Changer d'édition

Landry Bonnefoi: chaud derrière!
Sport 6 min. 26.10.2018 Cet article est archivé

Landry Bonnefoi: chaud derrière!

Landry Bonnefoi a fait preuve de beaucoup d'autorité face à l'Olympiakos jeudi soir.

Landry Bonnefoi: chaud derrière!

Landry Bonnefoi a fait preuve de beaucoup d'autorité face à l'Olympiakos jeudi soir.
Photo: kuva
Sport 6 min. 26.10.2018 Cet article est archivé

Landry Bonnefoi: chaud derrière!

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Après F91 Dudelange - Olympiakos Le Pirée 0-2

Sous les projecteurs à l'occasion de sa première sortie officielle avec le F91, Landry Bonnefoi a été mis à l'épreuve des Grecs de l'Olympiakos jeudi (0-2). L'ancien gardien de Strasbourg a fait le job, mais c'est pour ça qu'il a été engagé par Dudelange.

C'est peut-être la tenue orange fluo de Landry Bonnefoi, mais plus sûrement le besoin impératif de victoire qui a donné des idées belliqueuses aux joueurs de l'Olympiakos venus à Luxembourg pour se remettre sur les rails après une entame de saison bien en deçà des ambitions d'un club aux 71 titres nationaux (44 sacres en championnat, 27 coupes). Et quoi de mieux que ce déplacement au Luxembourg à l'occasion de la troisième journée de la phase de poules de la Ligue Europa. Une occasion que ne voulait pas non plus manquer le F91 pour ouvrir ses compteurs.

Et pour ce faire, Dino Toppmöller avait décidé de faire tourner ses gardiens, placer Joe Frising sur le banc et lancer Bonnefoi (35 ans) dans le grand bain. Recruté à la fin du mois d'août pour pallier la blessure de Jonathan Joubert (blessé le 23 août contre Cluj), l'ancien du FC Metz, qui a été champion en 2002 et 2003 avec la Juventus et qui ne peut que disputer la compétition continentale, attendait son heure.

Le F91 a lutté avec ses armes et son courage mais ça n'a pas suffi pour ébranler un ensemble professionnel sorti d'une préparation commando pour ce rendez-vous capital pour les Hellènes. «C'est frustrant. On a donné beaucoup d'énergie, mais nous n'avons pas été récompensés, mais nous savions que l'Olympiakos était une belle équipe et qu'elle était habituée à ce genre de compétition. Nous devons apprendre très rapidement de ces matches-là pour essayer d'engranger quelques points pour ne pas finir à zéro», indiquait l'ancienne doublure de Gigi Buffon à la sortie des vestiaires.

«La chance ne vient pas toute seule» 

Au Racing Club de Strasbourg, le président Keller lui avait proposé une pige d'une saison supplémentaire, mais avec un statut de troisième gardien. Le natif de Villeparisis (Seine-et-Marne) a préféré le challenge de la Forge du Sud avec toutes les interrogations inhérentes à son statut de joueur transféré après la fermeture du mercato luxembourgeois. Jeudi soir, il a retrouvé le terrain pour un match officiel. Cela faisait d'ailleurs un bail qu'il n'avait endossé un statut de titulaire. Depuis le mois de mai. Son dernier match en Ligue 1 remontait au 20 janvier, c'était contre Dijon. «Ça fait du bien! Car le but c'est de jouer mais le coach fait des choix. Il m'avait dit que je n'étais pas encore prêt. Je l'ai entendu et je me suis préparé pour être d'attaque le plus rapidement possible. Avec Luc (Duville), nous avons bien travaillé. Je suis très content de ma prestation même si nous avons perdu.»

Sur sa ligne de but, Bonnefoi n'a pas eu le temps de cogiter. C'est par vagues que l'Olympiakos, qui a voulu mettre beaucoup de vitesse dans son jeu, a déferlé. Des Grecs imprécis mais toujours dangereux. Si Dudelange est de retour aux vestiaires sur un score de parité, il le doit au talent de son dernier rempart: un arrêt décisif qui fait échec à la tentative du capitaine Fortounis (16e), mais aussi à sa baraka: il est sauvé par deux fois par ses poteaux (13e et 22e).  «Ça fait partie du football. Dommage que ça n'a pas suffi, mais il faut se créer la chance aussi, elle ne vient pas toute seule.» 

