Changer d'édition

«Le choix tactique des Dudelangeois a été pertinent»
Sport 5 min. 20.02.2017 Cet article est archivé
Dudelange - Titus Pétange 3-0

«Le choix tactique des Dudelangeois a été pertinent»

Dudelange - Titus Pétange 3-0

«Le choix tactique des Dudelangeois a été pertinent»

Sport 5 min. 20.02.2017 Cet article est archivé
Dudelange - Titus Pétange 3-0

«Le choix tactique des Dudelangeois a été pertinent»

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Après avoir grillé son joker dans la course au titre face à la lanterne rouge Käerjéng le week-end dernier, le leader dudelangeois recevait une équipe qui s'est muée au fil des semaines en épouvantail de la BGL, le Titus Pétange. Le F91 a remis les choses dans l'ordre dans un match marqué par de nombreux faits de jeu.

Après avoir grillé son joker dans la course au titre face à la lanterne rouge Käerjéng le week-end dernier, le leader dudelangeois recevait une équipe qui s'est muée au fil des semaines en épouvantail de la BGL, le Titus Pétange. Le F91 a remis les choses dans l'ordre dans un match marqué par de nombreux faits de jeu.

Par Thomas Fullenwarth

Le F91 est-il une machine trop bien huilée?

A l’entame du match, les Dudelangeois se présentaient dans leur système de jeu de prédilection à savoir le 4-4-2. Un système de jeu permettant d’utiliser toute la largeur du terrain et favorable à la participation des défenseurs latéraux dans le jeu offensif. Ce surnombre tantôt apporté par Mélisse, tantôt par De Sousa n’était pas de trop pour déséquilibrer un bloc pétangeois installé à 35 mètres de ses buts et très discipliné.

Le choix tactique des Dudelangeois a été pertinent. Ils ont pris le temps de préparer leurs attaques en faisant circuler le ballon afin de déplacer la défense visiteuse et ainsi trouver le décalage permettant à da Mota ou Jordanov d’avoir de l’espace pour centrer et apporter le danger dans la surface de réparation adverse. Afin de diversifier son jeu, le F91 s’est également servi des décrochages d’Ibrahimovic, qui a été performant dans un rôle de pivot, grâce à une grosse solidité dans sa couverture de balle. Il a ainsi attiré autour de lui deux à trois joueurs défenseurs pétangeois permettant à Stolz d’évoluer plus librement.

Cependant, pour mettre en difficulté ce type de défense regroupée et créer ces fameux décalages, l’équipe en possession du ballon doit amener de la vitesse d’exécution lorsqu’elle décide d’enclencher une attaque. Or, les Dudelangeois ont toujours gardé le même rythme dans leur construction de jeu. Il n’y a eu ni temps fort, ni temps faible. Et face à une équipe aussi soudée, aussi disciplinée que le Titus Pétange, ce rythme monocorde n’est pas suffisant pour faire la différence malgré une supériorité évidente au niveau technique.

On a d’ailleurs senti les Dudelangeois sûrs de cette aisance technique. Ils n’ont jamais eu l’air de paniquer et ils ont gardé la même ligne de conduite offensive pourtant mise en échec par leur adversaire. On n’a pas senti les locaux capables de trouver d’autres solutions pour contourner le mur visiteur, comptant même sur une erreur de l’adversaire.

Un manque d’originalité dans le jeu, qui explique peut-être, lorsque les éléments leur sont moins favorables, des contre-performances comme celle survenue, il y a une semaine à Käerjéng.

Edisson Jordanov s'est montré remuant sur son flanc posant régulièrement des soucis à la défense du Titus Pétange.
Edisson Jordanov s'est montré remuant sur son flanc posant régulièrement des soucis à la défense du Titus Pétange.
Photo: Fernand Konnen

Pourquoi le Titus Pétange a-t-il montré qu'il mérite sa cinquième place?

Après avoir confirmé, le week-end dernier, que le promu n’avait rien à faire dans la partie basse du classement, le Titus avait l’occasion de se jauger face à ce qui se fait de mieux cette saison en BGL Ligue. Il est de mise de dire qu’une équipe de haut de tableau doit avoir deux caractéristiques principales: la discipline tactique et la capacité à produire du jeu. Dans la Forge du Sud, Pétange a prouvé qu’il avait les deux.

On a pu observer que les onze joueurs ont formé, pendant la quasi-totalité du match, un bloc soudé. Chaque ligne étant très rapprochée, les visiteurs ont parfaitement quadrillé le terrain n’offrant que rarement des espaces de passe au F91. Leur seul point faible réside dans le placement de leurs défenseurs latéraux qui n’ont pas su gérer les transversales lancées de leur côté opposé. Par manque d’anticipation, de communication, ils ont souvent oublié da Mota et Jordanov dans leur dos, ce qui a notamment permis l’obtention du premier penalty dudelangeois consécutif à une faute d’inattention du latéral gauche pétangeois (Carlsson).

