Changer d'édition

Gilles Muller: «Il y a toujours eu des surprises dans le tournoi olympique»
Sport 7 min. 27.07.2012

Gilles Muller: «Il y a toujours eu des surprises dans le tournoi olympique»

Gilles Muller de retour sur le gazon. Pour chasser de sa mémoire sa dernière prestation à Wimbledon.

Gilles Muller: «Il y a toujours eu des surprises dans le tournoi olympique»

Gilles Muller de retour sur le gazon. Pour chasser de sa mémoire sa dernière prestation à Wimbledon.
(Photo: Fabrizio Munisso)
Sport 7 min. 27.07.2012

Gilles Muller: «Il y a toujours eu des surprises dans le tournoi olympique»

Gilles Muller participe à ses premiers jeux Olympiques à Londres. Honoré de représenter son pays, le tennisman de Leudelange rêve bien sûr de décrocher une médaille sur les courts de Wimbledon, mais il espère aussi pouvoir humer l'ambiance de cet évémenent planétaire. Entretien.

  • Gilles, vous voilà à la veille de votre première participation aux jeux Olympiques. Cela doit être excitant, non?

«C'est un sentiment particulier. Cela fait deux fois que j'étais tout près de me qualifier et cela ne s'est jamais fait. J'étais, du coup, assez déçu. Et cette année, finalement, j'y vais. C'est génial! Dans la carrière d'un sportif, une participation aux jeux Olympiques, cela compte sur un CV. Maintenant, je pense que pour les joueurs de tennis, la saveur n'est pas la même que pour la majorité des autres athlètes. Nous disputons des tournois toute l'année, nous avons les quatre levées du Grand Chelem qui sont très importantes. Ce que je ressens, c'est qu'il s'agit d'un formidable honneur de représenter son pays. Le Luxembourg est un petit pays. Nous n'avons pas tant d'athlètes que ça. C'est toujours une fierté. C'est quelque chose que je pourrai raconter plus tard à mes enfants et à ma famille... »

  • Le fait que le tournoi olympique se déroulera à Wimbledon, cela doit avoir un charme particulier?

«Oui. Je suis en fait surtout curieux de voir l'état du gazon. On connaît tous la manière méticuleuse avec laquelle les Anglais préparent les courts du All England Club, mais ils ont d'habitude un an pour le faire. Là, il n'y a que trois semaines pour poser une nouvelle surface. Ensuite, le cadre a changé. Il n'est plus aussi vert. Il y a des publicités partout. C'est marrant de voir le club sous un nouveau jour.»

  • La tenue blanche ne sera plus de rigueur. Vous allez pouvoir vous habiller aux couleurs nationales. Au fond, à quoi ressemblera votre tenue?

«Nous n'avons pas de tenue! (sourire) On nous a expliqué que pour nos matches, on pouvait mettre ce que l'on voulait. On doit s'arranger avec nos sponsors. Maintenant, nous aurons évidemment une tenue officielle pour les réceptions ou les événements liés à notre Comité Olympique.»

  • C'est étonnant. Dans pas mal de pays, c'est le Comité Olympique national qui détermine les tenues à porter par les athlètes en fonction de leur discipline. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul et même équipementier qui les confectionne pour l'ensemble de la délégation.

«Notre Comité Olympique a aussi un sponsor, qui nous file un survêtement et plusieurs polos que nous pouvons utiliser pour nos entraînements. Nous ne sommes cependant pas obligés de les porter pour ne pas entrer en conflit avec nos équipementiers personnels. Cela a souvent causé des disputes par le passé entre les athlètes et les dirigeants au point que notre Comité Olympique ne veut plus se prendre la tête avec ça.»

  • En quelle couleur allez-vous alors monter sur le court? En blanc? Ou...

«Non. Je vais tout de même essayer de jouer dans une tenue à la couleur de mon pays, qui est le rouge.»

  • Quel est votre rapport avec l'olympisme. Lorsque vous étiez plus jeune, vous regardiez souvent les Jeux à la télévision? Vous aviez des sports favoris?

«Je regardais des résumés, car il est difficile de tout voir. Quand on me parle des JO, je pense automatiquement au 100 mètres en athlétisme, ou alors à la natation. Ce sont des sports qui ont une longue tradition.»

