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Girardelli évoque ses médailles d'argent 30 ans plus tard
Sport 4 min. 16.02.2022
Jeux olympiques

Girardelli évoque ses médailles d'argent 30 ans plus tard

Marc Girardelli voyage aussi en hélicoptère.
Jeux olympiques

Girardelli évoque ses médailles d'argent 30 ans plus tard

Marc Girardelli voyage aussi en hélicoptère.
Photo: Privé
Sport 4 min. 16.02.2022
Jeux olympiques

Girardelli évoque ses médailles d'argent 30 ans plus tard

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Le grand champion de ski est revenu sur son parcours olympique et ses deux podiums à Albertville en 1992.

La vie de Marc Girardelli est un slalom géant. A 58 ans, l’ancien champion reste difficile à suivre tant il zigzague avec élégance entre ses multiples occupations. Quand il ne vante pas les mérites de sa propre ligne de vêtements de sports de neige, il organise des événements de ski pour des clients privés ou conseille en ligne des amateurs de glisse à travers son académie virtuelle. 


BEIJING, Winter Olympics 16. February 2022; Yanqing National Alpine Skiing Centre, Matthieu OSCH, (Lux), SLALOM Men, DNF, photo and copyright  © ATP Jun QIAN
Matthieu Osch ne dépasse pas la première manche
Le jeune skieur luxembourgeois n'a pas accédé à la seconde manche du slalom.

On le retrouve donc aux quatre coins de l’Europe. En représentation sur une piste de karting à Ischgl, à la table d’un grand chef pour distiller ses conseils en nutrition ou bien entendu dans l’aire d’arrivée d’une piste de ski où il plaisante avec son vieux rival Alberto Tomba tout en continuant à jeter un regard aiguisé sur la compétition actuelle.

«J’adore le style de Mikaela Shiffrin. Elle a tant de classe sur les skis et a tout gagné avec une pression dingue sur les épaules. Et avec Marco Odermatt, on tient un sacré champion.»

Paroles du skieur le plus polyvalent de l’histoire. L’Autrichien de naissance naturalisé luxembourgeois en 1987 en raison de divergences de vue avec sa fédération a tout gagné, du slalom spécial, abrégé aujourd’hui en slalom à la descente. Tout ou presque puisqu’il lui manque l’or olympique.

Je n’ai pas de regrets. Ce n’est pas une infamie de terminer derrière de tels champions.

Marc Girardelli

Une verrue qui a fait couler beaucoup d’encre en 1992 à Albertville parce que le champion s’était dérobé au protocole alors qu’il venait de décrocher la médaille d’argent derrière Alberto Tomba dans le slalom géant.

«Je suis parti voir mon docteur pour soigner ma hanche en vue du slalom», dit-il encore aujourd’hui. «Je n’ai pas de regrets. Ce n’est pas une infamie de terminer derrière de tels champions.»

Marc Girardelli a représenté le Luxembourg aux Jeux olympiques.
Marc Girardelli a représenté le Luxembourg aux Jeux olympiques.
Photo: Getty Images

Girardelli ajoute la star norvégienne Kjetil André Aamodt qui l’avait devancé deux jours plus tôt dans le Super-G. «Il faut se souvenir d’où je venais. J’ai connu une saison blanche en 1990 en raison d’une lourde chute», se remémore-t-il. «Et bien que la saison suivante m’apporte quelques beaux résultats, je ne me présente pas au meilleur de ma forme aux Jeux d’Albertville.»

Elevé à la dure par son père Helmut, sur les pistes d’entraînement à cinq heures du matin, le skieur polyvalent est doté d’un mental en acier. Il a très peu goûté à sa performance à Calgary en 1988 où, pour sa première participation olympique sous la bannière luxembourgeoise, il doit se contenter de résultats quelconques (9e en descente, 20e en slalom géant) en raison d’un état physique déjà entamé par une lourde blessure qui l’a empêché d’être à 100 pour cent au Canada.

Marc Girardelli en 1969.
Marc Girardelli en 1969.
Photo: Privé

Alors, lorsqu’il s’élance sur la Face de Bellevarde le dimanche 9 février 1992 pour le premier des cinq grands défis, il ne se pose pas de question. «Mes skis étaient trop lents, alors j’ai pris tous les risques.»

Une tactique payante puisqu’il pulvérise le meilleur temps intermédiaire avec le dossard 18 dans le dos. «Puis je sors de la piste. Ce sont des risques à prendre. Sans ça, tu ne gagnes jamais.» L’incident se reproduit dans la descente du combiné qui ne pouvait pas lui échapper tant sa domination dans la discipline était totale depuis des années.

Plus d’une corde à son arc

Après ses deux médailles d’argent, le slalom lui offrait une dernière occasion de briller mais là encore, la fin de la première manche lui est fatale. Il est disqualifié après avoir enfourché une porte.

«Cela reste une belle semaine», témoigne-t-il depuis le Liechtenstein où il gère son business. Deux ans plus tard, à Lillehammer, il manquera encore un petit quelque chose au grand champion pour compiler l’une ou l’autre médaille pour le Luxembourg. Il finit 5e de la descente, 4e du Super-G et 9e du combiné. Ce qui en fait toujours à ce jour le plus médaillé des athlètes grand-ducaux aux Jeux olympiques. Et ce, sans jamais avoir atteint une cote de popularité énorme au pays.

«Peu de gens le savent, mais Marc s’est toujours investi, du temps de son parcours d’athlète de haut niveau, dans la formation des jeunes ici au Luxembourg en investissant dans du matériel quand il ne s’agissait pas d’un apport d’argent», rappelle l’ancien journaliste Pilo Fonck.

«Je ne m’en suis jamais vanté, mais ça me semblait naturel», dit aujourd’hui Girardelli à qui il arrive de temps en temps de faire un crochet par le Grand-Duché. «Je suis notamment venu défendre mes livres», ironise celui qui a plus d’une corde à son arc. «Abfahrt in den Tod» est l’un de ses trois bouquins dans lequel il est question de la suprématie d’un skieur à qui certains souhaitent visiblement les pires malheurs.

Marc Girardelli est un escaladeur passionné.
Marc Girardelli est un escaladeur passionné.
Photo: Privé

Une façon comme une autre de s’échapper d’une routine déjà bien diversifiée pour le champion qui se sent encore en très grande forme malgré la douzaine d’opérations qui ont accompagné sa carrière.

«Je pratique encore beaucoup de sport et après une bonne journée d’efforts, je m’autorise un bon repas accompagné d’un bon verre de vin, d’un digestif puis d’un bon cigare», ponctue-t-il dans un grand éclat de rire avant d’aller retrouver en soirée Franz Klammer pour parler du bon vieux temps.

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