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Football / FC Metz: Nico Braun: «Je ne partage pas la direction prise par les dirigeants»
L'artilleur a toujours le cœur grenat, ça ne veut pour autant dire que Nico Braun garde sa langue dans sa poche.

Football / FC Metz: Nico Braun: «Je ne partage pas la direction prise par les dirigeants»

Photo: Michel Dell'Aiera
L'artilleur a toujours le cœur grenat, ça ne veut pour autant dire que Nico Braun garde sa langue dans sa poche.
Sport 4 min. 03.03.2016

Football / FC Metz: Nico Braun: «Je ne partage pas la direction prise par les dirigeants»

Nico Braun (65 ans) est le plus grand buteur de l’histoire du FC Metz (1973-1978) et ses 98 réalisations lui permettent de jeter un regard éclairé sur la situation sportive de son équipe de cœur. Les hommes de Philippe Hinchberger (5e, 44 points) se déplacent à Clermont lundi, un adversaire qui est revenu à leur hauteur. Chaud devant!

Nico Braun (65 ans) est le plus grand buteur de l’histoire du FC Metz (1973-1978) et ses 98 réalisations lui permettent de jeter un regard éclairé sur la situation sportive de son équipe de cœur. Les hommes de Philippe Hinchberger (5e, 44 points) se déplacent à Clermont lundi, un adversaire qui est revenu à leur hauteur. Chaud devant!

Propos recueillis par Hervé Kuc

Nico, comment allez-vous?

J’essaye d’aller le mieux possible. Je vais certainement devoir me faire opérer des genoux, l’un après l’autre, et j’en saurai plus dans quelques semaines après avoir  consulté un spécialiste. Cela ne m’empêche pas d’aller au stade et de regarder attentivement les prestations du FC Metz.

Que pensez-vous de la situation des Messins au classement de la Ligue 2?

Le FC Metz est dans le coup mais il n’est plus tout seul! A domicile, la défaite face au Havre (0-1) a fait des dégâts comme le match nul devant Brest (2-2). Le slogan «Ici, c’est Metz!» je l’entends mais je ne le retrouve pas sur la pelouse. Chez nous, à Metz, on doit prendre l’adversaire à la gorge! Dès les premières minutes on doit lui faire sentir que nous allons lui dicter notre loi. Je ne le sens pas du tout et c’est ce qui me dérange le plus.

Les Messins affichent un bilan médiocre depuis les quatre derniers matches (2 points, 7 buts encaissés). Etes-vous inquiet?

Il faut absolument arriver à se créer beaucoup plus d’opportunités de marquer des buts, surtout à Saint-Symphorien. C’est un peu faible ce que l’on voit en ce moment: il n’y en a pas beaucoup et le peu d’occasions que nous nous procurons ne rentrent pas dans les filets. L’efficacité n’est pas au rendez-vous même si la qualité de jeu déployée est bien meilleure que celle entrevue la saison dernière en Ligue 1.

Les hommes de Philippe Hinschberger se rendent à Clermont lundi (20h30). Comment qualifieriez-vous ce rendez-vous?

C’est une rencontre à six points qui va être dure à vivre. Tout est possible, essentiellement pour la troisième place car Dijon (56 points) et Nancy (52) possèdent une belle avance. Je ne vous cache pas que le FC Metz va devoir accélérer l’allure à domicile et, à mon sens,  il n’a absolument plus le droit de perdre le moindre point chez lui. Oui, cela va être compliqué de rejoindre la Ligue 1 car on va devoir encore affronter Auxerre (8e), Le Red Star (3e), Dijon (1er) et Lens (5e). Je vois d’autres équipes qui pourraient avoir le nez devant nous au terme du championnat. Méfions-nous du RC Lens!

Comment jugez-vous les prestations des attaquants Christian Bekamenga et Habib Diallo?

Christian a effectué d’excellents débuts et ses quatre buts ont fait beaucoup de bien à toute l’équipe. Cela faisait trois ans que le FC Metz avait un œil sur lui et je me demande pourquoi il n’est pas venu plus tôt ici. C’est un vrai avant-centre: il est lucide, joue bien dos au but et il ne rate que rarement une occasion. Je suis très content pour Habib que j’avais connu il y a deux ans lorsque j’aidais le centre de formation du club. Il est sur la bonne voie même si on ne peut le juger sur deux ou trois matches. Les deux doivent rester en attaque jusqu’à la fin du championnat et le système de jeu doit être mis en place pour les alimenter correctement.

Le Biélorusse Sergei Krivets et le Letton Janis Ikaunieks n’arrivent pas à donner leur pleine mesure. Pourquoi?

C’est un peu comme si je choisissais d’aller jouer en Bulgarie. Croyez-vous vraiment que je serais heureux là-bas? La barrière de la langue est une raison majeure à leurs difficultés et ça se ressent sur le terrain, la communication n’existe pas avec leurs coéquipiers. Ils sont certainement talentueux mais ils ne réussiront jamais au FC Metz.

Vos relations avec le FC Metz ont été un peu tendues ces derniers mois…

Je ne souhaite pas trop m’étendre sur ce sujet. Je peux juste vous dire que j’avais été très surpris de voir arriver José Riga et Carlos Freitas à Metz l’été dernier. Je ne partage absolument pas la direction prise par les dirigeants mais personne n’a le courage d’en parler officiellement. Les propos de Carlo Molinari, sur Mirabelle TV, m’ont fait énormément de bien mais la direction actuelle ne partage pas nos points de vue. Pour moi, le FC Metz doit rester le club de la région. Il y a certainement de bons talents à y faire venir et je suis très surpris qu’aucun Luxembourgeois ne soit dans l’effectif. Les choix faits depuis un an n’ont pas été très heureux. 


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