Changer d'édition

La force sud-africaine de retour au sommet
Sport 5 min. 02.11.2019

La force sud-africaine de retour au sommet

Comme tous les 12 ans, les Boks ont répondu présent pour remporter leur troisième Coupe du monde..

La force sud-africaine de retour au sommet

Comme tous les 12 ans, les Boks ont répondu présent pour remporter leur troisième Coupe du monde..
Photo: AFP
Sport 5 min. 02.11.2019

La force sud-africaine de retour au sommet

Les gros bras d'Afrique du Sud ont décroché samedi à Yokohama face à l'Angleterre (32-12), passée à côté d'une finale longtemps fermée, leur troisième Coupe du monde, douze ans après la dernière, et rejoignent ainsi au panthéon la Nouvelle-Zélande.

 (AFP) - Le rugby est un sport qui se joue à quinze, et tous les douze ans ce sont les Springboks qui gagnent: douze ans s'étaient ainsi déjà écoulés entre leur premier titre, à domicile en 1995, et leur deuxième, en France en 2007, déjà face au XV de la Rose (15-6).

A l'époque uniquement par leurs buteurs, rôle qu'a parfaitement assumé Handré Pollard samedi (22 points) avant que les ailiers Makazole Mapimpi (66e) puis Cheslin Kolbe (74) ne donnent une plus grande ampleur au score. 

Le rugby est aussi ce sport qui sacre roi du monde les deux tiers du temps la même équipe (six en neuf éditions). Soit les All Blacks (1987, 2011 et 2015), avec leur jeu de mouvement et de passes, soit les Springboks, dans un style plus direct, frontal et brutal, qui a eu raison des rêves anglais d'un deuxième sacre après celui de 2003. Ainsi que de ceux de l'hémisphère Nord de s'inviter une deuxième fois au festin des nations du Sud. 

Cette force traditionnelle, celle de leurs avants massifs (Etzebeth, De Jager, Vermeulen, Mtawarira), leur a permis de revenir de nulle part pour monter sur le toit du monde lors de la première Coupe du monde disputée en Asie.

Car deux ans en arrière, ils étaient moribonds, sortant de deux années catastrophiques marquées par des défaites historiques, dont la plus large de leur histoire (0-57 en Nouvelle-Zélande en septembre 2017) et leur première en Italie (18-20 en septembre 2016).

«Pour l'Afrique du Sud»

Branle-bas de combat au pays des hommes forts, où le rugby est un peu plus qu'un sport, un catalyseur d'unité, que symbolise son premier capitaine noir, Siya Kolisi, ovationné avant de soulever le trophée Webb-Ellis.

Siya Kolisi, ici face à Tom Curry, est le premier capitaine noir de l'Afrique du Sud.
Siya Kolisi, ici face à Tom Curry, est le premier capitaine noir de l'Afrique du Sud.
Photo: AFP

«Nous avons tellement de problèmes dans notre pays mais une équipe comme celle-ci, qui vient de tellement d'horizons différents, de races différentes... Nous sommes arrivés tous ensemble avec un seul but et nous voulions l'atteindre. Nous l'avons fait pour l'Afrique du Sud. Ça montre que si on tire tous dans le même sens, on peut réussir quelque chose», a déclaré Kolisi. 

Pour sauver les meubles, les dirigeants ont appelé à la rescousse Rassie Erasmus et lui ont donné les pleins pouvoirs, avec la double casquette de sélectionneur et de directeur du rugby de la fédération. L'ancien troisième ligne maison (36 sél. entre 1997 et 2001) est allé à l'essentiel pour remettre de l'ordre dans la maison verte: rigueur et travail dans les rangs, et retour, donc, à l'ordre ancien, après la parenthèse Allister Coetzee, qui avait voulu faire évoluer les Boks vers un jeu plus ouvert.

Cet ordre a eu raison des statistiques, puisque l'Afrique du Sud est devenue la première équipe sacrée championne du monde après avoir perdu un match de poules (contre la Nouvelle-Zélande).

Il a surtout eu raison des Anglais, qui ont manqué le coche quand leur capitaine Owen Farrell a raté, à la 54e minute, la pénalité qui aurait permis à son équipe de revenir à 15 à 12. Trois minutes plus tard, Pollard a redonné neuf points d'avance à son équipe (18-9).

