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Lars Gerson: «Logique que la pression augmente»
Sport 9 min. 21.03.2019

Lars Gerson: «Logique que la pression augmente»

Lars Gerson: «Contre la Lituanie, on se doit de dominer la rencontre à domicile, de se montrer la meilleure équipe avec le ballon».

Lars Gerson: «Logique que la pression augmente»

Lars Gerson: «Contre la Lituanie, on se doit de dominer la rencontre à domicile, de se montrer la meilleure équipe avec le ballon».
Photo: Ben Majerus
Sport 9 min. 21.03.2019

Lars Gerson: «Logique que la pression augmente»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
A 29 ans, Lars Gerson (65 sélections, 4 buts) entamera vendredi sa sixième campagne de qualification avec les Roud Léiwen. Dans un groupe B très relevé avec le Portugal, la Serbie, l'Ukraine et la Lituanie, le joueur de l'IFK Norrköping espère voir l'équipe nationale encore progresser.
  • Lars, comment sentez-vous votre sixième campagne de qualification avec l'équipe nationale?

Je trouve que nous sommes dans un groupe difficile. Bon, le Portugal, on le connaît bien. La Serbie était une des meilleures équipes présentes dans le pot 2 lors du tirage au sort. On a déjà affronté l'Ukraine et on a connu des problèmes; on n'avait pas mal joué contre eux, mais à l'arrivée on avait quand même perdu 0-3. Enfin, la Lituanie est plus ou moins du même niveau que nous. C'est une équipe contre laquelle nous devons essayer de gagner.

  • Quelle est l'ambition de l'équipe dans ces éliminatoires?

Ca va être difficile. Essayons de faire des bons matches, et on verra ce que cela donnera sur le plan des résultats. Le coach n'évoquera les objectifs que ce mercredi soir (ndlr: l'interview a été réalisée mercredi midi). Lui connaît nos adversaires bien mieux que nous, il a vu plusieurs de leurs matches. On va voir. De toute façon, on commencera chaque match avec l'objectif de le gagner.

  • Même si le contexte sera forcément différent, la sélection peut-elle continuer à surfer sur la vague de la Ligue des Nations 2018?

Oui, je crois, il faut toujours essayer de s'améliorer, ce qui est une constante année après année depuis que je suis en équipe nationale (ndlr: en 2008). L'équipe ne cesse de progresser. Bien sûr, l'année 2018 a été particulièrement bonne au niveau des résultats, même s'il faut reconnaître que les adversaires n'étaient pas du niveau de ceux que nous nous apprêtons à affronter. Cela s'annonce compliqué, mais il faudra quand même poursuivre la courbe de progression.

  • Parallèlement, les attentes du public risquent-elles aussi d'être plus élevées. Ne craignez-vous pas une certaine forme de pression à ce niveau-là?

C'est tout à fait logique que la pression augmente un peu. Toutefois, il ne faut pas non plus exagérer: les gens doivent comprendre que des équipes comme la Serbie et l'Ukraine, même si ce ne sont pas les noms les plus ronflants du continent, sont d'excellentes formations, avec des joueurs qui évoluent dans les plus grands championnats.

Le 0-0 de Toulouse n'est pas arrivé par hasard

  • La sélection luxembourgeoise est-elle capable de rééditer un exploit du type du 0-0 forgé à Toulouse contre la France en 2017?

Oui, bien sûr, nous en sommes tout à fait capables. Ce résultat de Toulouse n'est pas arrivé par hasard. Ce n'est pas comme si on l'avait fait une fois, et puis plus rien. En football, on sait bien que tout peut arriver. Maintenant, le Luxembourg a atteint un niveau où forger ce genre d'exploit est possible. Ce n'est pas uniquement le cas du Luxembourg, mais toute une série d'autres petites nations européennes ont aussi progressé et sont capables d'un exploit.

  • Cette campagne éliminatoire pour l'Euro 2020 peut-elle être aussi prise comme une préparation pour la Ligue des Nations 2020, où le Luxembourg devrait être amené à jouer pour la gagne?

