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«La clef du match au Fola, ce fut l'animation défensive de Strassen»
Sport 4 min. 10.03.2019

«La clef du match au Fola, ce fut l'animation défensive de Strassen»

«La clef du match au Fola, ce fut l'animation défensive de Strassen»

Sport 4 min. 10.03.2019

«La clef du match au Fola, ce fut l'animation défensive de Strassen»

L'obsession de bien défendre en réduisant les espaces a permis à Strassen de prendre un point (1-1) sur la pelouse du Fola ce dimanche. Aucun vainqueur dans ce duel des équipes en forme du moment mais un perdant: le club doyen qui cède le leadership.

Par Thomas Fullenwarth

Face à un Fola évoluant avec son équipe-type, l'entraîneur strassenois, Manuel Correia, a proposé un système de jeu en 4-4-2. On aurait pu être étonné de voir une certaine ambition offensive, avec deux attaquants, pour un tel déplacement chez le leader, là où d’autres équipes viennent pour défendre.

Cependant, on a rapidement pu observer que le coach visiteur avait établi une animation défensive bien spécifique dans laquelle ses deux attaquants avaient aussi un rôle à jouer avant d'attaquer. La clé de cette animation défensive a sans aucun doute été la réduction d'espace entre la ligne des défenseurs et celle des milieux. L'obsession de Correia, dans le replacement de ses joueurs, était de garder un écart de 15 mètres maximum.

Une des forces du Fola étant de déclencher leurs attaques placées par une passe verticale, ce manque d'espace provoqué par le bloc strassenois a rapidement posé problème aux joueurs de Jeff Strasser. Le coach eschois a d'ailleurs rapidement compris qu'il faudrait trouver une alternative à son schéma offensif habituel pour amener le danger. Il a donc demandé à ses relanceurs plus de jeu direct et surtout, à ses attaquants, de prendre la profondeur.

Une bonne idée puisque c'est ce jeu plus direct qui a fait rentrer le Fola dans son temps fort de la première mi-temps après avoir vu les Strassenois toucher deux fois les montants du but de Thomas Hym (9e et 11e).

Seulement, les Eschois n'ont pas réussi à mettre à profit ce temps fort en raison d'erreurs techniques dans les trente mètres adverses, mais surtout à cause de la rigueur et la discipline défensive des visiteurs. Une agressivité qui leur a permis de récupérer de nombreux ballons à laquelle s'est ajoutée une capacité à rapidement se projeter vers l'avant grâce notamment au vide laissé par les locaux entre les défensifs et les offensifs.

Le seul bémol a été la difficulté qu'ont eue les attaquants Benjamin Runser et Mickaël Jager à garder le ballon dans le camp adverse. A leur décharge, assez esseulés, cela était quasi impossible.

Cela a permis aux joueurs du FC Una d'obtenir quelques phases arrêtées qui ont mis en difficulté la défense du Fola, moins agressive que son adversaire. C'est d'ailleurs à la suite d'un nouveau corner et d'un pressing sur le renvoi défensif que Strassen a réussi à ouvrir le score (44e, 0-1).

Le plan de Correia avait fonctionné à merveille.

Dès l'heure de jeu, le coach Strasser prenait les choses en main et changeait ses hommes avec trois remplacements en dix minutes. Le dernier, avec l'entrée de Moussa Seydi, marquait aussi un changement de système de jeu en passant à deux attaquants (Stefano Bensi et Samir Hadji).

Quatre minutes après, ce même Seydi égalisait en profitant d'un rare relâchement (immédiatement après le remplacement de Yuki Tsuchihashi) du bloc défensif visiteur (1-1, 74e). Un retard défensif sur les trois dernières passes avant le but fatal face à cette équipe du Fola.

Un coaching gagnant pour Jeff Strasser et une pression supplémentaire des Eschois sur l'adversaire. Malgré cette domination, le Fola ne réussira pas à aller chercher une victoire qui leur aurait permis de rester leader. Une telle discipline chez l'adversaire strassenois additionnée à des leaders techniques eschois, pour certains, en dessous de leur niveau habituel a donc amené un score nul logique.

Manuel Correia avait préparé minutieusement ce déplacement.
Manuel Correia avait préparé minutieusement ce déplacement.
Photo: Michel Dell'Aiera

Les Tops 

Denis Agovic (Strassen). Présent dans les duels, il a montré une grande qualité d'anticipation sur sa gestion des appels en profondeur eschois. Une intelligence à ce niveau qui lui a permis de ne jamais être en retard.

Les latéraux Alen Agovic et Tony Mastrangelo (Strassen). Ils ont tenu leurs côtés au caractère. Sachant que l'animation défensive de leur équipe allait forcer les Eschois à utiliser les ailes, ils ont su allier agressivité et un peu de vice pour tenir le choc tant bien que mal.

Rodrigue Dikaba (Fola). Il a été constant pendant tout le match. A coupé un nombre important de ballons et s'est rarement trompé dans ses choix.

Les Flops 

Veldin Muharemovic (Fola). Avec un rôle plus offensif que Dikaba, il n'a pas réussi à faire le lien entre sa défense et ses attaquants. Il s'est beaucoup trompé sur des passes simples.

Samir Hadji (Fola). En dessous de son niveau habituel. Discret dans le jeu. On attend toujours beaucoup du meilleur attaquant du championnat, alors, quand il est moins performant, cela se voit plus que les autres.

Gilson Delgado (Strassen). Il a participé à l'animation défensive avec le même état d'esprit que ses coéquipiers. Offensivement, il a traversé ce match trop discrètement.


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