Mêlée fermée martyrisée

Le sélectionneur anglais Eddie Jones a donc manqué son objectif d'être champion du monde quatre ans après l'échec du Mondial à domicile, où le XV de la Rose avait été éliminé en poules pour la première fois de son histoire.

L'Angleterre, si impressionnante jusqu'ici, balayant l'Australie (40-16) en quarts de finale puis les All Blacks (19-7) en demies, a manqué sa finale. Difficile de ne pas y voir un lien avec, justement, l'énergie physique et mentale déployée face aux doubles tenants du titre.

Les Anglais sont passés à côté de leur finale.
Les Anglais sont passés à côté de leur finale.
Photo: AFP

Les Anglais semblent ainsi avoir joué leur finale il y a une semaine, tant ils ont été méconnaissables, dominés dans l'engagement mais surtout commettant des erreurs inhabituelles, comme cette passe hasardeuse de Ben Youngs et, dans la foulée, ce coup de pied direct en touche de George Ford (27e).

La charnière anglaise a souffert, comme toute l'équipe, dont Maro Itoje, impérial face aux Néo-Zélandais mais qui a manqué le renvoi, juste après l'égalisation à 3-3 (23e). Dans la foulée, les Boks ont récupéré une pénalité en mêlée fermée pour repasser devant (6-3). 

La mêlée fermée, justement, a été la valeur refuge et la pierre angulaire du triomphe des Springboks, qui ont gagné cinq pénalités dans ce secteur (où les Anglais ont été privés dès la troisième minute de leur pilier droit Kyle Sinckler), un chiffre rarement vu à haut niveau.

Dont trois (25e, 40e+3, 46e) se sont soldées par des points pour assommer le XV de la Rose et regonfler les Springboks, de nouveaux rois du monde.  

Les All Blacks troisièmes

Vendredi, les All Blacks ont pris la troisième place de la Coupe du monde. Battus en demi-finale par l'Angleterre (7-19), les Néo-Zélandais ont inscrit six essais face aux Gallois, qui ne les ont plus battus depuis 1953. 

Dominateurs dans tous les domaines, les All Blacks menaient déjà largement à la mi-temps (28-10), grâce notamment à deux essais de l'ailier Ben Smith, l'un des nombreux joueurs néo-zélandais qui mettront un terme à leur carrière internationale, alors que Steve Hansen, aux commandes depuis 2012, abandonne lui le poste de sélectionneur. 

Côté gallois aussi, ce match était le dernier du sélectionneur Warren Gatland. Son équipe, défaite en demi-finales par l'Afrique du Sud, quitte la Coupe du monde sur une large défaite même si elle s'est efforcée de rivaliser dans le jeu de mouvement avec les Néo-Zélandais  


Sur le même sujet

Le Japon prêt pour les trois coups
Le Japon retient son souffle... Dix ans après sa désignation, le pays accueille à partir de vendredi et jusqu'au 2 novembre la neuvième Coupe du monde de rugby, sorte de répétition des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.
Du 20 septembre au 2 novembre, la folie de l'Ovalie s'emparera du Pays du Soleil levant
Le XV de France sombre à Twickenham
Une déroute: le XV de France a encaissé l'une des plus lourdes défaites de son Histoire contre l'Angleterre, laminé dimanche à Twickenham (44-8) lors de la 2e journée du Tournoi des six nations.
Antoine Dupont devancé par Jonny May. L'Angleterre a corrigé la France.
Rugby / Carnet: Lomu, mort d'une légende
L'ancienne star mondiale du rugby Jonah Lomu, joueur légendaire des All Blacks néozélandais dont la carrière a été interrompue par une maladie rénale, est décédé soudainement mercredi à l'âge de 40 ans.
(FILES) This file photo taken on August 11, 2001 shows New Zealand winger Jonah Lomu in action with Australia's George Gregan during their match in the Tri-Nations rugby Test at Dunedin, New Zealand. Rugby legend Jonah Lomu, regarded as the game's first global superstar before kidney disease ended his career, died unexpectedly on November 18, 2015 aged 40, the player's family and New Zealand Rugby said.  AFP PHOTO/FILES/Dean TREMI