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L'Angleterre prête à rêver... malgré Modric
Kieran Trippier et les Three Lions aux portes de la finale. L'Angleterre attend ça depuis 1966.

L'Angleterre prête à rêver... malgré Modric

Photo: AFP
Kieran Trippier et les Three Lions aux portes de la finale. L'Angleterre attend ça depuis 1966.
Sport 4 min. 11.07.2018

L'Angleterre prête à rêver... malgré Modric

Et si la surprise durait encore un peu? Personne n'attendait vraiment la sélection anglaise avant le début du Mondial, mais la voilà à un match d'une finale, niveau jamais atteint depuis 1966... Il faut encore écarter la solide sélection croate et son génie Luka Modric.

(AFP) - Vingt-huit ans que l'Angleterre n'avait plus pointé son nez en demi-finale d'un Mondial. C'était le 4 juillet 1990, à Turin, et la sélection aux Trois Lions s'était inclinée aux tirs au but contre le futur champion, l'Allemagne de l'Ouest de Lothar Matthäus.

L'Islande, point bas

L'Angleterre, en ce moment, se repasse les images en noir et blanc de «sa» finale du Mondial 1966 remportée à Wembley face à la RFA (4-2 a.p.), avec notamment un triplé de Geoff Hurst. Depuis? La demi-finale de 1990, les quarts de 1970, 1986, 2002, 2006 et tant d'épisodes honteux comme cette élimination au premier tour il y a quatre ans, au Brésil. Sans parler d'une sortie de route infamante dès les huitièmes de finale de l'Euro 2016, contre le petit poucet islandais.

«Après l'Islande, on savait qu'il fallait changer des trucs. Depuis ce moment, un moment lors duquel on a été extrêmement déçus, il s'est passé plein de choses», reconnaît le joueur de Tottenham Eric Dier. «On savait qu'on ne pouvait plus laisser cela se reproduire.»

«On a appris de nos erreurs, on a corrigé les choses et on a vu comment le pays était derrière nous», explique-t-il encore. Car si les Trois Lions ont été largement moqués après la campagne européenne ratée, l'opinion publique a vite viré de bord lors de ce Mondial, encouragée par le jeu enthousiasmant de l'équipe.

Angleterre «affamée»

Après tout, l'Angleterre n'est pas en demi-finale par hasard: elle a perdu contre la Belgique en poule (1-0), mais remporté tous ses autres matches contre la Tunisie (2-1), le Panama (6-1), la Colombie en huitièmes en s'imposant - petit miracle! - aux tirs au but (1-1, 4 t.a.b. à 3) et contre la solide Suède, 2-0, en quarts.

«Je pense que l'Angleterre faisait partie des favoris dès le début de la compétition», assure a posteriori l'ancien attaquant de Leicester, le Croate Andrej Kramaric. «C'est une équipe jeune, affamée, sans superstars de cinéma international. Ce ne sera pas facile pour nous.»

Les Trois Lions s'appuient en effet sur des cadres plutôt jeunes, le buteur Harry Kane (24 ans) qui pèse déjà 6 réalisations, la sentinelle Jordan Henderson (28 ans), qui semble rassuré sur l'état de ses ischio-jambiers, le défenseur John Stones (24 ans) et le gardien Jordan Pickford, qui à 24 ans vient de mettre à mal le cliché des gardiens anglais mieux connus pour leurs boulettes que pour leurs arrêts.

La réussite anglaise est aussi à mettre au crédit du sélectionneur Gareth Southgate (47 ans), habile à déminer les éventuelles polémiques: il a été qualifié de «gentleman» par le Daily Mirror, moins de deux ans après son arrivée surprise et pas franchement applaudie à l'époque.

Pluie de polémiques croates

Suffisant pour arriver en finale? Il faudra passer sur le corps de Croates consistants, qui ont survécu à deux séances de tirs au but consécutives, contre le Danemark et le pays-hôte russe, et à toutes les polémiques lors de ce Mondial.

Le sélectionneur Zlatko Dalic, méconnu mais loué par ses troupes, a ainsi débuté la compétition dans le lourd contexte de l'affaire Zdravko Mamic, du nom de l'ancien homme fort du football croate condamné à de la prison ferme début juin. Il a ensuite renvoyé chez lui l'attaquant de la Fiorentina Nikola Kalinic, coupable d'avoir refusé d'entrer en jeu lors du premier match de poules.

Zlatko Dalic est parvenu à fédérer son groupe.
Zlatko Dalic est parvenu à fédérer son groupe.
Photo: AFP

Il a enfin dû gérer un début de crise diplomatique quand un ancien international intégré au staff de la sélection, Ognjen Vukojevic, a publié une vidéo le montrant aux côtés d'un des buteurs du quart de finale, Domagoj Vida, célébrant l'élimination de la Russie au cri de «Gloire à l'Ukraine».

Modric, un phénomène

Le premier a été écarté, le second a reçu un avertissement de la Fifa et les deux «se sont également excusés pour leurs déclarations qui n'avaient pas pour but de passer des messages politiques mais ont pu être comprises de la sorte», a déminé la fédération dans un communiqué. Vukojevic a également écopé d'un avertissement et d'une amende de la Fifa.

Expérimentée et joueuse, la Croatie est portée par un milieu de terrain phénoménal, le n°10 chevelu Luka Modric. Troisième du Mondial 1998, elle se verrait bien atteindre la finale d'une Coupe du monde pour la première fois de sa jeune histoire.

Et arracher une première étoile dimanche à Moscou? Cela lui en ferait autant que l'Angleterre, dont la sélection existe depuis la deuxième moitié du XIXe siècle...


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