première mi-temps.
Gabriel Gaspar et les Rosportois sont passés à travers de leur première mi-temps.
Photo: Christian Kemp

Qu’est-ce qui semble avoir changé au Racing?

Lorsqu’on vire son entraîneur, on attend, de son remplaçant, des nouveautés. Depuis deux matchs, Patrick Grettnich propose un système de jeu en 5-3-2. Il privilégie donc une certaine sécurité défensive avant de penser à attaquer. On retrouve cette façon de jouer dans certains clubs. L’exemple le plus parlant est l’US Hostert qui est invaincu face aux cadors de BGL Ligue. A Hostert, on constate que Bossi ne laisse rien au hasard défensivement. Chaque joueur a un rôle limité mais remplit parfaitement sa mission.

L’erreur de Jacques Muller a peut-être été de penser que son groupe avait le talent pour lui laisser carte blanche dans le jeu mais surtout la maturité pour lui faire confiance dans l’assiduité défensive. A l’entendre depuis son banc de touche, Patrick Grettnich ne laisse pas grand-chose au hasard sur les déplacements défensifs de ses milieux et latéraux, il les guide du début à la fin.

Le fait qu’il ait installé trois joueurs en défense centrale, plus Nouidra en sentinelle, lui donne plus de sécurité car si l’un des cinq défenseurs commet une erreur, il n'y a pas un seul coéquipier proche de lui, mais deux qui peuvent récupérer cette erreur. Il y a donc toujours quelqu’un en plus pour presser le porteur du ballon ou pour contrer une frappe. Face à une équipe peu mobile et peu agressive, le Racing s'est rendu la tâche plus facile en étant structuré et discipliné.

Daniel Da Mota s'est montré efficace sur la pelouse du Camping.
Daniel Da Mota s'est montré efficace sur la pelouse du Camping.
Photo: Christian Kemp

Les tops

Daniel Da Mota (Racing): il a été très actif pendant tout le match. Il a souvent pris de vitesse ses adversaires directs et a donc été le joueur le plus dangereux de son équipe.

Tarek Nouidra (Racing): encore une fois, il a ratissé un grand nombre de ballons. Une grosse activité à la récupération mais aussi de nombreuses percées offensives. Un match plein.

Pape M’Boup (Racing): comme ses coéquipiers de la charnière centrale, il a bien fait son boulot. Il a gagné tous ses duels aériens et a été très bon à la relance.

Les flops

Jeff Lascak (Rosport): méconnaissable. Mangé dans tous les duels, aucun pressing, pas d’efficacité dans ses choix. Une attitude qui a pénalisé son équipe.

Philippe Werdel (Rosport): toujours en retard défensivement. Il a provoqué la faute qui amène le premier but. Une énième faute, un carton jaune et un remplacement.

Timo Heinz (Rosport): comme Bartsch, il n’a pas eu la mobilité permettant à ses coéquipiers de le trouver. Pas mal de pertes de balles qui ont occasionné des contres.


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