Changer d'édition

France: un chemin semé d'embûches
Sport 3 min. 07.09.2016 Cet article est archivé
Mondial 2018

France: un chemin semé d'embûches

Les Bleus ont fait preuve d'une criante inefficacité dans l'Arena de Borisov.
Mondial 2018

France: un chemin semé d'embûches

Les Bleus ont fait preuve d'une criante inefficacité dans l'Arena de Borisov.
Photo: AFP
Sport 3 min. 07.09.2016 Cet article est archivé
Mondial 2018

France: un chemin semé d'embûches

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Les Bleus ont déjà grillé un joker: la qualification pour le Mondial 2018 ne sera pas une partie de plaisir pour les vice-champions d'Europe qui ont eu, mardi en Biélorussie (0-0), un aperçu du parcours long et escarpé qui les attend pour rallier la Russie dans deux ans.

(AFP) - Les Bleus ont déjà grillé un joker: la qualification pour le Mondial 2018 ne sera pas une partie de plaisir pour les vice-champions d'Europe qui ont eu, mardi en Biélorussie (0-0), un aperçu du parcours long et escarpé qui les attend pour rallier la Russie dans deux ans.

Etre finaliste de l'Euro n'offre aucune immunité et les troupes de Didier Deschamps ont touché du doigt la difficulté d'assumer leur tout nouveau statut.

Le sélectionneur pourra toujours se consoler avec le résultat de son bourreau du 10 juillet: le Portugal a été dans le même temps défait en Suisse (0-2) dans la poule B. Mais le pedigree des Helvètes est sans comparaison avec celui des Biélorusses, modestes 70e au classement Fifa, et le piteux résultat ramené de Borisov sonne comme un sérieux avertissement pour la suite de la campagne de Russie.

Tous les adversaires, même de faible niveau comme la Biélorussie, rêvent désormais de s'offrir la France et les Tricolores vont devoir apprendre a vivre avec cette étiquette parfois encombrante. Deschamps ne s'est d'ailleurs pas fait prier pour évoquer une "contre-performance" et ne s'est pas embarrassé d'excuses superflues.

"Pour gagner, il faut marquer. Le foot, c'est de l'efficacité. Défensivement, on n'a rien laissé. Offensivement, on a manqué de réalisme", a-t-il constaté.

Déficit de compétition

Les Portugais peuvent invoquer l'absence de leur triple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo. Pas les Bleus, qui se sont rendus à Borisov avec quasiment toutes leurs forces vives, juste après un galop d'essai réussi en Italie (3-1 en amical). Mais celles-ci ont failli dans les grandes largeurs.

Paul Pogba, le joueur le plus cher du monde, parti de la Juventus Turin à Manchester United contre une indemnité record de 105 millions d'euros, n'est toujours pas ce patron technique que la France rêve de voir en lui. Les reproches déjà formulés à l'Euro resurgissent et Pogba donne toujours cette désagréable impression de jouer pour lui-même, sans se soucier de l'équilibre collectif, et de ne briller que par intermittences. Sans un réveil de "la Pioche" et sa prise de pouvoir définitive en équipe nationale, "l'opération Russie" sera délicate.

Pour le duo Griezmann-Giroud, l'axe fort des Bleus lors du tournoi continental, la stérilité est peut-être due à un déficit de compétition, les deux joueurs ayant de nouveau montré en seconde période une belle complicité. N'a manqué que la réussite devant le but.

Deschamps aura aussi eu la satisfaction de constater que les retrouvailles en défense de sa solide charnière Varane-Koscielny offrent enfin une stabilité à un secteur si chamboulé ces derniers temps.

Halte au gaspillage

Mais le renouvellement opéré sur les côtés avec Djibril Sidibé (à droite) et Layvin Kurzawa (à gauche) ne donne pas encore sa pleine mesure. On ne tourne pas aisément les pages Sagna et Evra. Et Deschamps s'est engagé dans un chantier dont il n'est pas sûr de voir le bout rapidement. Il n'est donc pas exclu de revoir un jour les deux anciens, si leurs remplaçants ne parviennent pas à assurer la relève.

Le résultat de mardi n'est pas de nature à briser les acquis de l'Euro, la France ayant toujours eu la fâcheuse habitude de mal débuter ses phases qualificatives, avant de finir par décrocher son billet lors de dernières rencontres décisives, souvent irrespirables.

Le groupe A semble en outre largement à la portée des Bleus. Mais les stars françaises ne peuvent plus gaspiller de points en route contre des nations surmotivées et n'ayant rien à perdre contre le joueur le plus cher du monde (Pogba) ou le meilleur joueur de l'Euro (Griezmann).

Un sans-faute est réclamé, dès les 7 et 10 octobre face à la Bulgarie (au Stade de France) et les Pays Bas (à Amsterdam).

Comme l'a bien résumé Raphaël Varane, capitaine en l'absence du gardien Hugo Lloris, blessé: "Le chemin sera long".


Sur le même sujet

Une page d'histoire à écrire, en cyrillique et à l'encre bleue: l'équipe de France est en finale du Mondial 2018 pour tenter de décrocher sa deuxième étoile, vingt ans après la première, dimanche à Moscou contre la Croatie (17h).
Les Bleus ont retenu les leçons de l'Euro 2016, mais attention aux génies croates.
Plus que quelques heures à attendre avant la finale de l'Euro, dimanche à 19h00: la France de Griezmann s'y prépare fiévreusement et rêve d'un triomphe à domicile contre le Portugal et son icône planétaire, Cristiano Ronaldo.
Espérons que les fans français soient dans le même état de liesse ce dimanche soir!
Ce match sent le piège à plein nez pour l'équipe de France: les Bleus doivent éviter une sortie humiliante de leur Euro, dimanche en quart de finale face à la surprenante Islande, qui a ébahi la planète football en faisant chuter l'Angleterre.
Football Soccer - Euro 2016 - France's Training - Domaine de Montjoye, Clairefontaine, France - 29/6/16 - France's Samuel Umtiti during training.  REUTERS/Charles Platiau