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Derby differdangeois: «Le Progrès a attaqué, défendu et gagné à onze»
Sport 5 min. 19.03.2018

Derby differdangeois: «Le Progrès a attaqué, défendu et gagné à onze»

Derby differdangeois: «Le Progrès a attaqué, défendu et gagné à onze»

Sport 5 min. 19.03.2018

Derby differdangeois: «Le Progrès a attaqué, défendu et gagné à onze»

En clôture de la 18e journée, le Progrès s’est sorti d’un derby qui ressemblait à un vrai traquenard au vu de la qualité du terrain (2-1). Les Jaune et Noir, supérieurs aux Differdangeois dans tous les compartiments de jeu, restent à hauteur du F91 au classement de la BGL Ligue.

Par Thomas Fullenwarth

Comment le Progrès a-t-il construit sa victoire?

Paolo Amodio proposait, pour ce derby, un système en 4-1-4-1. Ben Vogel placé en sentinelle se plaçait derrière les frères Thill dans un rôle plus offensif. Si ce système était clair en phase défensive, en reconversion offensive, on constatait qu’Olivier Thill redescendait souvent à hauteur de Vogel pour s’éloigner des milieux défensifs differdangeois, Fleurival et Holter. Ainsi, il pouvait aisément se retourner avec le ballon et déclencher les attaques placées de son équipe.

Les attaques des Jaune et Noir étaient structurées de la façon suivante: défense centrale -> milieu de terrain -> 3 à 4 passes courtes dans un petit périmètre -> profondeur -> frappe ou centre.

Ce qui a fait la différence, c’est la mobilité du milieu et de l’attaque du Progrès. Tous les joueurs étaient en mouvement en même temps. Ainsi, à chaque fois, le porteur du ballon avait deux à trois choix de passe. Les combinaisons de passe se faisaient de manière logique. Face à une défense aussi peu mobile que celle de Differdange, cette vitesse a créé de nombreux décalages et donc de nombreuses occasions de but.

Ce qui est intéressant, c’est qu’on a senti tous les joueurs très libres dans leurs déplacements. De nombreux joueurs sortaient de leur zone de jeu, bougeant ainsi les lignes du bloc défensif differdangeois. Le second but en est l’illustration parfaite. Si Ben Vogel, milieu plus défensif, se retrouvait à 25 mètres du but et trouvait Karapetian dans la surface, son poste de sentinelle était immédiatement repris par Olivier Thill.

Et c’est bien la force des joueurs de Niederkorn de manière générale. Si les visiteurs possèdent une attaque performante, les 11 joueurs sont concernés par le travail défensif. Cette attitude a permis d’atténuer le seul bémol de la soirée: ne pas avoir réussi à tuer le match après l’exclusion de Franzoni et sauvegarder la victoire.

Ben Vogel a livré un match plein. Un des hommes de la soirée.
Ben Vogel a livré un match plein. Un des hommes de la soirée.
Photo: Yann Hellers

Qu’a-t-il manqué à Differdange pour concurrencer son adversaire?

Pascal Carzaniga proposait quant à lui une formation en 4-2-3-1. Fleurival et Holter placés devant la défense et Hamzaoui en soutien de Perez. Si dans les premières minutes de jeu, on a senti que les locaux étaient prêts dans l’impact physique, le placement de leur milieu de terrain a vite montré ses limites face à celui de son adversaire.

Les deux milieux défensifs Holter et Fleurival sont systématiquement restés dans leur zone axiale sans jamais en sortir. Cela a eu deux conséquences:

  • Défensivement: étant donné qu’un des frères Thill descendait à la hauteur de Vogel pour chercher le ballon, Hamzaoui n’a pas réussi à empêcher le lancement des attaques des Jaune et Noir. Les Niederkonois arrivaient donc lancés et effaçaient plus aisément des joueurs differdangeois arrêtés comme l’illustre le raid individuel de S. Thill sur le premier but.
  •  Offensivement: les Differdangeois n’attaquaient qu’à quatre. Dès lors il est difficile voire impossible de mettre à mal une défense aussi agressive que celle du Progrès. Cette distance entre les lignes défensives et offensives coupait le bloc differdangeois en deux.

Dans le souci de rapidement corriger cela, le coach Carzaniga passait en 4-1-4-1 à la mi-temps en remplaçant Fleurival et Hamzaoui par Malouda et Ribeiro. Ces derniers passaient milieux offensifs laissant Holter en sentinelle.

Les deux entrants se rapprochaient de leurs attaquants et pouvaient mettre plus de pression. Mais le revers de la médaille venait du fait qu’ils avaient tendance à oublier les efforts défensifs. Les locaux ont donc été logiquement punis en laissant Vogel sans surveillance servir Karapetian pour le second but.

Malheureusement, l’exclusion de Franzoni a tué les espoirs de remontée differdangeoise. La seule chose qui a sauvé ses coéquipiers, c’est la maladresse de ses adversaires. Et quand on voit la fin de match… cela peut laisser quelques regrets.

L'exclusion de Geoffrey Franzoni a plombé la fin de rencontre des Differdangeois.
L'exclusion de Geoffrey Franzoni a plombé la fin de rencontre des Differdangeois.
Photo: Yann Hellers

Pourquoi le Progrès est-il un vrai concurrent pour le F91 dans la course au titre?

Champion à treize reprises depuis 2000, le F91 connait la recette pour gagner des titres. Les observateurs extérieurs ont du mal à trouver un point faible dans l’équipe dudelangeoise. Toutes les lignes de jeu sont performantes: une défense solide, un milieu costaud et une attaque puissante. Finalement une complémentarité essentielle pour dominer une compétition.

On constate aujourd’hui que la stratégie de recrutement du staff du Progrès a porté ses fruits. Malgré de nombreuses recrues, on sent aujourd’hui une vraie relation de confiance entre les joueurs, chacun travaille pour l’autre. Cela s’illustre évidemment dans le jeu offensif de l’équipe mais surtout dans le jeu défensif puisque dimanche soir, on n’a jamais senti de suffisance dans le groupe d’Amodio. Ses joueurs sont restés concentrés mais surtout très agressifs jusqu’au coup de sifflet final. Sans quoi, le score aurait peut-être été différent…

Face à un F91 montrant parfois des signes de suffisance dans certains de leurs temps faibles, ce seront peut-être ces détails qui feront la différence en fin de saison.

Olivier Thill à la manoeuvre, le Progrès a logiquement dominé son voisin differdangeois.
Olivier Thill à la manoeuvre, le Progrès a logiquement dominé son voisin differdangeois.
Photo: Yann Hellers

Les Tops

Les frères Thill (Progrès): les leaders techniques de leur équipe. Au-dessus du lot techniquement, cela leur a permis de faire la différence.

Ben Vogel (Progrès): sentinelle parfaite, de nombreuses interceptions. Il est aussi sorti de sa zone de confort en participant offensivement et a délivré la passe décisive du but victorieux.

Chadli Amri (Differdange): de loin, le plus actif des Differdangeois. Une grosse débauche d’énergie un peu isolée.

Les Flops

David Fleurival (Differdange): il est resté dans une petite zone de jeu axiale. Il n’a pas été capable de faire plus que ce qui lui était demandé et face à un tel adversaire, ce n’était pas suffisant.

Geoffrey Franzoni (Differdange): il commençait enfin à apporter le danger par son jeu offensif. Il a gâché cela par une exclusion évitable et a pénalisé son équipe.

Mike Schneider (Progrès): un peu moins en lumière que ses coéquipiers. Il a souvent été dépassé par la vitesse d’Almeida.


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