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La Super Ligue se dégonfle... déjà
Sport 3 min. 21.04.2021 Cet article est archivé

La Super Ligue se dégonfle... déjà

Parmi les opposants à l'idée de Super Ligue, les joueurs de Brighton n'ont pas hésité à afficher leur engagement.

La Super Ligue se dégonfle... déjà

Parmi les opposants à l'idée de Super Ligue, les joueurs de Brighton n'ont pas hésité à afficher leur engagement.
Photo : AFP
Sport 3 min. 21.04.2021 Cet article est archivé

La Super Ligue se dégonfle... déjà

Quarante-huit heures et puis s'en va: après avoir menacé lundi de bouleverser l'ordre établi du football européen, les promoteurs de la Super Ligue ne peuvent que constater l'échec de leur projet.

(AFP) - Manchester City a ouvert le bal, cinq autres clubs anglais ont suivi dans la nuit. Plus question pour ces équipes de foot de prestige de participer au projet de Super Ligue. Carton rouge direct pour la compétition qui voulait supplanter la Ligue des Champions, l'historique compétition européenne depuis 1955.


(FILES) In this file photo taken on June 1, 2019 Liverpool's German manager Jurgen Klopp (C) raises the trophy after winning the UEFA Champions League final football match between Liverpool and Tottenham Hotspur at the Wanda Metropolitano Stadium in Madrid. - Twelve of Europe's most powerful clubs announced the launch of a breakaway European Super League on April 19, 2021 in a potentially seismic shift in the way football is run, but faced accusations of greed and cynicism. Six Premier League teams, Liverpool, Manchester United, Arsenal, Chelsea, Manchester City and Tottenham are involved, alongside Real Madrid, Barcelona, Atletico Madrid, Juventus, Inter Milan and AC Milan. Real Madrid chief Florentino Perez, who was announced as the first ESL president, said the breakaway reflected the big clubs' wishes. (Photo by Ben STANSALL / AFP)
La banque JPMorgan se lance dans le football
La holding américaine a annoncé, lundi, qu'elle allait financer le projet de «Super League» porté par une poignée de clubs de foot européens parmi les plus riches.

Manchester City, Arsenal, Liverpool, Tottenham et Manchester United et Chelsea ont fait marche arrière. Sous la pression des supporters, de la presse, des autorités politiques même. «Nous avons fait une erreur et nous nous excusons pour cela», a écrit Arsenal dans un communiqué, résumant en une phrase ce que tout l'entourage du football s'évertuait à faire remarquer depuis deux jours.

Ces clubs pensaient convaincre le monde du football en proposant plus de matches à fort enjeu, et visaient des revenus colossaux en s'assurant un ticket permanent dans une épreuve quasiment inaccessible aux autres équipes européennes, avec 15 des 20 membres qualifiés d'office. Mais les rebelles ont essuyé une levée de boucliers générale, qui a fini par porter ses fruits, en  tout cas en Angleterre.

La victoire du football populaire

Les créateurs de la Super Ligue ont réagi à ce ''Brexit'' des clubs anglais en annonçant qu'ils allaient «reconsidérer les étapes les plus appropriées pour remodeler le projet», ce qui s'apparente à une suspension du projet. En attendant de savoir ce qu'il adviendra de cette Super Ligue très mal engagée, cet épisode rocambolesque place désormais le foot européen face aux immenses dissensions qui l'animent, entre riches clubs avides de bénéfices et nécessaire maintien d'une forme d'équité et d'incertitude sportives.

Les dissidents seront-ils punis pour avoir envisagé une telle révolution ? La réforme de la Ligue des champions à l'horizon 2024, adoptée lundi, sera-t-elle maintenue alors qu'elle ne semblait pas les satisfaire suffisamment, tout en étant critiquée par certains supporters comme étant peu lisible ? Autant de questions dont l'Union européenne de football (UEFA) devra se saisir, elle qui a pourtant lâché du lest ces dernières années face aux plus gros.

Cela ressemble en tout cas à une victoire du football populaire face aux grands patrons et actionnaires, symbolisée par exemple par les quelques centaines de fans de clubs anglais qui ont manifesté mardi soir leur désapprobation aux abords du stade Stamford Bridge de Chelsea, à Londres, à défaut de pouvoir le faire en tribunes pour cause de pandémie.

C'est un succès aussi, plus relatif, pour les instances du football, dont les menaces de représailles ont fini par dissuader certains clubs rebelles, ces «serpents», «guidés uniquement par l'avidité», des mots même du président de l'UEFA Aleksander Ceferin. Celui-ci n'avait pas hésité à brandir l'exclusion de ces clubs, et de leurs joueurs, de toutes les compétitions nationales et internationales, une menace reprise ensuite par Gianni Infantino, le patron de la Fédération internationale (Fifa).

Sur les pas de Guardiola

La Super Ligue, emmenée par le patron du Real Madrid Florentino Pérez, semblait avoir anticipé ces menaces. Elle avait même remporté, mardi, une première victoire judiciaire en obtenant d'un tribunal de commerce de Madrid une décision susceptible de geler provisoirement toute sanction la concernant. Mais en face, la défiance a été trop générale, à l'image des communiqués de grands diffuseurs indiquant qu'ils se refuseraient à accompagner le projet via de juteux contrats de droits télévisuels.

Les joueurs de Liverpool, club frondeur, ont publié un communiqué commun pour affirmer leur rejet. Cette opinion a rejoint celle de Pep Guardiola, entraîneur vedette de Manchester City, autre club dissident. Pour le Catalan, «ce n'est pas du sport si le succès est garanti ou si perdre n'a aucune importance».


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