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Chris Froome: si fragile, si fort

Rigoberto Uran, Christopher Froome et Romain Bardet roue dans roue. La dernière semaine du Tour s'annonce passionnante mais le coureur de la Sky sera difficile à déloger.
Rigoberto Uran, Christopher Froome et Romain Bardet roue dans roue. La dernière semaine du Tour s'annonce passionnante mais le coureur de la Sky sera difficile à déloger.
Photo: AFP

Après 2013, 2015 et 2016, le leader de la formation Sky est en ballotage favorable pour décrocher une quatrième victoire à Paris.

Par Eddy Renauld

A moins d'une semaine de l'arrivée du peloton sur les Champs-Elysées, le suspense reste de mise. Les quatre premiers du classement général se tiennent en seulement 29 secondes. Un constat bien différent des dernières années. Lors de ses deux dernières victoires sur la Grande Boucle, le Kenyan blanc avait pris un malin plaisir à démontrer sa domination en frappant un grand coup dans la fourmilière dès le premier gros rendez-vous, que ce soit en montage ou lors d'un contre-la-montre.

En 2015, le Britannique avait adressé à ses concurrents un terrible uppercut dans l'ascension de La Pierre-Saint-Martin et il y a douze mois, il avait mis à profit le contre-la-montre en Ardèche pour faire le vide autour de lui.

Cette année, le leader de la Sky semble moins autoritaire. Il a même connu quelques ratés comme à La Planche des Belles Filles, devancé notamment par Fabio Aru, ou sur les dernières rampes de Peyragudes où il a perdu sa tunique jaune.  Dimanche, il a même vacillé lors de la traversée du Massif Central quand Romain Bardet et ses équipiers d'Ag2r sont passés à l'offensive. 

Des raisons d'espérer pour ses concurrents. Et on ne peut leur donner tort à la lecture du classement général à six étapes de l'arrivée à Paris. Mais à y regarder de plus près, "Froomey 2017" apparaît plus costaud que ses devanciers.

Il peut s'appuyer sur une formidable équipe entièrement dévouée à son service. Les Landa, Kwiatkowski et autre Henao feraient pourtant le bonheur de n'importe quelle formation du plateau.

Dimanche dans le final de la 15e étape qui menait au Puy-en-Velay, il a été victime d'ennuis mécaniques à l'approche du pied du col de Peyra Taillade. Si le triple lauréat de la Grande Boucle a reconnu "avoir été un peu paniqué" sur le coup, il est parvenu à rejoindre ses rivaux bien avant le sommet démontrant au passage une totale maîtrise.

Physiquement, le maillot jaune est impressionnant. Contrairement à 2015 et 2016, il a modifié sa préparation dans l'optique du Tour. En retrait sur les routes du Dauphiné, Froome devrait atteindre son pic de forme au cours de la troisième semaine, là où justement il avait connu quelques problèmes par le passé.

Si les Aru, Bardet, Uran venaient à faire de la résistance dans les Alpes, le contre-la-montre de Marseille, disputé samedi sur 22,5 km, lui est favorable. Enfin il y a un élément important non négligeable dont il faut également tenir compte: la bataille pour le podium. Plus les jours passent, plus les postulants au podium vont tout mettre en oeuvre pour conserver leur acquis. De quoi renforcer encore un peu plus son statut de favori n°1  à sa propre succession.