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Jeunesse - Differdange 1-0: «Le plan bien rodé de la Jeunesse»
Sport 6 min. 27.02.2017 Cet article est archivé

Jeunesse - Differdange 1-0: «Le plan bien rodé de la Jeunesse»

Jeunesse - Differdange 1-0: «Le plan bien rodé de la Jeunesse»

Sport 6 min. 27.02.2017 Cet article est archivé

Jeunesse - Differdange 1-0: «Le plan bien rodé de la Jeunesse»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
En se déplaçant sur le terrain de la Jeunesse, dimanche, Differdange avait son avenir entre les mains après les matches nuls du Fola mais surtout de Dudelange la veille. Malheureusement pour la troupe de Pascal Carzaniga qui lorgnait le fauteuil de leader, les Eschois se sont fait un malin plaisir de contrecarrer leurs plans.

En se déplaçant sur le terrain de la Jeunesse, dimanche, Differdange avait son avenir entre les mains après les matches nuls du Fola mais surtout de Dudelange la veille. Malheureusement pour la troupe de Pascal Carzaniga qui lorgnait le fauteuil de leader, les Eschois se sont fait un malin plaisir de contrecarrer leurs plans.

Par Thomas Fullenwarth

Comment la Jeunesse a-t-elle obtenu les trois points alors qu’elle cherchait avant tout à ne pas perdre?

La logique du football aurait voulu que, lorsque deux équipes de haut de tableau se rencontrent, la formation évoluant à domicile prenne l’initiative du jeu et que les visiteurs jouent de manière plus défensive. Mais, ce dimanche, cette logique n’a pas eu accès au stade de la Frontière.

On aurait pu se croire dans un de ces tours de coupe où, le «Petit Poucet» reçoit le « méchant ogre» de BGL Ligue, et essaye tant bien que mal de repousser son adversaire en construisant le mur le plus solide possible devant sa surface.

Seulement, sur la pelouse eschoise, c’est bien le cinquième de BGL Ligue qui avait choisi d’enfiler ce costume de  «Petit Poucet»…

Pour ne pas perdre ce match, Carlo Weis a donc choisi de construire un bloc ultra compact de dix joueurs. Lors de la possession de balle differdangeoise, la ligne de défense se plaçait à 30 mètres de ses buts et sa ligne d’attaque à 45 mètres devant Oberweis.

Le plan était donc bien rodé: laisser le ballon aux Rouges et couper toutes les possibilités de passes axiales en ne laissant aucun espace entre les trois lignes (attaque - milieu - défense).

Le coach eschois a aussi fait le choix peu commun de demander à ses ailiers de venir défendre sur la même ligne que leurs arrières. Ainsi, Soares et Kyereh ont été contraints de s’occuper de Caron et d'Almeida permettant à leurs quatre défenseurs de gérer les décrochages d’Er Rafik et de Hamzaoui.

Cela a donné aux locaux la possibilité de garder la supériorité numérique nécessaire pour maîtriser les attaques differdangeoises.

Au-delà d’une discipline et d’un engagement à toute épreuve, de la première à la dernière seconde, ce qui a permis à la Jeunesse de surprendre son adversaire ce sont: la capacité de récupération des trois milieux (Martins, Peters, Mertinitz), la vitesse de Kyereh et l’impact physique et l'efficacité de Stumpf. Chacun des Eschois a fait sa part de boulot, et l’a fait au service du collectif. C’est ce qui a fait toute la différence face au deuxième du classement.

La possession du ballon: un fardeau pour le FCD03?

Face à une équipe bien regroupée, les hommes de Pascal Carzaniga n’ont donc eu d’autre choix que de prendre le jeu à leur compte.

Le premier joueur de la Jeunesse (Stumpf) placé dans son camp, les quatre défenseurs differdangeois et le milieu Fleurival avaient tout le loisir de préparer leurs attaques et le circuit de jeu a souvent été le même pendant 70 minutes: défense –> Fleurival –> Hamzaoui –> attaquants.

Differdange s’est reposé sur les appels judicieux et les passes intelligentes de Hamzaoui. Le meneur de jeu avait les clés du jeu des Rouges. Mais le numéro 28 n’a pu, faute de déplacements pertinents de ses coéquipiers, trouver la dernière passe.

