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«Ce sont encore les détails qui ont fait la différence»
Sport 7 min. 02.10.2017 Cet article est archivé
Le débrief de Thomas Fullenwarth

«Ce sont encore les détails qui ont fait la différence»

Le débrief de Thomas Fullenwarth

«Ce sont encore les détails qui ont fait la différence»

Sport 7 min. 02.10.2017 Cet article est archivé
Le débrief de Thomas Fullenwarth

«Ce sont encore les détails qui ont fait la différence»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Ce samedi, à l'occasion de la septième journée de BGL Ligue, le F91 recevait le Progrès avec la ferme intention de lui reprendre son costume de leader. Mission réussie pour les Dudelangeois qui, au terme d’un match bien rythmé, sont allés chercher une victoire très importante avant la trêve internationale.

Ce samedi, à l'occasion de la septième journée de BGL Ligue, le F91 recevait le Progrès avec la ferme intention de lui reprendre son costume de leader. Mission réussie pour les Dudelangeois qui, au terme d’un match bien rythmé, sont allés chercher une victoire très importante avant la trêve internationale.

Par Thomas Fullenwarth

Comment le F91 a-t-il construit sa victoire?

Dino Toppmöller a aligné une formation en 4-2-3-1, avec un milieu central composé de Garos et Pokar. Devant, Er Rafik était accompagné sur les côtés par Sinani et Turpel.  Stolz était l’électron libre, le meneur de jeu.

Restant sur ses classiques, Dudelange a attaqué de deux manières:

Le défenseur latéral trouvait devant lui son ailier qui rentrait systématiquement à l’intérieur du jeu avec le ballon. Généralement, ce dernier trouvait le défenseur latéral à l’opposé et cela se terminait par un centre.

Prempeh portant le ballon, Garos ou Pokar face au jeu, trouvaient Stolz entre les lignes qui, ensuite recherchait la passe derrière la défense pour Er Rafik ou Turpel.

Stolz a eu un rôle hyper important car il a déboussolé le milieu adverse. Il se promenait partout sur le terrain et était souvent libre entre les lignes. Il est très compliqué de défendre face au F91 car il faut gérer les montées des défenseurs latéraux, mais aussi les déplacements des ailiers vers l’intérieur sans oublier les appels d’Er Rafik.

L’ouverture du score est l’exemple type du jeu dudelangeois: simple et efficace. Changement d’aile pour Malget dont l’espace a été libéré par Sinani, centre et but d'Er Rafik.

Seul un joueur a été en dessous du niveau de son équipe, Mario Pokar. Sa performance a poussé Toppmöller à le remplacer par Laurienté. Mélisse est monté d’un cran et a poussé Turpel à passer en second attaquant. Stolz est redescendu d’un cran au côté de Garos. La faible performance de Pokar a finalement été un mal pour un bien. Pourquoi?

Parce que Turpel a ainsi pu passer en second attaquant et Er Rafik a pu faire ce pour quoi il est très doué: faire des appels pour faire marquer les autres, à l'image du deuxième but du F91, signé Turpel.

Stolz a pu redescendre chercher le ballon plus bas et être moins collé à la défense adverse. Il était encore plus libre et efficace en détonateur des attaques, comme pour le troisième but des locaux.

Finalement, on a encore pu se rendre compte que le F91 possède deux attaquants très complémentaires et dont l’association est pratiquement inarrêtable. Il ne reste plus au staff qu’à s’en convaincre pour de bon…

Du côté défensif, on a logiquement vu des joueurs plus concernés que d’habitude face à des adversaires de haut niveau. Tantôt solides, tantôt secoués, ceux-ci sont restés concentrés et jamais suffisants. Ils ont également été aidés par un milieu central très agressif, notamment Garos qui a été «monstrueux» à la récupération.

La sortie de Mario Pokar a permis à Dave Turpel de jouer en deuxième attaquant et de trouver le chemin des filets.
La sortie de Mario Pokar a permis à Dave Turpel de jouer en deuxième attaquant et de trouver le chemin des filets.
Foto: Yann Hellers

Qu’a-t-il manqué au Progrès pour faire mieux?

Paolo Amodio alignait quant à lui une équipe un peu plus défensive en replaçant  Mutsch à côté de Ben Vogel dans le milieu central. Les frères Thill placés dans les couloirs, c’est Françoise qui était en soutien de Karapetian.

On a d’entrée de jeu pu constater que le Progrès était là pour jouer et ne renierait pas son plan de jeu habituel.

