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«Joe Frising est bien préparé mentalement»
Titulaire face à Cluj, Joe Frising postule une place de titulaire face à l'AC Milan.

«Joe Frising est bien préparé mentalement»

Photo: Stéphane Guillaume
Titulaire face à Cluj, Joe Frising postule une place de titulaire face à l'AC Milan.
Sport 6 min. 18.09.2018

«Joe Frising est bien préparé mentalement»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Avant F91 Dudelange - AC Milan jeudi à 21h

Après la blessure de Jonathan Joubert, lors du match aller contre Cluj, le 23 août, la question des gardiens a été la seule petite ombre au tableau de l'été enchanté du F91 Dudelange. Landry Bonnefoi a été recruté à la veille de son 35e anniversaire, juste avant le match retour en Roumanie, mais Joe Frising tient la corde pour jouer contre l'AC Milan. Au centre des récentes agitations, les questions autour de sa personne ont-elles fragilisé l'ex-international U21?

Deux derniers remparts expérimentés et avisés  de notre championnat, Romain Ruffier (Racing) et Thomas Hym (Fola), nous offrent leurs points de vue.

«Le recrutement d'un nouveau gardien a pu être déstabilisant, mais nous les joueurs sommes préparés. Nous savons que cela peut arriver, surtout à un poste comme le nôtre», indique le gardien de la capitale. «Joe a sans doute vu venir le truc de suite car tout le monde a parlé de la venue d'un nouveau gardien à la suite de la blessure de Jon (Joubert). A mon avis, ce qui a été mal négocié par son club c'est de ramener Landry (Bonnefoi) le jour du match à Cluj. C'est quand même quelque chose d'un peu particulier...»

Le joueur du Fola tire dans le même sens. «Le fait d'avoir pris un gardien de cette manière, au dernier moment suite à la blessure de Jon, d'avoir tout fait pour, c'est particulier. A la place de Joe (Frising), je le prendrais comme un petit manque de confiance... mais comme les Dudelangeois ont pas mal d'échéances entre le championnat et la Coupe d'Europe, le fait de n'avoir qu'un seul gardien et des jeunes derrière était une situation un peu délicate.» 

Seul poste à ne pas avoir de concurrents en balance au sein du cadre du F91 à la place de l'indéboulonnable Joubert, la place de numéro 1 a donc été logiquement pourvue. «La concurrence est toujours une bonne chose pour tout le monde. Cela nous force à ne pas rester sur nos acquis et à travailler parce que ça pousse derrière et ça nous force à toujours en faire plus pour pouvoir jouer, ne pas être dans un fauteuil comme on dit», ajoute le Folaman.

Landry Bonnefoi dans le hall de l'hôtel à Cluj après son recrutement par Dudelange.
Landry Bonnefoi dans le hall de l'hôtel à Cluj après son recrutement par Dudelange.
Photo: Christophe Nadin

«Très explosif, très bon sur sa ligne»

On est toutefois en droit de trouver le choix de l'ancien gardien de Strasbourg plutôt risqué puisqu'il ne pourra évoluer en championnat selon les statuts de la FLF car recruté hors des délais du mercato estival et ne peut espérer qu'être aligné en Coupe d'Europe. Ruffier, qui l'a bien connu au cours de sa carrière, nous éclaire sur ce choix. «Il faut savoir que le marché est de plus en plus compliqué. Et pour les gardiens, c'est encore plus difficile. Ce n'est pas évident quand on se retrouve sans club. Landry a une famille. A choisir, plutôt que de rester au chômage ou attendre la fin du mercato et prendre le risque de se retrouver sans club, il a privilégié le fait de trouver un club, en l'occurrence Dudelange qui joue la Ligue Europa. Sa décision était réfléchie et logique puisque c'est mieux de se retrouver à jouer, s'entraîner, rester dans le rythme, avoir la chance de jouer l'Europe plutôt que de rester sans rien. C'est un très bon choix.»

