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Football / Que deviens-tu...: Abde Ennassouh: «Je vis intensément ma passion au Luxembourg»
Sport 5 min. 01.03.2016

Football / Que deviens-tu...: Abde Ennassouh: «Je vis intensément ma passion au Luxembourg»

Football / Que deviens-tu...: Abde Ennassouh: «Je vis intensément ma passion au Luxembourg»

Sport 5 min. 01.03.2016

Football / Que deviens-tu...: Abde Ennassouh: «Je vis intensément ma passion au Luxembourg»

A bientôt cinquante ans, Abdé Ennassouh a écumé les pelouses de la Grande Région pendant près de 25 ans. Aujourd'hui, c'est dans le costume d'entraîneur qu'il s'épanouit avec les jeunes de Differdange. Une évidence pour un joueur qui a fait l'essentiel de sa carrière dans la Cité du fer. Entretien.

A bientôt cinquante ans,  Abdé Ennassouh s'est longtemps éclaté dans le foot. L'ancien latéral gauche des Red Boys, connu pour sa santé de fer et son abnégation, a écumé les pelouses de la Grande Région pendant près de vingt-cinq ans. Aujourd'hui, c'est dans le costume d'entraîneur qu'il s'épanouit avec les jeunes de Differdange. Une évidence pour un joueur qui a fait l'essentiel de sa carrière dans la Cité du fer. Entretien.

Propos recueillis par Yannis Bouaraba

Abdé, vous fêterez votre cinquantième anniversaire en fin d'année et les plus jeunes ne vous connaissent pas. Pouvez-vous revenir sur votre parcours?

Je suis arrivé aux Red Boys Differdange en 1992 lorsque j'avais 24 ans et j'y ai passé cinq ans. Ensuite, le décès tragique de mon fils m'a obligé à couper avec le football pendant deux années pour m'occuper de mes proches. Je suis ensuite revenu au Luxembourg, au CS Oberkorn, où Marc Thomé était l'entraîneur. J'y suis resté cinq saisons avant un retour en France dans divers clubs.

Vous avez encore une licence de joueur dans un petit club français. D'ailleurs, de ce côté de la frontière, on vous prête la réputation d'être un joueur à la santé de fer. Quand  allez-vous vous arrêter?

Je suis en bonne santé donc pour l'instant... J'espère pouvoir encore donner. Si tu as une hygiène de vie correcte et que tu prends toujours du plaisir, alors pourquoi arrêter? Moi je "crève" le ballon. Même quand je joue avec des jeunes qui ont 20 ans, qui sont plus rapides, plus en forme que moi, on prend du plaisir tous ensemble. Récemment, j'ai joué un match amical avec Oberkorn... Je me suis éclaté!

Quels souvenirs gardez-vous de votre carrière luxembourgeoise?

Je me rappelle de mes débuts aux Red Boys. A l'époque, je découvrais une autre mentalité, une autre discipline. La rigueur, c'est quelque chose qui m'a tout de suite beaucoup plu. Mon intégration a été réussie et j'ai eu de la chance car dans les deux clubs par lesquels je suis passé il y avait un esprit familial.

Et si vous deviez retenir un moment en particulier?

Probablement la descente avec les Red Boys lors de ma troisième année au club. On avait perdu les meilleurs éléments de l'effectif, mais comme le club avait une bonne gestion du recrutement on avait pu remonter la saison suivante. Paradoxalement, je pense que ce fut l'une de mes meilleures années. Je garde un très bon souvenir du coach aussi.

Avez-vous toujours un œil sur le championnat de BGL Ligue?

Oui, je suis toujours l'actualité mais d'assez loin. Je ne connais pas le classement mais je sais quelles équipes sont devant, quelles équipes sont derrière. Je suis vraiment concentré sur mon équipe et mon objectif de faire progresser les jeunes.

Depuis environ deux ans, vous avez endossé le costume d'entraîneur. Vous avez connu votre première expérience sur un banc en 2014 avec Sanem, pourquoi si tard?

J'ai eu plusieurs fois l'opportunité de rejoindre Sanem mais je voulais passer mes diplômes d'entraîneur avant de me lancer. Chose que j'ai faite. Et lorsque l'opportunité s'est représentée, j'ai immédiatement sauté sur l'occasion.

Devenir entraîneur, était-ce une évidence pour vous?

C'est mon passage au Luxembourg qui m'a donné l'envie de devenir entraîneur. Globalement, j'ai eu de bons coaches durant ma carrière. Marc Thomé m'a beaucoup inspiré, à l'époque où je jouais à Oberkorn et qu'il était entraîneur. Quand tu es joueur et qu'après un match, tu ressens la satisfaction de l'entraîneur, tu as envie de la revivre plus tard. Et c'est au Luxembourg que j'ai trouvé mon bonheur. C'est structuré et sérieux. Les infrastructures sont développées et on travaille dans de bonnes conditions. Chaque tâche est bien définie. J'aime la rigueur et je dois dire que je vis intensément ma passion ici.

Votre aventure s'est pourtant brusquement arrêtée en cours de saison l'année dernière, pouvez-vous revenir sur cet épisode?

On a fait une première partie de saison (2014-2015) correcte. On était mathématiquement encore en course pour la montée. Le lendemain d'un match nul face à Belvaux (alors concurrent direct à l'accession), on m'a signifié que ma mission s'arrêtait là alors que je venais de commencer l'entraînement. J'ai été voir mon groupe et je lui ai annoncé que je mènerai ma dernière séance. J'étais surpris et déçu.

Vous avez vite rebondi. Vous êtes depuis cette saison à la tête des cadets du FC Differdange 03. Comment cela se passe-t-il?

Ça se passe très bien. Les conditions de travail sont très intéressantes et les jeunes sont très réceptifs. Je prends beaucoup de plaisir à mettre en pratique ce que j'ai appris lors de mes formations d'entraîneur. Il y a vraiment de la qualité dans le groupe et certains jeunes joueurs valent vraiment la peine qu'on se déplace pour venir les voir jouer.

Quelle philosophie tentez-vous de transmettre à vos joueurs?

Déjà, de toujours donner le maximum. Même si tout n'est pas parfait, quand tu te donnes à fond, tu as parfois de bonnes surprises. J'insiste sur la rigueur et la solidarité. Les jeunes répondent super bien et pour un entraîneur, c'est toujours plaisant de voir que les consignes que tu veux mettre en places sont respectées. Je me souviens d'un match amical que nous avons joué à onze, sans remplaçants, contre le Racing. Les jeunes se sont battus comme des guerriers pour arracher un match nul.

Quelles sont vos ambitions en tant qu'entraîneur?

Aller le plus loin possible dans le club dans lequel je suis et surtout essayer de répondre à un projet et faire progresser les joueurs. Je pense que c'est plus facile de mettre en place quelque chose avec les jeunes. Le seul problème, c'est qu'on ne les a que pendant deux ans car ensuite ils changent de catégorie. Une des meilleures sensations en tant qu'entraîneur, c'est de voir évoluer des joueurs. Quand tu vois qu'ils suivent tes conseils et qu'ils mettent en pratique ce que tu tentes de leur apprendre pour progresser et que tu vois les résultats, tu as tout gagné. Voir que le travail a payé   est une grande satisfaction.


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