Si les frères Thill faisant peu d’appels sur les côtés du fait de leur manque de vitesse, ce sont les deux attaquants visiteurs qui se chargeaient de les faire. Ces derniers appelant chacun d’un côté, cela créait un gros écart de distance entre Schnell et Prempeh. Ainsi, cela permettait à un milieu de s’engouffrer dans cet espace libre pour recevoir un éventuel centre. C’est de cette manière que le penalty a été obtenu.

On pensait que, comme face à Differdange, Amodio allait demander à Françoise de bloquer la connexion de passe entre la défense dudelangeoise et le milieu central, mais il n’en a rien été jusqu’à l’égalisation. Jusqu’à ce moment, les visiteurs ont été en grande difficulté défensive. Après ce choix, ils ont connu leur temps fort en bloquant les attaques adverses et amenant le danger par des contres.

C’est d’ailleurs comme cela qu’ils ont inscrit leur second but. Après une récupération de Matias, le ballon a parcouru 70 mètres en quelques secondes et il n’a fallu que trois passes pour terminer l’action.

Malheureusement, et comme souvent face au F91, le Progrès a été puni trois fois par un manque d’agressivité défensive. Un duel aérien perdu sur le premier but, deux duels perdus par la charnière centrale sur le deuxième, une mauvaise gestion de la profondeur sur le troisième.

Des manquements inhabituels pour une charnière Ferino-Karayer impeccable depuis le début de la saison. Mais face aux meilleurs attaquants du pays, et comme souvent dans un match de haut niveau, ce sont ces détails qui ont fait la différence.

Cependant, on a rarement vu une équipe secouer les Dudelangeois par une telle vitesse dans le jeu. Pour preuve, le nombre de fautes et de cartons du côté des Jaunes.

Cela montre bien que le Progrès est un concurrent très sérieux pour le titre et que le F91 ne devra rien lâcher jusqu’à la dernière seconde de la dernière journée s’il veut conserver son titre.

Adrien Ferino et la défense du Progrès ont souffert face au champion en titre.
Adrien Ferino et la défense du Progrès ont souffert face au champion en titre.
Foto: Yann Hellers

Pourquoi M. Krueger a-t-il influencé le match?

Dans un match entre deux équipes qui sont plus réputées pour leur qualité de jeu que pour leur agressivité, on s’attendait à un match agréable et à beaucoup d’intensité. Si les spectateurs en ont eu pour leur argent, sur le terrain, on a pu sentir une tension rapidement s’installer suite à une série de fautes plus dues à la vitesse des porteurs de balle que par l’agressivité des défenseurs.

A chacune de ces fautes sifflées à juste titre d’ailleurs, M. Krueger a décidé d’intervenir en faisant de grands gestes, en élevant la voix, face à tous les joueurs ayant un mot à dire. Si un arbitre a le droit au respect, il ne doit pas aller le chercher à grands coups de sifflet et de rappels à l’ordre. Surtout lorsque sur le terrain, il y a 22 joueurs ayant plus un profil professionnel qu’amateur.

Si ces derniers étaient forcément tendus par l’enjeu, un peu de psychologie aurait été la bienvenue car cette tension grandissante a pollué la volonté de jeu des deux équipes.

Les interventions du directeur de jeu ont, à chaque fois, duré 30 à 40 secondes. Cela a vraiment pénalisé le rythme du match qui aurait pu être encore plus passionnant.

Mickael Garos, ici à la lutte avec Olivier Thill, a réalisé un match plein face à son ancienne équipe.
Mickael Garos, ici à la lutte avec Olivier Thill, a réalisé un match plein face à son ancienne équipe.
Foto: Yann Hellers

Les Tops 

Mickaël Garos (F91): juste impeccable  dans la récupération de balle. Chaque récupération a en plus été convertie en passe vers l’avant.

Dominik Stolz (F91): il s’est toujours rendu disponible, très actif. Il a été facile techniquement et très juste dans ses choix.

Dave Turpel (F91): deux buts et une passe décisive. Un match parfait offensivement. Sa vitesse et sa mobilité ont fait très mal aux défenseurs adverses.

Les Flops 

Mario Pokar (F91): un match raté. Pratiquement que des passes à cinq mètres, un manque d’agressivité. Sa sortie à la mi-temps aura au moins permis le repositionnement de Turpel et donc la victoire de son équipe.

La défense du Progrès: si, comme prévu, les défenseurs latéraux ont été en difficulté, la charnière centrale a été inhabituellement tendre sur les buts encaissés.

M. Krueger: l'arbitre a eu une influence négative sur le match en se mettant autant en lumière. Pénalisant l’esprit du jeu, il n’a pas été au niveau des deux équipes.


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