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Clément Couturier (F91): «S'inspirer des Herbiers»
Après avoir rencontré les stars du PSG en finale de la Coupe de France, Clément Couturier va découvrir la Coupe d'Europe avec Dudelange.

Clément Couturier (F91): «S'inspirer des Herbiers»

Photo: Albert Krier
Après avoir rencontré les stars du PSG en finale de la Coupe de France, Clément Couturier va découvrir la Coupe d'Europe avec Dudelange.
Sport 4 min. 05.07.2018

Clément Couturier (F91): «S'inspirer des Herbiers»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Clément Couturier enchaîne les rendez-vous scintillants. Finaliste de la Coupe de France au Stade de France avec Les Herbiers, le milieu de terrain français s'apprête à découvrir la Ligue des champions avec Dudelange. Découverte.

Détecté à 14 ans et formé à l'AJ Auxerre à un poste d'attaquant, passé pendant trois ans par le centre de formation de Dijon qui le fait reculer d'un cran mais qui ne lui offre pas de contrat pro, Clément Couturier a ensuite transité par Montceau-les-Mines (CFA), Belfort (National) et Chambly (National), avant de vivre l'épopée des Herbiers (National), dernier finaliste de la Coupe de France face au Paris-SG (0-2). Le joueur de 24 ans est aujourd'hui à Dudelange et s'apprête à vivre une autre aventure, celle de la Ligue des champions.

Clément, revenons sur votre formation. Que vous a-t-il manqué pour franchir le cap à Dijon?

Lors de ma dernière saison à Dijon, j'ai été replacé au milieu de terrain. Il y avait beaucoup de concurrence au sein d'un club qui évoluait alors en Ligue 1. Il ne m'a pas manqué grand-chose, peut-être quelques notions tactiques. Ils pensaient que j'avais besoin de m'aguerrir dans des divisions un peu inférieures. J'aurais aimé signer pro, mais je n'ai aucun regret. Chacun a son parcours. Je m'en contente pour le moment. Ensuite, après une bonne saison à Belfort, j'ai eu des contacts avec des clubs de Ligue 2, mais ça ne s'est pas fait. A Chambly, nous avons manqué la montée pour un point, et par après je suis parti aux Herbiers avec le parcours en Coupe de France que vous connaissez.

Il est donc impossible de ne pas évoquer votre incroyable parcours en Coupe de France. Quelles sont les images fortes que vous retenez?

C'était magnifique! On s'en rend peut-être seulement compte maintenant. Quand nous étions au début dans la compétition, c'était un peu contenu, les gens ne nous en parlaient pas forcément. Mais quand nous avons atteint la demi-finale (2-0 contre Chambly, son ancien club), puis la finale au Stade de France, c'était quelque chose de magique pour la ville, pour les joueurs, pour nos familles qui nous en parlaient énormément. Jouer et amener sa famille au Stade de France, pour un joueur de National, c'est extraordinaire!

Nous avons surfé sur la vague, mais nous avions aussi un groupe d'une vingtaine de joueurs, avec un état d'esprit irréprochable, qui se tiraient vers le haut. C'était vraiment la victoire de tout un groupe. Nous nous sommes tous démenés pour faire de belles choses.

En termes d'images, je retiendrai la Marseillaise. Chanter l'hymne national devant 80.000 personnes et serrer la main du président, ce sont des choses qui restent à vie. Je garde aussi un excellent souvenir de notre passage dans le vestiaire parisien où les joueurs du PSG nous ont donné des maillots. C'est une fierté de les voir en Coupe du monde alors que deux mois auparavant je jouais contre eux.

Discipline et agressivité

Ce parcours en Coupe de France a été une formidable fenêtre d'exposition, mais ne pensez-vous pas que vous l'avez payé en championnat avec une relégation en Nationale 2 à la clé?

Beaucoup nous le disent... mais je ne le pense pas. Notre première partie de saison a été très compliquée, d'ailleurs notre premier coach s'est fait limoger en janvier. Avec son adjoint, qui a récupéré le poste, cela a été beaucoup mieux, nous avons pris beaucoup de points, mais c'est un championnat difficile, sept points séparent la sixième de la dernière place.

Vous occupez désormais un poste de milieu de terrain. A vocation plutôt offensive?

Effectivement, mais je peux évoluer en milieu défensif ou même dans l'axe. J'ai déjà fait quelques matches au poste de défenseur central. Je préfère jouer à un poste qui n'est pas le mien plutôt que de rester sur le banc. Les coaches que j'ai eus ont aimé ma discipline et mon agressivité. Ils savent qu'ils peuvent compter sur moi sur n'importe quelle position.

Et à Dudelange?

L'entraîneur aime mon côté polyvalent. Il y a beaucoup de concurrence à Dudelange, surtout au milieu de terrain, sachant qu'on joue à deux dans ce secteur de jeu. Le coach m'a dit que j'avais beaucoup de qualités, qu'il comptait sur moi. Je peux aussi dépanner derrière. 

«Aucun regret»

Quelle image vous faisiez-vous du football au Luxembourg?

Honnêtement, je ne connaissais pas trop. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre si ce n'est qu'on m'avait dit que deux ou trois équipes se tirent la bourre pour le titre de champion. J'avais aussi suivi le France - Luxembourg (0-0). Les Luxembourgeois avaient fait un super gros match, avec des joueurs de Dudelange dans le groupe. J'avais envie de découvrir ce championnat, et comme les contacts que j'ai eus ont été convaincants j'ai signé ici.

Comment votre expérience en Coupe de France va-t-elle vous permettre d'aborder la Coupe d'Europe qui s'annonce?

On peut se référer à notre expérience parce qu'un parcours en Coupe de France est un long processus. Nous effectuerons plusieurs matches en Coupe d'Europe (en cas d'élimination en C1, le F91 sera reversé en Europa League), si nous parvenons à avoir une bonne dynamique pourquoi ne pas créer la surprise. Dudelange peut s'inspirer des Herbiers. Face à Videoton, nous serons dans la position d'un outsider. Nous ne les connaissons pas très bien, mais c'est une très bonne équipe. Elle a terminé championne et n'oublions pas qu'elle a éliminé Bordeaux de l'Europa League. L'important sera de jouer notre football pour n'avoir aucun regret.


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