C'est sûr que la Ligue des Nations reste une occasion unique pour nous d'ambitionner une participation à une phase finale d'un Championnat d'Europe. Malheureusement, l'année passée, nous l'avons loupée dans notre match décisif contre la Biélorussie. Mais bon, on se préparera pour cette compétition spécifique le moment venu, pas maintenant. Cela ne trotte absolument pas dans les têtes pour le moment. Nous sommes focalisés sur la compétition qui nous attend et spécifiquement sur le prochain match. Chaque chose en son temps.

  • Avec 65 sélections au compteur, vous êtes aujourd'hui le plus capé en équipe nationale derrière le trio de trentenaires (Mutsch, 99; Da Mota, 91; Joachim, 77). Les jeunes du cadre viennent-ils volontiers vous trouver pour recevoir des conseils ou des avis?

Cela arrive parfois, oui, mais pas trop. Moi aussi, de mon côté, j'essaie de leur glisser l'un ou l'autre petit conseil quand je crois que c'est important ou que cela peut les aider. Maintenant, la plupart de nos jeunes sont déjà de très bons footballeurs et font très bien les choses par eux-mêmes. Donc, c'est difficile de leur apporter encore plus. On voit qu'aujourd'hui, ces jeunes ont déjà dix ou vingt sélections, ce n'est pas anodin.

  • Comment avez-vous vécu ce virage vers un rajeunissement des cadres opéré par la sélection ces deux, trois dernières années?

C'est quelque chose de très positif, surtout pour un petit pays comme le Luxembourg qui ne dispose pas d'un immense réservoir de talents. C'est clairement la meilleure voie à suivre: leur donner l'opportunité de jouer, les incorporer progressivement dans le groupe. Depuis son arrivée à la tête de la sélection, Luc Holtz a toujours fonctionné comme cela. C'est la meilleure façon de bâtir un avenir souriant pour la sélection.

  • Parmi ces jeunes internationaux, quel est celui dont la courbe de progression vous a le plus impressionné?

Il y en a beaucoup, mais je citerai Vincent (Thill) et Kiki (Martins). Vincent a débarqué en équipe nationale très, très jeune. Puis, il a connu une période de creux, et maintenant il revient bien, ce qui démontre d'immenses qualités dans son chef. Avoir la faculté comme cela de refaire surface après avoir connu le doute prouve qu'il est vraiment très fort. Car ce n'est pas toujours facile, et a fortiori à cet âge-là. Kiki a acquis beaucoup d'expérience, et on voit dans son jeu qu'il joue avec plus de maturité. En plus, il est en grande forme pour le moment, et cela se voit.

  • Que pensez-vous de ce débat opposant ceux qui sont favorables à la présence de davantage de joueurs-phares de BGL Ligue en équipe nationale à ceux qui privilégient des joueurs expatriés, mais qui jouent peu dans des divisions inférieures à l'étranger?

C'est difficile à dire. Je crois qu'il ne faut pas faire de généralisation, chaque cas personnel est particulier. J'aime bien les joueurs de BGL Ligue qui sont sélectionnés, ce sont de très bons joueurs. Et parfois, je dois avouer que je ne comprends pas pourquoi ils ne partent pas jouer à l'étranger.

  • Suivez-vous un peu la BGL Ligue depuis la Suède?

Pas trop. Je communique parfois avec Mathias (Jänisch) par SMS, mais sans plus. Je serais bien incapable de vous citer les meilleurs joueurs du championnat, mais je m'informe des résultats.

Ca va être cool de jouer dans le nouveau stade, j'ai hâte d'y être.

  • Comme on l'a encore vu mardi en amical contre l'Union Saint-Gilloise, vous, l'ancien milieu de terrain défensif, officiez de plus en plus en tant que défenseur central. Quelles sont vos qualités spécifiques à ce poste et quels points devez-vous encore améliorer?