Il a même, à certains moments, semblé trop en avance pour ses partenaires, et a même parfois dû les appeler pour les prévenir qu’il allait leur passer le ballon.

Face à un bloc défensif bas, la clef du match se trouve habituellement dans les couloirs. Ce dimanche, ce sont justement les quatre joueurs latéraux qui ont fait défaut aux Differdangeois. Caron et Almeida n’ont pas apporté la mobilité et la vitesse nécessaire pour dépasser les arrières eschois. Peu en réussite en un contre un, ils ont semblé rechigner à participer à la récupération  lors des pertes de balle.

Il a également été très étonnant de ne pas voir les défenseurs latéraux du FCD03 (Jänisch et Franzoni)  participer davantage au jeu offensif de leur équipe.

Au vu de l’évolution du match, garder systématiquement quatre joueurs en défense ne constituait pas forcément une sécurité nécessaire. C’est ce que nous avons pu constater lorsqu’à partir de la 55e minute, Franzoni a commencé à prendre son couloir. Almeida a enfin pu rentrer dans l’axe et épauler un Er Rafik trop esseulé entre les quatre défenseurs locaux. C’est à ce moment-là que Differdange a déstabilisé le système eschois.

A l’heure de jeu, Pascal Carzaniga a commencé son coaching en remplaçant Caron par Bettmer. Il a placé ce dernier en meneur de jeu tout en décalant Hamzaoui sur le côté droit de l’attaque. Dès lors, on a senti le numéro 28 plus influent sur le jeu. Il a apporté cette vitesse qui a tant manqué à Differdange pendant plus d’une heure. Le nombre de centres a rapidement augmenté apportant ainsi davantage de danger sur le but d’Oberweis.

Les Eschois ont payé physiquement leurs nombreux efforts, et Pascal Carzaniga a abattu sa dernière carte à la 76e minute: retirer un défenseur pour placer un second attaquant (Lasczak  à la place de Siebenaler). Differdange a terminé le match en 3-5-2 pour faire le siège d’Eschois épuisés, mais jusqu’au bout guerriers.

Le FCD03 a  bien eu les cartes en mains pendant 90 minutes mais n’a pas eu l’efficacité, aussi bien offensive que défensive, d’un leader.

L’écart entre les «gros» et les «outsiders» se réduit-il de plus en plus?

Depuis la reprise, le cas du favori mis en difficulté par l’équipe de bas de tableau est récurrent. Entre manque d’imagination tactique d’un côté, et adversaire se contentant de défendre de façon efficace, les matches ne risquent-ils pas de manquer de spectacle?

Il est vrai que dans le monde du football, deux écoles s’affrontent régulièrement: celle du résultat à tout prix contre celle du beau jeu. C’est un éternel débat et chacune de ces tactiques a ses limites. Cependant, lors de ce type d’opposition, on sent une tendance des équipes de haut de tableau à rentrer dans le jeu de l’équipe dite «plus petite» et non l’inverse.

Malheureusement, cela ne peut que desservir la progression des joueurs, des clubs mais aussi d'appauvrir le jeu et ne pas contenter les spectateurs qui, tout doucement, sont de moins en moins présents lors de certaines affiches. Il est alors bon de se dire qu’il n’y a plus de grand écart entre les clubs de BGL Ligue. Le suspense est présent avant et pendant chaque rencontre. Seulement, il faut espérer que cela reste le cas pour les bonnes raisons…

Les tops

Patrick Stumpf: il a gagné tous ses duels aériens, buteur, mais avant tout attaquant au service de son équipe. Un  profil en voie d’extinction.

Carlo Weis et ses joueurs: un ensemble d'éléments disciplinés au service de leur commandant de bord.

Mounir Hamzaoui: ses courses, ses appels, ses choix, tout montre qu’il est au-dessus des autres.

Les flops

Gauthier Caron: trop peu en réussite dans ses dribbles, un seul centre. Pas dans son assiette dimanche.

Gonçalo Almeida: comme Caron, il a trop peu apporté offensivement et a été trop peu  concerné défensivement.

La défense differdangeoise:elle n ’a pas apporté la sérénité nécessaire pour que son équipe se lâche complètement sur le plan offensif. 


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