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Football / Le championnat suisse à mi-parcours: Jeff Saibene: «Quitter St-Gall a été le bon choix»
Jeff Saibene ambitionne de qualifier Thoune pour le dernier carré de la Coupe de Suisse.

Football / Le championnat suisse à mi-parcours: Jeff Saibene: «Quitter St-Gall a été le bon choix»

Photo: Ben Majerus
Jeff Saibene ambitionne de qualifier Thoune pour le dernier carré de la Coupe de Suisse.
Sport 4 min. 08.12.2015

Football / Le championnat suisse à mi-parcours: Jeff Saibene: «Quitter St-Gall a été le bon choix»

Après quatre saisons à la tête de St-Gall, le Luxembourgeois, qui a quitté ses fonctions début septembre, a repris les rênes du FC Thoune le 6 octobre. Avec succès puisque les Bernois naviguent à nouveau en eaux calmes en championnat et ce samedi, ils disputeront les quarts de finale de la Coupe de Suisse.

Après quatre saisons à la tête de St-Gall, le Luxembourgeois, qui a quitté ses fonctions début septembre, a repris les rênes du FC Thoune le 6 octobre. Avec succès puisque les Bernois naviguent à nouveau en eaux calmes en championnat et ce samedi, ils disputeront les quarts de finale de la Coupe de Suisse.

Par Eddy Renauld

Jeff, début septembre, votre départ de St-Gall en a surpris plus d'un?

C'est vrai mais avec le recul, c'était le bon choix. Je devais changer quelque chose pour moi et le club. Lors de mon départ, j'ai reçu une ovation extraordinaire des dirigeants et des supporters. J'ai vécu des années inoubliables avec cette équipe: la montée, une troisième place en Super League et la phase de poules de l'Europa League. Je pense qu'il faudra encore attendre quelques années pour revivre cela.  

Quel était le contexte de votre arrivée à Thoune?

Sur le plan sportif, le club était dernier avec 8 points à égalité avec Lugano. Mais le gros problème provenait des relations entre l'entraîneur (Ciriaco Sforza) et les joueurs. Difficile dans ces conditions de travailler ensemble. Vu de l'extérieur, c'était une grosse surprise mais c'est un problème interne qui a causé cette rupture.

Vous aviez déjà travaillé à Thoune en 2007, ce club a-t-il changé depuis votre départ?

Cela reste un club familial mais ce qui a changé, ce sont les infrastructures. Depuis 2011, l'équipe évolue dans un nouveau stade de 10.000 places. Le FC Thoune se professionnalise petit à petit.

Comment avez-vous trouvé l'équipe à votre arrivée?

J'ai rencontré un groupe solidaire et prêt sur le plan physique et mental. La base était bonne pour commencer le travail et j'ai pu appliquer ma philosophie de jeu. On a  gagné les quatre premiers matches (dont un en Coupe de Suisse). Forcément, cela facilite les choses.

Vous évoquez votre philosophie de jeu, quelle est-elle?

Tout dépend de la qualité du groupe que vous avez à votre disposition. J'essaye de prôner un football offensif avec un pressing de l'équipe assez haut. Je suis un adepte du 4-4-2 avec 2 attaquants spécifiques. L'équipe a connu pas mal de blessés de longue date ce qui explique que je n'ai pas trop changé de système. Pour la seconde partie de la saison, on devrait récupérer cinq, six joueurs.

Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixé?

On va essayer d'atteindre les demi-finales de la Coupe de Suisse. Pour cela, on doit battre le FC Zurich (samedi 18h30). En ce qui concerne, le championnat, on doit assurer notre maintien le plus vite possible. Nous ne sommes qu'à trois points de la 5e place.

A mi-parcours, le FC Bâle compte déjà 10 points d'avance sur Grasshoppers, un méchant coup pour le suspense?

Le FC Bâle, c'est le Bayern de la Suisse. Nous les avons affrontés dimanche dernier. C'était encore 0-0 après 65 minutes. Cette équipe a l'avantage de pouvoir compter sur des joueurs qui peuvent marquer des buts à tout moment. Bâle est un club extra pour la Suisse.  C'est toujours un match spécial contre cette équipe. Tout le monde a envie de se donner à fond, je pense que cela tire tous les autres clubs vers le haut. Prenez le cas de Sion, en cas de match nul contre Liverpool, jeudi en Europa League, la  Suisse aura deux représentants en seizièmes de finale.

La Super League n'est composée que de dix équipes. Cela pose-t-il un problème?

Pour un pays comme la Suisse, c'est l'idéal. Il n'y a pas douze ou treize équipes qui ont les infrastructures et les finances pour jouer en D1. Les clubs ont refusé le système des play-offs  car il y avait des risques. Ils ont préféré miser sur un championnat avec dix équipes et quatre tours (36 matches). C'est un bon compromis.

Que vous inspire la BGL Ligue avec ses 14 équipes?

On ne peut pas comparer le Luxembourg et la Suisse. Quatorze clubs, c'est beaucoup trop et je ne pense pas que cela augmente le niveau de la compétition même si l'équipe nationale est en progrès. Je suis agréablement surpris par le travail de Luc Holtz. A mes yeux, il s'agit de la meilleure sélection depuis 30 ans. Cette équipe peut compter sur la présence de plusieurs éléments qui évoluent à l'étranger comme en Belgique, en Suisse ou en Allemagne. C'est un plus.

Vous évoquez la Nati, cela fait quelques années qu'elle participe à nouveau aux grands rendez-vous internationaux. Y a-t-il une explication?

Cela remonte à une vingtaine d'années, il y a eu une réforme au niveau de la formation des jeunes et des entraîneurs. Comme pour la sélection belge, il y a pas mal d'éléments qui évoluent dans les plus grands championnats comme l'Angleterre, l'Allemagne ou l'Italie (les gardiens Sommer et Bürki à Mönchengladbach et Dortmund, Shaqiri à Stocke City, Lichtsteiner à la Juventus. La Suisse, comme la Belgique, recueille aussi les fruits de la multiculturalité de la société.  


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