Au-delà de ce détail trop pénalisant face à ce type d’adversaire, le promu a affiché une stabilité étonnante malgré un scénario peu évident. En effet, le coach Correia a dû procéder à deux changements avant et pendant la mi-temps: la sortie de Bojic et surtout la perte de son capitaine, Silaj à la mi-temps. L'entraîneur visiteur a dû redistribuer les rôles en changeant le positionnement de certains joueurs. On aurait pu penser que cela déstabiliserait son équipe mais elle a prouvé sa force de caractère en ne faiblissant pas.

Ce qui différencie Pétange des autres équipes «combatives» de BGL, c’est qu’après avoir cravaché pour récupérer le ballon, on découvre une équipe qui a le coffre pour constamment essayer de jouer au football et qui produit de belles phases de jeu. Pétange n’a pas hésité, à la récupération du ballon, à se projeter à cinq ou six joueurs pour aborder la défense dudelangeoise laissée à l’abandon par ses éléments offensifs. Face à une charnière centrale  Schnell-Prempeh (sans oublier un Joubert) référence en la matière, cela ne marche pas à tous les coups. Mais on peut aisément comprendre pourquoi Pétange se rapproche plus du Top 4 que du ventre mou de la BGL Ligue.

Khalid Lahyani au duel avec Tom Schnell. L'attaquant pétangeois s'est donné sans compter face au leader dudelangeois.
Khalid Lahyani au duel avec Tom Schnell. L'attaquant pétangeois s'est donné sans compter face au leader dudelangeois.
Photo: Fernand Konnen

Les faits de jeu ont-ils tué le match?

Les amateurs de football ont été gâtés avec deux belles équipes, du jeu, des temps forts de chaque côté, du suspense… Alors quelle frustration de quitter les tribunes en se disant que la décision s’est faite sur trois penaltys! On aurait préféré que les joueurs soient autrement récompensés de leurs efforts. Bien évidemment, les penaltys n’ont pas été «offerts» par l’arbitre du match (M. Sales) qui a su prendre ses responsabilités le moment venu. Ces fautes ont bien été provoquées par les attaquants de chaque équipe. Pourtant, on aurait aimé savoir quelle solution allait trouver le F91 pour accrocher ces trois points ou si le Titus était capable de faire douter le leader.

Les Tops

Khalid Lahyani: a évolué à trois postes différents avec un énorme rendement. Increvable, aboyeur: un soldat exemplaire.

Daniel da Mota: par sa vitesse et sa percussion, il a été le dynamiteur de son équipe.

Jonathan Joubert: sauve son équipe du traquenard en bloquant le penalty d’Abreu.

Les Flops

Les défenseurs latéraux du Titus: malgré une belle combativité, leur placement et des erreurs techniques ont pénalisé leur équipe.

Artur Abreu: une belle première mi-temps mais s’éteint tout doucement au fil de la seconde période.

Mario Pokar: a-t-il insulté l’arbitre ou non? Peu importe. Ce type de carton rouge est indigne d’un joueur de haut niveau.


Sur le même sujet

Un match fermé n'est pas nécessairement dénué d'intérêt. La preuve par ce choc riche en enseignements et qui annonce une fin de championnat haletante. Pourquoi le F91 s'est-il heurté au roc differdangeois? Quelles astuces tactiques ont fait la différence? Retour sur un des tournants de la compétition.
Double passeur contre le Racing ce dimanche, Ken Corral a joué son rôle de joker de luxe à fond. L'ailier s'accommode de cette situation délicate en faisant passer le collectif avant sa propre personne.
Marvin Martins, Patrick Stumpf et Ken Corral n'avaient plus connu les joies d'une victoire depuis le 1er octobre. C'était donc légitime de savourer ce moment.
Les meilleures gâchettes de la BGL Ligue ont répondu présent ce dimanche en l'absence d'Er Rafik. Hadji a repris seul les commandes du classement des buteurs, mais Turpel en a profité pour se hisser au même niveau que l'attaquant de Differdange, suspendu.
Samir Hadji (Fola Esch – 15) / Fussball BGL Ligue Luxemburg, 15. Spieltag Saison 2016-2017 / 19.02.2017 / Fola Esch - FC Victoria Rosport / Stade Emile Mayrisch / Foto: Yann Hellers
Pour sa rentrée, le Fola se déplaçait sur la pelouse de l'US Mondorf avec l’idée de rester à distance raisonnable du duo de tête (Dudelange et Differdange). Ce déplacement aurait pu ressembler au guet-apens dans lequel étaient tombés les Eschois en mai dernier en Coupe. Cette fois-ci, il n'en a rien été.
/ Football Luxembourg /  Saison 2016-2017  / 28.01.2017 / Jeunesse Esch vs Hostert  / Terrain Synthétique Rue Jean Pierre  Bausch, Esch / Photo : Michel Dell’Aiera