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Jonathan Joubert: «Je fais davantage attention aux petits détails»
Sport 6 min. 07.08.2018 Cet article est archivé

Jonathan Joubert: «Je fais davantage attention aux petits détails»

Au repos lundi soir contre le RM Hamm Benfica, Jonathan Joubert a déjà hâte de retrouver la compétition, ce jeudi à Varsovie.

Jonathan Joubert: «Je fais davantage attention aux petits détails»

Au repos lundi soir contre le RM Hamm Benfica, Jonathan Joubert a déjà hâte de retrouver la compétition, ce jeudi à Varsovie.
Photo: Fernand Konnen
Sport 6 min. 07.08.2018 Cet article est archivé

Jonathan Joubert: «Je fais davantage attention aux petits détails»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Après une carrière bien remplie: 87 sélections en équipe nationale, 51 matches de Coupe d'Europe, douze titres de champion, six Coupes de Luxembourg, Jonathan Joubert (39 ans en septembre) a toujours faim. Tour d'horizon avant le match aller du F91 contre le Legia Varsovie.

Malgré 87 sélections en équipe nationale, 51 matches de Coupe d'Europe, douze titres de champion, six Coupes de Luxembourg, Jonathan Joubert (39 ans en septembre) a toujours faim. Tour d'horizon avec un joueur hors norme avant le match aller du F91 contre le Legia Varsovie ce jeudi (21h).

Après une carrière bien remplie, qu'est-ce qui vous fait encore avancer aujourd'hui?

L'envie! C'est quelque chose de naturel chez moi. J'ai toujours envie, d'aller m'entraîner, de disputer des matches le week-end. A partir de là, je ne vois pas pourquoi arrêter, baisser de rythme ou changer de club. J'ai envie de terminer à Dudelange, mais comme je suis un compétiteur, j'ai toujours envie de tout gagner. Je mets toutes les chances de mon côté pour continuer à jouer et montrer que je suis le meilleur, sans vouloir être arrogant.

Quand vous dites que vous mettez toutes les chances de votre côté, qu'avez-vous mis en place dans votre vie quotidienne que vous ne faisiez peut-être pas avant?

Plus de soins et de massages notamment. Je ne suis pas quelqu'un qui sort énormément, je ne bois pas ni ne fume. Je fais attention à ma nourriture et je prends soin de mon corps. Je consulte souvent le docteur Huberty, c'est lui qui me suis et me soigne. En fait, je fais davantage attention aux petits détails.

Vous dites-vous que la fin de carrière est de plus en plus proche et que vous devez en profiter au maximum?

Oui c'est certain, et ce, d'autant plus à Dudelange où à chaque mercato on se demande comment ça va se dérouler. J'essaye de prendre un maximum de plaisir tout en m'entraînant et en jouant avec le plus grand sérieux. J'ai toujours la même philosophie: gagner, gagner et toujours gagner.

«J'étais vraiment en colère»

Vous avez toujours la même envie d'être sur la pelouse, mais dans quel état d'esprit êtes-vous lorsque vous êtes cantonné au banc des remplaçants comme ce fut le cas lundi soir contre le RM Hamm Benfica (1-3)?

J'étais content pour Joé (Frising) car je m'entends bien avec lui et que c'est quelqu'un de très gentil... mais au fond de moi j'étais vraiment en colère. Le coach m'avait demandé la veille (dimanche) et je lui avais dit que tout allait bien pour moi et que j'avais vraiment envie de jouer. J'étais vraiment fâché, mais je peux comprendre les choix qui ont été faits.

Mais pour Dudelange, il aurait été très dommageable de devoir se priver de certains joueurs sur blessure ou coup de moins bien en raison des fortes chaleurs?

C'est tout à fait logique! Mais je n'ai jamais rien laissé, et ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer ma mentalité.

Quels enseignements avez-vous tirés de l'entrée en lice de votre équipe en championnat?

