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L'homophobie ne gangrène pas les stades luxembourgeois
Sport 3 min. 29.08.2019

L'homophobie ne gangrène pas les stades luxembourgeois

La Brigade Sud de Nice a déployé plusieurs banderoles homophobes lors du match contre Marseille, mercredi

L'homophobie ne gangrène pas les stades luxembourgeois

La Brigade Sud de Nice a déployé plusieurs banderoles homophobes lors du match contre Marseille, mercredi
Photo: AFP
Sport 3 min. 29.08.2019

L'homophobie ne gangrène pas les stades luxembourgeois

Le Grand-Duché reste épargné par les chants et les calicots discriminants. C'est loin d'être le cas en France, notamment cette saison lors des rencontres de Ligue 1. Plusieurs matches ont d'ailleurs été interrompus pour stopper ces démonstrations peu glorieuses.

(JFC avec AFP) - Les chants homophobes continuent à pourrir les matches de Ligue 1: Nice-Marseille a été interrompu douze minutes à l'Allianz Riviera, en match de la 3e journée de Ligue 1, mercredi soir. Au Luxembourg, «nous n'avons officiellement jamais eu connaissance de ce type de comportement, ni dans un stade, ni dans un hall sportif», informe Carlo Hastert, porte-parole du ministère des Sports. «Nous avons déjà eu écho de faits de racisme - qui ont été sanctionnés - mais jamais d'homophobie», poursuit-il.

Du côté de la Fédération luxembourgeoise de Football (FLF) le juriste de la fédération, Marc Diederich précise que «l'homophobie en tant que telle n'est pas prévue dans les règlements. Ce type de comportement serait toutefois punissable comme injures devant le Tribunal fédéral.»

Son compère Charles Schaack, membre du conseil d'administration de la FLF et président de la commission des arbitres confirme qu'aucun cas d'homophobie ne s'est encore jamais présenté dans une enceinte de football au Luxembourg. Il explique que «la procédure à suivre par les arbitres est uniforme au niveau européen et rentre dans la même catégorie que des faits de racisme ou de xénophobie». A savoir: un appel au micro du stade, puis si les choses ne rentrent pas dans l'ordre, l'arrêt temporaire du match, et en cas extrême, l'arrêt définitif de la rencontre.

Charles Schaack explique que «la procédure à suivre par les arbitres au Luxembourg rentre dans la même catégorie que des faits de racisme ou de xénophobie»
Charles Schaack explique que «la procédure à suivre par les arbitres au Luxembourg rentre dans la même catégorie que des faits de racisme ou de xénophobie»
Photo: Christian Kemp

A Nice mercredi, «Les Marseillais, c'est des pé...» ont retenti au moment même où la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) se réunissait à Paris pour juger 18 cas de chants ou banderoles homophobes dans les tribunes de ses championnats professionnels, la L1 et la L2.

Dans ce cadre, le club de Nancy (L2) a vu sa tribune Piantoni suspendue un match ferme pour des «chants à caractère discriminatoire» lors de la rencontre contre Le Mans le 16 août. Pour la première fois dans le foot français, l'arbitre avait brièvement interrompu ce match au motif de chants homophobes.

Un barème clément dans l'ensemble

Les autres cas examinés par la Ligue mercredi soir relevaient de «propos insultants» et se sont soldés par un simple rappel à l'ordre. Le barème appliqué a donc été dans l'ensemble clément, dans un but de pédagogie et de prévention.

Alors que le gouvernement et les instances en font une priorité, le casse-tête de la lutte contre l'homophobie dans les stades est loin d'être résolu, à l'image du Nice-Marseille mercredi en Ligue 1. L'arbitre Clément Turpin a interrompu le match à la 28e minute, après plusieurs alertes du speaker, renvoyant les deux équipes aux vestiaires, que les joueurs ont regagnés  sous le désormais fameux chant contre la Ligue.

Allusion subtile

La Brigade Sud de Nice avait commencé par des banderoles au second degré, jouant sur les mots, en déployant d'abord une banderole: «Bienvenue au groupe Ineos. A Nice aussi, on aime la pédale». Ce dernier mot étant écrit en lettres arc-en-ciel, comme le drapeau de la communauté LGBT.

Il s'agissait aussi d'une allusion à l'équipe cycliste d'Ineos, le groupe de pétrochimie qui vient de racheter le club. Le nouvel homme fort du club, Robert Ratcliffe, frère du milliardaire Jim Ratcliffe, le nouveau propriétaire, était en tribunes pour assister à ce spectacle.

Robert Ratcliffe, CEO d'Ineos et nouveau propriétaire de l'OGC Nice, était en tribunes pour assister au match contre Marseille
Robert Ratcliffe, CEO d'Ineos et nouveau propriétaire de l'OGC Nice, était en tribunes pour assister au match contre Marseille
Photo: AFP

La secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a réagi sur Twitter en félicitant Clément Turpin, «dont on connaît l'engagement pour le respect dans le foot, d'avoir interrompu le match», et a dénoncé «une banderole homophobe (qui) salit les tribunes». 

«On ne va pas arrêter tous les matches chaque fois qu'il y a des débiles qui agissent, sinon on ne va jamais jouer, c'est n'importe quoi», a réagi le joueur niçois Wylan Cyprien. «Depuis la nuit des temps il y a des insultes entre les supporters, ça fait partie du jeu», a-t-il ajouté, précisant qu'il était «contre toutes les discriminations que ce soit les gays, les racistes».

Ces faits sont récurrents depuis le début de la saison. Sur ce front des chants homophobes, la guerre est ouverte entre le mouvement ultra et les autorités, comme le montre le chant: «La Ligue, on t'enc...»

De son côté, l'association nationale des supporters (ANS) estime que sous couvert de lutter contre l'homophobie, on cherche surtout à faire taire les ultras.