  • Quels athlètes en particulier vous fascinaient?

«Il n'y en a pas vraiment un que je pourrais citer. J'ai du respect pour tous ceux qui ont réalisé de grandes performances. Et puis, ce qu'il y a de bien lors des jeux Olympiques, c'est que l'on découvre des tas d'athlètes qui sont très forts mais pas du tout connus car leur sport n'est pas médiatisé. C'est sympa de faire connaissance avec tous les sports et tous les milieux. C'est un aspect qui m'a toujours beaucoup plu. La marche, par exemple. C'est exceptionnel de les voir avancer comme des pantins désarticulés.»

  • Y-a-til quelqu'un en particulier que vous aimeriez rencontrer à Londres. Usain Bolt? Michael Phelps? LeBron James?

«Je ne sais pas. Je dirais peut-être plus que j'aimerais assister à de gros événements, humer l'ambiance dans les différents stades. Maintenant, rencontrer quelqu'un... Si l'occasion se présente, pourquoi pas? Si on m'adresse la parole, je répondrai. Bien entendu... (sourire).»

  • Un gars comme Bolt ne vous fascine pas?

«Si, bien sûr. Bolt me fascine. Simplement, j'ai l'impression que ces gens sont tellement sollicités qu'il faut les laisser tranquilles. J'ai envie de le voir réaliser un truc incroyable. J'aimerais bien être dans le stade olympique à ce moment-là, mais lui parler, ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse vraiment. »

  • Quels sont vos rapports avec les autres sportifs luxembourgeois? Y a-t-il néanmoins quelqu'un dont vous êtes plus proche, avec qui il vous arrive de converser par téléphone, sms ou par e-mail?

«Je m'entends bien avec Sacha Palgen mais malheureusement il est resté remplaçant. Je le connais depuis très longtemps, depuis l'école en fait, car il est originaire du même coin. On s'est toujours dit que ce serait chouette de se retrouver aux Jeux ensemble un jour. Lui a été à Pékin, il y a quatre ans. Moi, je n'y étais pas. Cette fois, c'est lui qui n'est pas là...»

  • Une dernière question. Si vous avez un souhait pour vos premiers Jeux, quel serait-il?

«C'est toujours dur à dire. Bien sûr que j'aimerais décrocher une médaille pour le Luxembourg. C'est un rêve! Mais je sais qu'il y a 63 autres joueurs qui espèrent la même chose. Bref... C'est vrai qu'il y a toujours eu des surprises dans le tournoi olympique de tennis. En plus, il se déroulera sur gazon cette fois-ci. Même si j'ai perdu au premier tour à Wimbledon (contre le Français Julien Benneteau), je me suis déjà hissé à deux reprises au troisième tour. J'ai même déjà battu Nadal et la deuxième fois, je me suis incliné au terme d'un match très disputé. Je sais que sur cette surface, je peux accrocher de très bons joueurs. Pourquoi pas? Avec un peu de chance, mon tableau peut se dégager. Cela peut passer. J'espère en tout cas que, quel que ce soit le résultat, je pourrai quitter Londres sans regret.»

Serge Fayat

Muller - Ungur sur le court n°16

C'est sur le court n°16 que Gilles Muller (ATP 56) débutera la compétition de tennis sur le gazon de Wimbledon. La rencontre du numéro 1 luxembourgeois face au Roumain Adrian Ungur (98) au premier tour du tableau final des JO est programmé à 17h30.

Dans sa carrière, Adrian Ungur n'a jamais franchi un tour à Wimbledon pour trois participations sur l'herbe du All England Club. "Ce n'est pas le plus mauvais tirage, mais c'est tout de même un match à jouer! Je me suis déjà retrouvé dans le rôle de favori sans parvenir à conclure. Le deuxième tour, je préfère ne pas trop l'aborder mais Denis Istomin a ses chances contre Fernando Verdasco sur le gazon. Si je joue dimanche, je serai à la cérémonie d'ouverture", a commenté le n°1 luxembourgeois.

Si Gilles Muller franchit l'écueil roumain, il sera opposé au vainqueur du duel entre l'Espagnol Fernando Verdasco, seizième mondial et l'Ouzbèque Denis Istomin (34).