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BGL Ligue: Sébastien Flauss: «Si tu ne l'arrêtes pas, tu rentres à pied!»
Sébastien Flauss, le dernier rempart du Progrès, va à nouveau se dresser sur la route  du Fola.

BGL Ligue: Sébastien Flauss: «Si tu ne l'arrêtes pas, tu rentres à pied!»

Photo: Yann Hellers
Sébastien Flauss, le dernier rempart du Progrès, va à nouveau se dresser sur la route du Fola.
Sport 6 min. 24.02.2017

BGL Ligue: Sébastien Flauss: «Si tu ne l'arrêtes pas, tu rentres à pied!»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Homme de base du Progrès, Sébastien Flauss a redémarré la saison sur des bases élevées. Auteur d'un arrêt déterminant sur le penalty de Diallo à Rumelange le week-end dernier, le gardien français formé en Allemagne se dresse à nouveau sur la route du Fola ce samedi. Il nous offre aussi ses pronostics pour la 16e journée de BGL Ligue.

Homme de base du Progrès, Sébastien Flauss a redémarré la saison sur des bases élevées. Auteur d'un arrêt déterminant sur le penalty de Diallo à Rumelange le week-end dernier, le gardien français formé en Allemagne se dresse à nouveau sur la route du Fola ce samedi. Il nous offre aussi ses pronostics pour la 16e journée de BGL Ligue.

Propos recueillis par Didier Hiégel

  • Sébastien, de Sarrebruck à Neukirchen, vous avez fait toute votre formation en Allemagne. Pourquoi avoir choisi de passer la frontière?

J'ai joué à Forbach jusqu'à l'âge de quinze ans quand Didier Philippe est venu me chercher pour un essai à Sarrebruck, où il a été entraîneur de l'équipe de la réserve et ensuite de l'équipe première. J'y suis resté trois ans. Lorsqu'on a seize ans et qu'on est en formation, c'est une période importante. C'est de là que me vient cette mentalité «allemande», avec de la rigueur et beaucoup d'engagement physique. Je n'ai ensuite plus quitté l'Allemagne, je  m'y plaisais bien et j'y ai eu pas mal d'opportunités. Ce contact avec Didier Philippe a changé le cours de ma carrière. 

  • Quel a été le déclic qui  vous a poussé à jouer dans les buts? Une vocation? Ou vous n'étiez pas assez bon pour évoluer dans le champ?

J'ai commencé le foot très très jeune, à quatre ans et demi. Sur le terrain, je n'arrêtais pas de tacler à tout bout de champ, j'étais un peu «fralé», et le coach m'a dit: «Mets les gants, va te calmer autrement tu vas prendre un rouge toutes les dix minutes». Je suis allé dans les buts et je ne les ai plus quittés. Je pense même qu'il avait peur que je blesse un joueur. En fait, je crois quand même qu'il faut être prédestiné. Nous sommes quand même les seuls cons sur un terrain qui se jettent tout le temps par terre et qui se prennent des ballons dans la gueule...

  • Pour vous, les qualités d'un bon gardien sont...

Le football a bien changé. Un gardien moderne, en résumé, est un bon joueur de champ, habile avec ses pieds... et qui a le droit  d'utiliser les mains. Bien lire le jeu et ne pas se contenter de juste repousser les ballons est impératif.

  • En passant du championnat allemand à la BGL Ligue avez-vous adapté votre jeu?

Non je n'ai pas changé de style de jeu. J'ai toujours eu l'habitude de jouer assez haut, j'essaye de participer au maximum au jeu, surtout pour rassurer mes défenseurs, pour qu'ils sachent que je suis derrière eux. Ce qui m'avait étonné lorsque je suis venu voir quelques matches ici avant de signer, c'est le manque de présence de certains que je n'entendais pas parler de toute la rencontre. Moi, je parle beaucoup, je joue très haut et j'essaye de donner des solutions, j'ai toujours évolué de la sorte.

«Le club grandit tous les jours»

  • Une question d'ordre plus général, depuis votre arrivée en juillet 2015 quels sont les changements que vous avez  pu observer à Niederkorn?

Le club grandit tous les jours. A Niederkorn, il y a un beau projet, c'est bien pour cela que j'y ai signé. Quand je suis arrivé, j'ai dit que le Progrès m'avait vendu du rêve. Pour un club amateur, jouer une Coupe d'Europe c'est quand même le top. Le club se professionnalise de jour en jour, ne se repose pas sur ses acquis, il innove, c'est vraiment intéressant. J'en veux pour preuve la publicité réalisée autour des matches, le bus VIP.

Cela se joue sur des détails qui font que les gens vont revenir au stade: les enfants qui entrent sur le terrain avec nous, les tombolas. On sent que nous sommes bien entourés, qu'il y a beaucoup de travail. Nous avons un bon outil de travail, de bonnes conditions d'entraînement, nos affaires sont lavées. Tout ceci n'est pas négligeable pour un club amateur.

  • Le Progrès est-il un club à part dans le paysage luxembourgeois?

Chaque club a ses spécificités qu'il m'est difficile de juger pour ne pas les connaître suffisamment, mais nous sommes un club... en progrès!

  • On dit de vous que vous êtes un des hommes forts en ce début d'année. Avez-vous  changé ou modifié votre préparation hivernale?

Non, j'ai toujours cette même mentalité et je me dis chaque jour qu'il n'y a que le travail qui paye. Personnellement, je trouve que contre Differdange (1-2) je ne fais pas le match de l'année. Quant au penalty à Rumelange (face à Diallo), je suis content de l'avoir sorti. J'ai fait mon job. Mon père était derrière mon but et m'a dit: «Si tu ne l'arrêtes pas, tu rentres à pied!» Et comme je n'avais pas envie de faire les 120 km à pied... Felipe (Machado) m'avait aussi dit que celui qui les frappait tirait sur la gauche.

«Ça se joue sur des détails»

  • Niederkorn va devoir se contenter de jouer les arbitres en BGL Ligue avec une quatrième place à conserver. Est-ce déjà une déception?

Notre objectif, c'est l'Europe. Si la quatrième place nous le permet, on sera dans les clous. Si nous ne le sommes pas, ce sera une grosse déception. Nous avons pourtant les qualités pour accrocher le top 3 mais nous avons loupé le coche à plusieurs reprises.

  • Le match aller au stade Emile Mayrisch avait pourtant  laissé augurer de belles choses (1-1). Etes-vous de nouveau capable de contrarier le Fola samedi?

Oui, nous sommes capables de faire trébucher les trois premiers si nous parvenons à faire vraiment notre jeu. A part le match aller du derby (0-2, 2e journée), au cours duquel nous sommes complètement passés à travers, nous n'avons pas à nous cacher. Les «big matches» se jouent sur des détails comme ce match au Fola, nous menons 1-0, j'arrête un penalty (Hadji) mais Rodrigues égalise juste après. Tant que nous ne parviendrons pas à gérer les détails, la différence existera toujours entre les gros et nous.

Ce match de samedi se jouera encore sur des détails, à nous d'y faire attention, de s'arracher et de jouer disciplinés tactiquement et techniquement pour s'imposer.

Les pronos de Sébastien Flauss pour la 16e journée

Samedi 25 février à 15h

Progrès - Fola 2-0

Samedi 25 février à 16h

Strassen - Rumelange 1-0

Rosport - Käerjéng 2-2

Samedi 25 février à 18h

Mondorf - Dudelange 0-3

Canach - Racing 1-3

Samedi 25 février à 18h30

Titus Pétange - RM Hamm Benfica 1-1

Dimanche 26 février à 16h

Jeunesse - Differdange 1-2


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