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Cette trêve qui fait tellement parler d'elle
Sport 5 min. 29.12.2015 Cet article est archivé
Football / Coup de projecteur

Cette trêve qui fait tellement parler d'elle

La neige se fait de plus en plus rare et plusieurs entraîneurs aimeraient jouer jusque mi-décembre
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Cette trêve qui fait tellement parler d'elle

La neige se fait de plus en plus rare et plusieurs entraîneurs aimeraient jouer jusque mi-décembre
Photo: Nicolas Bouvy
Sport 5 min. 29.12.2015 Cet article est archivé
Football / Coup de projecteur

Cette trêve qui fait tellement parler d'elle

Ecourter la trêve hivernale, débuter en septembre au lieu de fin août en divisions inférieures, des coupures destinées à l'équipe nationale jugées inappropriées, organiser le championnat selon la formule nordique, ... Les idées se bousculent. Réflexions.

Ecourter la trêve hivernale, débuter en septembre au lieu de fin août en divisions inférieures, des coupures destinées à l'équipe nationale jugées inappropriées, organiser le championnat selon la formule nordique, ... Les idées se bousculent. Réflexions.

Par Daniel Pechon

Les saisons et l'organisation sont rythmées par les trêves hivernale et estivale. Ces moments sont vécus différemment aux multiples étages de la compétition. Trop long? Trop court?

«Le temps de récupération entre chaque période doit rester suffisamment long pour permettre aux organismes de récupérer», estime Henri Bossi. Mais débuter la saison fin août en Division 1 n'est pas l'idéal pour Georges Menster (Itzig). «Une préparation convenable est illusoire pour tout championnat lancé avant le 15 septembre. Etudiants et joueurs qui profitent du congé collectif prennent leurs vacances en août. Puis, les responsables de clubs ont souvent besoin de l'été pour retaper leur terrain herbeux.»

Benny Reiter a compté huit absents lors des deux premiers matchs de la saison à Junglinster. Pour remédier à ce problème, le coach est prêt à ajouter une ou deux semaines anglaises et jouer jusque mi-décembre.

Une dernière idée entérinée par David Viaggi, le secrétaire de Bissen qui voit d'un bon œil une fin de second tour en décembre pour jouir de plus de flexibilité pour la coupe et les matchs reportés. Jhemp Almeida du Red-Black, qui a aussi vécu l'expérience comme joueur parmi l'élite, estime la trêve estivale trop courte en BGL Ligue (20 mai au 20 juin), «surtout quand on a une famille».

Dans les divisions inférieures, le mentor estime que cela revient plus à une gestion du coach. A Sanem, Johann Bourgadel est d'avis de jouer plus en été. «Les joueurs sont plus motivés avec la météo et les journées longues. Par contre jouer cinq matchs en deux semaines en septembre n'est pas l'idéal. Mieux vaut débuter plus tôt en février.»

Pour épargner les terrains mais aussi éviter les matchs en semaine, Paul Hunnewald (Useldange) préfère entamer la saison plus tôt. «Quand le match est programmé en semaine, les clubs ne disposant pas d'éclairage sont obligés de se déplacer. Cela peut fausser le championnat», estime le coach.

Eviter deux préparations

Mais pour Jhemp Almeida, la trêve d'hiver est devenue trop longue! «Les joueurs ne font rien durant cinq semaines (jusqu'au 10 janvier) et avec la météo, les présences aux entraînements sont légères. Prolonger les matchs jusqu'au 15 décembre et reprendre début février serait plus adéquat. Mais je comprends la FLF qui tente de conserver une homogénéité entre la BGL Ligue et les autres niveaux», ajoute Jhemp Almeida.

José Ribeiro (Folschette) enfonce le clou: «Il est difficile de motiver les joueurs à effectuer une seconde préparation. La trêve hivernale devrait être écourtée pour éviter une seconde préparation.» Patrick Gloden (Wormeldange) a compté 84 jours sans match officiel et préfèrerait commencer vers le 8 septembre, quitte à finir plus tard en décembre et jouer en semaine. «De toute façon, beaucoup de clubs organisent des matchs amicaux en semaine», ajoute le mentor.

Mais certains responsables apprécient la formule actuelle, comme Damien Raths à Beggen et Paul Wilwerding à Ell mais ce dernier apprécierait un début pour la Division 2 identique à celui de la Division 1 (la D2 débute un mercredi).

L'équipe nationale trop gourmande

Emile Muller, le président de Käerjéng, voit aussi l'avantage d'une trêve hivernale longue qui permet d'éviter les frimas et des assistances en baisse avec le froid. Mais il est plus virulent sur les pauses: «Le calendrier est agencé malheureusement autour de l’équipe nationale, super protégée. Au détriment des clubs. Le championnat de BGL Ligue est interrompu trois semaines en septembre et une seconde fois en octobre pour la seule équipe nationale. Un saucissonnage unique au monde. Avec la conséquence néfaste de ne pouvoir conserver le rythme et maintenir la forme dans les équipes. Il est temps de revenir à plus d'harmonie et de cohérence», argumente Emile Muller.

Jacques Wolter, le président d'Hostert, apprécie l'organisation actuelle du championnat de Promotion d'Honneur, mais il est aussi très critique sur ces trois semaines d'arrêt. «Trop long. A cause de cette interruption, il n'y a pratiquement pas de journée de championnat en septembre alors que la météo est favorable.»

Pour Gilbert Goergen, vice-président du Fola et aussi membre de la FLF, «les temps ont changé. L'élite du championnat est plus relevée qu'il y a quelques années. De telles durées ne sont plus nécessaires pour la mise à niveau des joueurs. Ces coupures sont devenues abusives. Réduire ces périodes donnera plus de consistance au championnat et permettrait d'entamer la saison une semaine ou deux plus tard en août.»

Un championnat nordique?

Gilbert Goergen s'étonne aussi que l’on n'a jamais pris le temps, malgré l'idée émise voici cinq années, d'étudier la possibilité d'un championnat qui s'étendrait sur une année civile (de mars à novembre). «Au moins, nous serions fixés sur les avantages et désavantages de la formule. Ce serait enfin clair.»

Jacques Wolter (Hostert) émet des doutes sur la faisabilité concernant les transferts de joueurs impliquant les pays voisins (questions juridiques, statutaires..) qui vivront dans un autre rythme. Paul Trierweiler, président de Canach, est d’accord de finir mi-décembre et reprendre mi-février. Mais il fait remarquer que l'on ne joue que six mois par an.

Le président de Canach revient sur le fait que six semaines sont consacrées à l'équipe nationale! «Vingt-six matchs et une majorité de clubs qui ne jouent qu'un match ou deux en coupe. Il y a une réflexion à mener sur le nombre de matchs de championnat. Des séries de 16 équipes? Un système de play-off ? Remodeler la coupe avec une entrée plus précoce des clubs de BGL Ligue.»

Une idée sur laquelle saute Bob Kohnen, vice-président de Berbourg. «En entrant seulement au 5e tour la coupe de Luxembourg, les clubs de BGL Ligue profitent du chemin le plus court pour accéder à la coupe d'Europe. Le plus court en Europe certainement! Lancer les clubs de BGL Ligue dès le premier tour serait un plus pour la compétition. Autrement cela ressemble à une coupe de... BGL Ligue.»


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