Un bon choix pour les deux parties comme l'explique encore le n°1 du Racing. «J'ai du mal à parler de Joe (Frising) puisque, ces derniers temps, et par la force des choses,  j'ai davantage vu  jouer Jon dans les buts de Dudelange, mais si Joe appartient au cadre du F91 c'est qu'il en a toutes les qualités. Quant à Landry, j'ai joué avec lui à Metz (2006-2007) et à Amiens (2011-2012) , où il avait fait une super saison (dont 8 matches sans encaisser de but), il avait été élu meilleur gardien de Ligue 2. C'est quelqu'un de très explosif, très bon sur sa ligne. Il a fait une très belle carrière, il peut apporter énormément de choses à Dudelange. Joe, de son côté, a prouvé qu'il pouvait aussi répondre présent. Au staff dudelangeois de se débrouiller...»

«Landry a davantage l'expérience du haut niveau»

Les deux gardiens en concurrence pour le poste sur la scène européenne ont forcément des profils différents que nos interlocuteurs détaillent. «Landry a davantage l'expérience du haut niveau avec ses matches disputés en première ou deuxième division en France. Il a l'expérience de la gestion de rencontres quand il y a  beaucoup de monde au stade. Il a géré beaucoup plus de situations de grands matches que Joe, il sera sûrement plus apte à jouer ce genre de matches. Mais après, cela ne veut pas dire que Joe ferait moins bien, on a pu le constater sur les deux derniers matches contre Cluj (à partir de la 54e minute à l'aller et l'intégralité du match retour). Landry part avec quand même un avantage, pour l'avoir connu on n'arrive pas à son niveau sans avoir des qualités et sans avoir travaillé. Joe est encore jeune (24 ans), il a le temps d'apprendre», souligne Ruffier.

Il est rejoint en ce sens par Hym qui précise: «Le poste de gardien est spécifique et on a besoin de confiance. La confiance du coach et de ses partenaires pour ne pas avoir peur à chaque intervention. Je pense que Joe est assez fort et bien préparé mentalement. Cela fait un certain temps qu'il est à Dudelange (juillet 2016), derrière Jon et qu'il a montré qu'il était toujours prêt lorsqu'on a fait appel à lui, même en dernière minute. Les matches de Coupe d'Europe en sont la preuve. Mais c'est sûr qu'un geste supplémentaire du club ou du coach est toujours appréciable.» «Au cours des exercices spécifiques, on voit parfaitement bien l'état de forme des gardiens. C'est à l'entraîneur des gardiens (Luc Duville) de dire à l'ensemble du staff: "Hé! Je le sens bien". Les automatismes qu'il peut avoir avec ses partenaires donnent aussi un avantage à Joe. Il sait comment joue son équipe, quels sont les points forts et faibles de ses partenaires. Et selon certaines situations, il sait davantage comment sortir ou pas selon la réaction de ses coéquipiers», indique-t-il encore.

Ruffier fait aussi l'éloge de la mentalité exemplaire de son ancien partenaire de club. «C'est quelqu'un de super cool, quelqu'un de déconneur. Il va apporter son expérience mais aussi sa bonne humeur. C'est un bon vivant toujours en train de rigoler. Ça se passera hyper bien au sein du groupe. C'est quelqu'un qui donne aussi des conseils, quand je l'ai connu je revenais d'une année un peu blanche, il m'a soutenu. Il peut aider Joe à progresser.»

Le premier match de la phase de poules approche à grands pas et nos deux interlocuteurs sont d'avis que Dino Toppmöller a déjà fait son choix et l'a dévoilé au sein du vestiaire. «Il a dû prendre sa décision depuis un petit moment pour aborder le match au mieux. Quand on sait qu'on joue, la concentration est quand même différente, même si on doit être capable de s'adapter rapidement et sauter dans la brèche. Toppmöller est quelqu'un d'intelligent, il mettra son gardien titulaire dans les meilleures dispositions.»


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