Je suis toujours en phase d'apprentissage, car c'est tout de même encore un peu neuf et spécial pour moi. Surtout qu'à Norrköping, j'évolue dans une défense à trois centraux, tandis qu'en équipe nationale, c'est au sein d'une ligne arrière à quatre. Mais je crois pouvoir affirmer que cela a plutôt bien marché lors des quatre ou cinq matches que j'ai joués ici avec le Luxembourg. Comparé à l'archétype des défenseurs centraux athlétiques, physiques et au bon jeu de tête, j 'essaie de faire valoir plutôt mes qualités techniques balle au pied dans mes relances, de distribuer de bonnes passes à mes partenaires pour ne pas les mettre en difficulté.

  • Comment switche-t-on facilement d'un système à trois défenseurs à une défense à quatre?

A Norrköping, l'entraîneur veut que les deux "extérieurs" du trio, soit là où je joue le plus, avancent un peu avec le ballon, portent le ballon vers l'avant. On peut faire des courses vers l'avant, comme de vrais backs. On court quand même beaucoup à cette place. Il y a toujours néanmoins un partenaire qui assure la couverture si tu avances et qu'un adversaire surgit dans ton dos. Tandis que dans une ligne de quatre, tu ne peux pas trop te montrer aussi agressif vers l'avant. Tu peux davantage exprimer ton tempérament offensif à trois qu'à quatre. Je maîtrise davantage ce système-là, car c'est celui que j'ai le plus pratiqué. Mais dans le système à quatre arrières, tu reçois aussi l'aide des deux milieux centraux, qui redescendent parfois chercher les ballons bas pour construire le jeu. Comme Kiki Martins l'a fait en seconde mi-temps contre l'Union Saint-Gilloise mardi en amical à Bissen. Je dois dire que j'apprécie aussi bien les deux systèmes. Pour l'instant, cela a bien fonctionné.

  • Votre premier adversaire dans le groupe B éliminatoire de l'Euro 2020 est ce vendredi la Lituanie, que vous aviez battue en amical (2-1) en août 2013. Les trois points sont attendus dans tout le pays face à l'adversaire présumé le plus faible du groupe B...

C'est sûr que c'est un match où l'on doit tout faire pour gagner. Si je me rappelle bien de ce match de 2013, on avait beaucoup le ballon et des opportunités, mais ce sont eux qui ont ouvert la marque en première période, puis on avait renversé la situation après le repos avec des buts d'Auré (Joachim) et Stefano (Bensi). On avait fait un très bon match, on s'était créé beaucoup d'occasions. On se doit de dominer la rencontre à domicile, de se montrer la meilleure équipe avec le ballon. Je ne sais pas s'ils sont plus forts ou pas aujourd'hui, on verra.

  • Que pensez-vous du calendrier un peu singulier du groupe B qui vous impose deux matches à la maison pour commencer, avant d'ensuite retrouver les... deux mêmes adversaires, la Lituanie et l'Ukraine, lors d'un double déplacement au mois de juin?

C'est bien de commencer la campagne à domicile, je trouve. Maintenant, ce seront deux matches durs à enchaîner en juin, mais l'avantage, c'est que l'on ira directement de Lituanie en Ukraine (ndlr: les deux matches sont séparés de trois jours, respectivement le 7 juin à Vilnius et le 10 juin à Lviv). Cela nous fera donc un vol en moins. C'est un double déplacement en un seul bloc.

  • Cette campagne 2020 sera aussi selon toute vraisemblance la dernière à se dérouler au stade Josy Barthel avant le déménagement attendu dans le nouveau stade. Vous qui avez connu tellement de choses dans l'enceinte de la route d'Arlon, qu'est-ce que cela vous inspire?

C'est sûr que j'y ai accumulé de bons et de moins bons souvenirs. Ca va être cool de jouer dans le nouveau stade, j'ai hâte d'y être. Parfois, on en parle entre nous, surtout que nous avions eu l'occasion de visiter le chantier l'année dernière. Ce sera parfait pour nous de pouvoir évoluer dans un tel stade, pas trop grand, et plus confortable pour tout le monde.


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