Sur les treize tirs au but grecs de la première mi-temps, six ont été cadrés (dont 5 à l'intérieur de la surface de réparation) et à six reprises, Bonnefoi va se montrer intraitable. «Je me suis bien senti. J'ai eu de suite de bonnes sensations. Quand l'équipe adverse a beaucoup d'occasions, le gardien doit répondre présent. Je me suis mis dedans, j'ai essayé de faire la meilleure prestation possible pour aider l'équipe.»

«Je ne sais pas si c'est une bonne chose d'être beaucoup sollicité. Je préfère ne pas être sollicité et gagner le match. Pour un match de reprise le plus important ce sont les premiers ballons, c'est cela qui m'a mis à l'aise.»

«Se remette la tête à l'endroit»

La seconde mi-temps sera quasiment du même acabit: huit tirs sur le but luxembourgeois, cinq cadrés, une double parade décisive devant Koutris puis Podence (68e), une main très ferme pour repousser l'essai de près de Christodoulopoulos sur sa barre (77e), mais il n'a rien pu faire sur le coup de tête de Torosidis pour l'ouverture du score (66e). Une ouverture du score entachée de trois erreurs. Un changement (Mélisse pour Stolz) qui intervient avant le corner, une faute de l'ancien de la Roma sur Dave Turpel et une esquive de sortie du portier dudelangeois.

Sur cette action, Bonnefoi (1,84 m) n'a pas été au bout de son idée première. Il a reculé et l'international grec a croisé son coup de tête (66e). Depuis ses débuts, les airs n'ont jamais été son royaume mais le numéro 12 du F91 a fait le nécessaire pour s'imposer à trois autres reprises sur des centres. Une seule fois en deuxième mi-temps lorsque Toppmöller avait réorganisé son secteur pour placer une ligne de quatre au lieu des trois hommes de départ, ce qui avait laissé beaucoup  d'espaces sur les flancs et mis en difficulté Jerry Prempeh et Tom Schnell.

«A trois, c'est un système différent. Ils nous ont pressés en première période, ont essayé de nous mettre en difficulté et ils y sont arrivés sur quelques actions mais nous étions quand même bien en place. Le coach a décidé de changer pour les mettre en difficulté parce qu'ils nous mettait quelquefois hors de position.» Un changement tactique qui a aussi permis au gardien de relancer davantage à la main pour construire le jeu assez bas, les longues relances au pied de la première période ayant trop souvent abouti à une contre-attaque grecque.

Pour sa première apparition officielle sous le maillot du F91, Bonnefoi a fait le job et n'a pu que suivre des yeux la pichenette de Fortounis suivie de la malchance de Jordanov, au deuxième poteau, qui inscrivait le 0-2 à la 81e minute. «Il faut vite apprendre de nos erreurs», conclut-il. «Déjà, en Coupe à Sandweiler, il faut qu'on gagne, qu'on se remette la tête à l'endroit pour les prochains matches.» Mais pas qualifié pour les compétitions domestiques, il repassera la main à Frising dès dimanche. Joubert quant à lui piaffe déjà d'impatience. A Dudelange, c'est chaud derrière!


Sur le même sujet

F91 - Olympiakos: Bonnefoi irréprochable, Kruska à la baguette
Le gardien vétéran français Landry Bonnefoi, pour sa première apparition officielle dans le but dudelangeois, et le chef d'orchestre allemand Marc-André Kruska ont été les plus belles satisfactions du F91, battu ce jeudi soir 0-2 au stade Josy Barthel par l'Olympiakos Le Pirée dans le groupe F de l'Europa League
Marc-Andre Kruska a été le véritable chef d'orchestre de la formation dudelangeoise
F91 - Olympiakos: le grand décollage?
Dudelange peut-il mettre à profit la venue de l'Olympiakos au stade Josy Barthel, ce jeudi à 18h55, pour débloquer son compteur à l'occasion de la troisième journée de la Ligue Europa? Les Grecs sont en plein doute au contraire des Luxembourgeois. Mais attention à la bête blessée.
Jerry Prempeh et les Dudelangeois rêvent d'accrocher leur(s) premier(s) point(s) en Europa League.