Nous avons été sereins. Nous avons rapidement ouvert le score et notre adversaire n'a pas trop été dangereux. Pour nous, le plus dur a été de mettre le deuxième but. Ensuite, à 2 ou 3-0, et comme à notre habitude, on a commencé à ne plus trop respecter les consignes, à vouloir faire un petit numéro en solo, à faire moins d'efforts... et c'est là que nous encaissons un but. C'est dommage!

«Plus un problème offensif que défensif en Coupe d'Europe»

On a même entendu certains joueurs, comme Tom Schnell, crier «Arrêtez de jouer à la baballe!» et vous encaissez un but. C'est un peu symptomatique de ces dernières saisons au cours desquelles la défense du F91 est apparue plus perméable. A quoi est-ce dû?

Dans un premier temps, on essaye de plus jouer, de repartir de derrière, d'avoir une relance propre, de se projeter davantage vers l'avant. La saison dernière, cela nous a coûté quelques buts, nous avons aussi pris pas mal de contres. Nos adversaires n'avaient pas trop d'occasions, mais à chaque fois c'était «ficelle». On a fait aussi des petites erreurs que nous avons payées cash. C'est moins problématique en championnat qu'en Coupe d'Europe. Mais je dirais aussi qu'en Coupe d'Europe, même si nous avons pris des buts sur des petites pertes de balle, ce n'est pas trop grave à la limite, au vu du nombre de nos occasions. Nous avons plus un problème offensif que défensif en Coupe d'Europe. C'est tout l'inverse du championnat.

Réagissez-vous toujours de la même manière après avoir encaissé un but?

Auparavant, ça me faisais toujours vraiment ch... quand je prenais un but, maintenant je suis un peu plus fataliste, si ça arrive ça arrive... En Coupe d'Europe, on a toutefois plus de chances d'encaisser un but. En championnat, il y a moins de risques et ça m'embête davantage.

En début de championnat, vous fixez-vous un challenge en termes de buts encaissés?

Pas du tout. Avant, je me disais: «Il faut prendre moins de dix buts». Ce n'est plus le cas. Mais j'aime bien qu'on soit la meilleure défense à la fin de la compétition. On regarde un peu ça avec l'un ou l'autre arrière.

«Il va nous falloir un peu de réussite»

On vous a toujours connu d'un calme olympien, est-ce un point que vous avez travaillé?

Non, c'est ma nature. Cela a toujours été le cas, même chez les jeunes. Dans ma vie privée, je suis aussi comme ça. Je me dis toujours, qu'au pire, je peux encaisser un but sur une erreur de ma part, mais de toute façon ce ne sera pas la fin du monde. Il y a beaucoup plus grave.

Pour revenir à la Coupe d'Europe, le Legia possède un budget presque dix fois supérieur à celui du F91. Dès lors, cette équipe polonaise est-elle un obstacle insurmontable?

Insurmontable, non! Reste à voir comment va se dérouler le match aller. Il va nous falloir un peu de réussite aussi. Il va falloir tenir bon derrière, et, devant, il faudra marquer. La qualification passera par le fait de trouver les filets à Varsovie. 

Que pensez-vous du fait de vous retrouver face à Chris Phillips?

Rien de spécial... un peu de plaisir quand même! Pour lui, ce sera sans doute la première fois qu'il jouera un match officiel face à une équipe luxembourgeoise. Comme il l'a dit, il va jouer le retour sur un terrain (le stade Josy Barthel) qu'il connaît  mieux que certains joueurs de chez nous...

D'après votre entraîneur, un des points forts de cette équipe polonaise est la rapidité et la percussion de ses joueurs de côtés. La solution pour la contrer réside-t-elle dans le fait de jouer avec une défense à cinq?

Je ne sais pas quel système il (Dino Toppmöller) a choisi, mais nous avons évolué de cette manière face à Videoton avant de repasser à une défense à quatre. Nous sommes capables de nous adapter et de les contrer par après. Pour moi, quelle que soit la configuration choisie, ça ne change pas étant donné qu'on se connaît tous bien.

A combien évaluez-vous les chances du F91 de franchir ce tour?

Pas du 50-50, c'est sûr! Mais je reste optimiste et je mise sur un 40-60.

 



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