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Le CFR Cluj prêt à laver l'affront
Sport 5 min. 28.08.2018 Cet article est archivé

Le CFR Cluj prêt à laver l'affront

Toni Conceicao a aligné une équipe bis ce dimanche en championnat. Le technicien portugais a besoin de fraîcheur jeudi.

Le CFR Cluj prêt à laver l'affront

Toni Conceicao a aligné une équipe bis ce dimanche en championnat. Le technicien portugais a besoin de fraîcheur jeudi.
Photo: kuva
Sport 5 min. 28.08.2018 Cet article est archivé

Le CFR Cluj prêt à laver l'affront

Surpris par sa défaite (0-2) au stade Josy Barthel lors de la première manche du barrage de qualification pour la Ligue Europa, le CFR Cluj s'est donné les moyens de renverser la tendance jeudi face au F91 Dudelange.

Par Guillaume Balout

Le succès inattendu (2-0) du F91 Dudelange sur le CFR Cluj jeudi n'aura pas triomphé du sens de l'humour des Roumains. Dans un billet d'humeur publié vendredi dans le journal ProSport, Vlad Macicasan se prend à imaginer le retour de Tom Schnell chez lui et le récit de la journée du défenseur luxembourgeois raconté à sa femme après la victoire contre les champions de Roumanie.

«J'ai été au travail ce matin, j'ai mangé sur le pouce à midi puis je suis allé au stade dans la soirée. J'avais un match avec des potes. On a battu des Roumains qui ne font rien en dehors du football, qui descendent dans les meilleurs hôtels, qui se déplacent en jet privé, que les gens adorent, respectent et à qui on demande des autographes. Ils bénéficient des meilleurs programmes de préparation, de récupération, de soins et d'alimentation recommandés par des professionnels. Ils gagnent dix fois plus que nous et nous les avons bat…

Sa femme l’interrompt brusquement:

Bof, c'est le football, Tom! Je t'ai déjà dit que tu perdais ton temps là-bas. Sinon, t'as pris le pain?»

Tom Schnell se tait. Il termine sa bière et s'assoit sur le lit. Demain est un nouveau jour à la mairie où il doit être présent à la première heure. Avant de se coucher, il fait quelques recherches sur Internet sur le CFR, Omrani ou Culio puis s'endort au moment où il arrive aux victoires contre l'AS Rome [2-1 en 2008] et Manchester United [1-0 en 2012].»

«Nous étions prévenus»

Le ton grinçant du facétieux journaliste trahit le malaise apparu à Cluj depuis quelques jours. Dès la fin du match, le président du CFR évoque «une défaite honteuse». «J'espère qu'on renversera le score à domicile, mais ce sera difficile. Nous étions prévenus, nous avions vu leur match contre le Legia, nous avions vu comment cette équipe se présentait», déplore Iuliu Muresan, comptant sur «un sursaut d'orgueil». À froid, le constat de Dorinel Munteanu, membre de la génération dorée roumaine des années 1990, dans ProSport est encore plus cinglant: «Je ne crois pas à la qualification car le résultat est venu du bon jeu de l'adversaire, pas de la chance. Le CFR a été dominé.»

Dans le même quotidien, le capitaine Camora fustige son attitude ainsi que celle de ses coéquipiers: «Je crois que nous ne nous sommes pas préparés pour ce match. Peut-être qu'on a cru que ce serait facile. Et lorsque tu ne te prépares pas, après, c'est compliqué de gagner. Ça donne une semaine difficile, tendue. Il nous reste quatre-vingt-dix minutes. Ce qu'ils ont fait là-bas, nous pouvons le faire chez nous à Cluj.» «Nous en avons mis trois au Dinamo, ce ne sera pas un problème d'en mettre quatre à ceux-là», renchérit l'attaquant George Tucudean, dans le camp des optimistes. De Cristian Bud à Ricardo Cadu en passant par l'ancien président de la Ligue professionnelle de football qui assure «que le CFR se qualifiera plus facilement que le Steaua [battu 3-1 par le Rapid Vienne]», d'anciens joueurs misent sur une victoire par 3-0. «Je crois qu'ils ont plus de chances de se qualifier que nous», juge Nicolae Dica, l'entraîneur de leurs rivaux bucarestois. «Ils ont un 0-2 à remonter, mais ils rencontrent une équipe du Luxembourg.»

Nous en avons mis trois au Dinamo, ce ne sera pas un problème d'en mettre quatre à ceux-là 

Gratuit pour les abonnés, 1 euro pour les autres

Pour joindre les actes aux paroles, chacun aborde cette seconde rencontre au sérieux. Pour prévenir les défaillances physiques, pointées par un journaliste de la chaîne Digi Sport affirmant que «la préparation physique se fait par-dessus la jambe [en Roumanie]», l'entraîneur Toni Conceiçao a aligné une équipe de remplaçants face au Gaz Metan Medias dimanche en championnat (0-0).

De son côté, sur le plateau de Look TV, son président a annoncé une augmentation des primes de qualification pour les joueurs. Dans l'espoir de remplir les 23.500 places du stade Constantin-Radulescu et créer une atmosphère hostile aux Dudelangeois, l'entrée sera gratuite pour les abonnés et à seulement 1 euro pour les autres.

À l'image de ProSport, la presse s'est, quant à elle, enfin intéressée au système luxembourgeois en recueillant le témoignage de Nelu Stoian, entraîneur de boxe roumain installé au Grand-Duché: «On n'attend pas des résultats du jour au lendemain, mais à long terme. (…) Le Luxembourg possède des infrastructures extraordinaires avec des terrains synthétiques, des salles où tout le monde joue l'hiver. Il y a des salles dans chaque quartier, dans la plus petite localité. Et tout est gratuit, l'équipement, tout!»

Baptista a joué, Fernandez a brillé

Attraction du mercato du CFR, Julio Baptista a disputé ses premières minutes contre Medias. Entré pour les vingt dernières minutes, l'attaquant brésilien n'a rien montré d'exceptionnel, si ce n'est qu'il pouvait être opérationnel après deux ans d'arrêt. Sa présence a également permis de lever le doute sur le traitement à la cortisone, substance autorisée sous conditions, qu'il a suivi jusqu'à samedi pour soigner une bronchite. En revanche, Jesus Fernandez, autre ancien joueur du Real Madrid, a fait forte impression ce week-end, si bien que le gardien espagnol devrait à nouveau être là contre Dudelange.

La plus grande ville de Transylvanie cherche aujourd'hui à chasser le spectre des éliminations traumatisantes du Dinamo Bucarest contre les Albanais du KF Tirana en 1986 et les Islandais du KR en 1997. La chute cruelle du papier de Vlad Macicasan - «Ce ne serait pas une mauvaise chose de trouver un travail à mi-temps et de jouer au football le reste du temps: on s'élèverait peut-être à un niveau semi-amateur.» - ne doit pas maintenant trop griser le F91…


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