Changer d'édition

Christine Majerus: «Sur un petit circuit, tout peut arriver»
Sport 6 min. 21.06.2012

Christine Majerus: «Sur un petit circuit, tout peut arriver»

Christine Majerus vise une sixième couronne en guise de préparation aux JO.

Christine Majerus: «Sur un petit circuit, tout peut arriver»

Christine Majerus vise une sixième couronne en guise de préparation aux JO.
(Photo: Serge Waldbillig)
Sport 6 min. 21.06.2012

Christine Majerus: «Sur un petit circuit, tout peut arriver»

Sa qualification pour les JO de Londres en poche, Christine Majerus se concentre désormais à 100% sur la préparation des Olympiades. Les Championnats nationaux s'inscrivent dans cette optique.
  • Christine Majerus, ce jeudi soir, se déroule à Tétange le Championnat national de contre-la-montre. Avez-vous préparé spécifiquement cette épreuve?

 «Comme tous les ans, je n'ai pas trop passé de temps sur mon vélo de chrono. Un tout petit peu lors d'un prologue effectué la semaine dernière aux Pays-Bas et puis un peu avant en Coupe de France. Rien de spécifique donc, mais si mes jambes sont de la partie, ça devrait bien se passer sans préparation. Ce n'est même pas une question de préparation, mais il faut avouer que ce type d'épreuve revient si rarement chez les dames que je ne vais pas perdre mon temps à m'entraîner spécifiquement pour un contre-la-montre. Je préfère cibler mes efforts ailleurs.»

  •  Dimanche se déroulera le Championnat national de course en ligne. Dans quel état d'esprit allez-vous aborder cette épreuve?

«A 36 jours des Jeux de Londres, il faut placer cette course dans une optique de préparation pour les JO. Je ne sais pas trop où j'en suis pour le moment, mais je dois vous avouer que j'ai de bonnes sensations. Je peux donc me montrer confiante bien que je n'aie pas encore pris connaissance du circuit tétangeois. Ça ressemblera visiblement à un critérium et je le déplore. C'est dommage de participer à une course sur un circuit de 6 km avec des débutants alors que toute l'année, on a l'occasion de courir sur de beaux circuits.»

  •  Ce dimanche, vous allez peut-être décrocher votre sixième titre national sur route, est-ce pesant pour vous de revenir au pays pour participer aux championnats?

«Ce n'est pas une charge, ça fait partie du jeu, c'est juste une course différente des autres où il faut se donner à fond. Et puis pour moi, c'est important de courir avec le maillot national. C'est un signe distinctif que l'on n'a jamais envie de lâcher. Je ferai le maximum pour le défendre sans pression, car sur un petit circuit, tout peut arriver.

Ma seule crainte? Faire le travail toute seule et que toutes les autres filles me laissent prendre mes responsabilités. Ce sera certainement à moi de tirer mon épingle du jeu, mais j'espère pouvoir compter sur ma coéquipière Anne-Marie Schmitt.»

  •  Parlons à présent des jeux Olympiques. Comment avez-vous vécu l'officialisation de votre sélection par le COSL?

«Au vu de mes derniers résultats, j'ai vraiment mérité d'aller à Londres. Maintenant que ma participation est officielle, je peux me relâcher moralement et me concentrer exclusivement sur les courses de préparation. Si je fais preuve de sérieux lors des entraînements, il n'y a aucune raison pour que cela se passe mal.»

  • Etes-vous déçue d'être la seule coureuse luxembourgeoise à participer aux JO?

«Quelque part, je suis déçue pour Nathalie Lamborelle, mais je dois avant tout me réjouir de ma sélection. Une Luxembourgeoise aux JO dans l'épreuve de cyclisme sur route, c'était très difficile à imaginer il y a trois ans. Tout le monde regrette l'absence de deux ou trois coureuses pour le Luxembourg, mais il faut tout de même se dire que c'est super d'en avoir déjà une. Ma qualification, je l'ai obtenue sans invitation, mais à la sueur de mon front. Je comprends la déception de Nathalie, mais c'est le jeu des sélections.

Il faudra que chacun gagne plus de points de son côté pour la prochaine Olympiade. Cette année, je ne pouvais pas en faire plus. Si je cours à gauche et à droite pour que les autres gagnent des points, je ne parviendrai plus à rester compétitive. Tout le monde doit se bouger, d'autant plus que le règlement est connu de tous.»

  •  Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit lorsque vous pensez à cette qualification pour Londres?

«C'est exceptionnel! Ça n'arrive pas à tout le monde. C'est un moment privilégié. C'est la récompense du travail des dernières années et j'ai envie d'en profiter un maximum sans me mettre trop de pression. L'objectif? C'est de savourer et de profiter un maximum de l'ambiance de l'événement. Profiter de l'engouement pour réaliser une bonne performance. Je me vois encore il y a quatre ans, regarder les Jeux à la télévision. Je ne pensais même avoir la chance d'y participer un jour.

Le déclic s'est produit il y a deux ans et demi quand j'ai commencé à réaliser des performances au niveau international. Et puis, je serai tout de même la première Luxembourgeoise à prendre part à une compétition de cyclisme aux jeux Olympiques. C'est un très grand honneur et j'espère que j'ouvrirai des portes à d'autres participantes de mon pays.»

  •  Au niveau sportif, quelles seront vos ambitions pour cette course olympique?

«Il faut toujours avoir une petite idée derrière la tête. D'autant plus que cette course s'annonce assez étrange. Généralement, nous sommes entre 120 et 140 au départ d'une course. Ici, on sera seulement 77 et pas forcément avec des grosses équipes. Il n'y aura maximum que quatre participantes pour les grandes nations. Tactiquement, ce sera différent. Avec un top 20, je serai contente, voire peut-être même plus si affinités.»

  •  Quelles difficultés avez-vous dû surmonter pour vous qualifier et quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui rêvent du même parcours?

«Je n'ai pas vécu les courses de qualification comme une contrainte. A partir du moment où on a envie de réussir, c'est moins compliqué de faire des sacrifices pour y arriver. Le plus dur, c'était d'être au top durant toute la durée des sélections. Attendre l'officialisation de ma qualification n'était pas évident non plus.

Mais si on a le talent suffisant et que l'on travaille en conséquence lors des entraînements, il n'y a aucune raison de ne pas y arriver. Les autres Luxembourgeoises doivent se dire que c'est tout à fait accessible. Quoi qu'il arrive, je ne compte pas en rester là. J'aimerais encore me qualifier pour les jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016.»

Propos recueillis par Frédéric Lambert