Bob Jungels s'impose à Kuurne avec panache
Bob Jungels s'impose à Kuurne avec panache
Bob Jungels a remporté ce dimanche Kuurne-Bruxelles-Kuurne disputé sur 201,1 km où Alex Kirsch, dans un premier temps, a joué les éclaireurs. Le champion national a placé son attaque décisive à 16 km du but.
Après une étape du Tour de Colombie, Bob Jungels s'est offert une deuxième victoire cette année, sa 19e depuis qu'il évolue chez les professionnels. Au terme d'un joli solo, le Luxembourgeois qui faisait partie d'un groupe de cinq attaquants et s'est échappé seul à 16 bornes de la ligne, a résisté au retour du peloton et s'est imposé devant le Gallois Owain Doull et le Néerlandais Niki Tersptra.
Après la victoire du Tchèque Zdenek Stybar samedi au Circuit Het Nieuwsblad, il s'agit d'un deuxième succès d'affilée dans une course flandrienne pour la formation Deceuninck. L'équipe du manager Patrick Lefevere affiche déjà 13 succès en 2019.
Le vent et la pluie ont rendu difficile la première partie de l'épreuve et c'est seulement après la cinquième difficulté du jour (Kanarieberg) qu'un groupe de sept hommes dont Alex Kirsch s'est échappé après 89 km de course.
Le passage du Vieux Kwaremont (Km 116) a sonné les derniers espoirs des fuyards. Sous l'impulsion des coureurs de la formation Deceuninck, on a assisté à un regroupement en tête de course avec une trentaine de coureurs. C'était sans compter sur la détermination de Bob Jungels.
A environ 70 km de la ligne, le champion national a lancé les hostilités sur les pavés du Varent accompagné d'Oliver Naesen, de Sebastian Langeveld, de Davide Ballerini et de Magnus Cort Nielsen. Leur avance maximale a tourné autour de la minute mais à l'approche de la ligne, sous le travail des Bora qui ont pu compter sur un Jempy Drucker particulièrement volontaire, Jumbo et Mitchelton, le peloton composé de quelques sprinters a réduit son retard à 25".
Impressionnant depuis le début de la journée, Jungels a faussé compagnie à ses compagnons d'échappée et a tenté un solo incroyable. Seul en tête, le récent vainqueur de Liège-Bastogne-Liège s'est lancé dans un effort solitaire de 16 km, il a même porté son avance à 49".
«Il fallait que je tente quelque chose»
«Je sentais que j'étais le plus fort dans le groupe même si Langeveld m'a laissé une belle impression. A la fin j'avais des jambes extraordinaires. Quand on a entendu que le peloton revenait, il fallait que je tente quelque chose pour rester devant car cela allait revenir par l'arrière.» Le duel à distance que ce sont livrés Jungels et Drucker était intense. Le Luxembourgeois de l'équipe Bora n'a pas trouvé l'aide nécessaire pour ramener le peloton vers la tête de course. «Avec le vent de face à certains moments, j'ai cru que c'était mission impossible mais le vent c'est pour tout le monde, pour ceux qui sont devant, pour ceux qui sont derrière.» Le champion national a tenu bon et a conservé 12" d'avance sur la ligne après 4h42'54".
«Je n'espérais pas trop avant le départ ce matin. Le tracé du Het Nieuwsblad me convenait mieux c'est finalement la course qui a décidé. J'avais d'excellentes sensations, je suis particulièrement heureux. Gagner des courses comme ça est la façon la plus difficile à faire mais c'est aussi vraiment agréable à regarder. C'est une victoire à laquelle je ne m’attendais pas du tout, puisque le plan original au début de la campagne de classiques était d’acquérir de l’expérience sur les pavés et de s’adapter au style, qui est tellement différent et plus nerveux que dans les Ardennaises.»
Et le Luxembourgeois de conclure: «Signer une victoire pour mon premier week-end sur les Flandriennes est exceptionnel. Avec les responsables de l'équipe, j'ai choisi de me concentrer sur les classiques pavées cette saison, et ensuite sur le Giro. Je pense que le patron (Lefevere) doit être content. C'est la preuve que la forme est là.»
Jungels devient ainsi le premier Luxembourgeois à inscrire son nom au palmarès de Kuurne-Bruxelles-Kuurne.
«Jamais un plaisir de rouler derrière un ami»
Du côté de la Bora, Drucker se montrait beau perdant. «Cela ne fait jamais plaisir de rouler derrière un ami mais c'est la course, chacun défend les intérêts de son équipe. Il s'en est fallu de peu pour qu'on revienne mais il a manqué des hommes. A un certain moment, je me suis retrouvé avec quatre Deceuninck dans mon dos.»
Si l'ancien champion national du contre-la-montre a été un des hommes les plus en vue dans le final, il a pourtant connu une entame de course difficile. «Les sensations n'étaient pas très bonnes au début. Dans les monts, j'étais souvent dans la seconde moitié du peloton, j'étais d'ailleurs trop loin quand cela a attaqué le Vieux Kwaremont. Je suis tout de même parvenu à revenir sur le devant de la course. On avait intérêt à rester groupé pour tenter de revenir sur Bob et les autres. On a joué la carte de Pascal Ackermann mais on n'a pas eu le soutien nécessaire dans les derniers kilomètres», conclut l'ancien coureur de la BMC qui s'est finalement classé 34e à 1'01" alors que Kirsch a fini 59e à 2'31".
Jempy Drucker et Bob Jungels se retrouveront dans une semaine du côté des Yvelines pour la 1re étape de Paris-Nice qui se déroulera autour de Saint-Germain-en-Laye sur une boucle de 138,5 km.

